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OBJECTIONS A L'INJECTION INTRÂ-VEINEUSE D'URINE

inlroduire dans le système vasculaire de l'urine en nature, et avant tout il faut répondre à certaines objections qu'on ne peut manquer d'élever contre la légitimité de cette méthode.

D'abord peut-on, sans déterminer d'accidents, introduire dans le sang une quantité considérable d'eau, telle que celle qui sert de véhicule aux matières solides de l'urine? — Nous avons dit dans la précédente leçon qu'on peut injecter sans danger dans le sang jusqu'à 90'='= d'eau par kilogr. d'animal.

Peut-on injecter l'urine telle quelle avec sa réaction acide? Ne risque-t-on pas d'attribuer à l'action de l'urine des effets que suffirait à déterminer l'introduction d'un corps normalement acide dans un milieu alcalin? — Théoriquement il n'y a pas à dédaigner cette cause possible d'erreur, bien qu'il y ait lieu de se demander si cela intéresse la théorie de l'intoxication par rétention dans le sang de l'urine non sécrétée, et si l'acidité de l'urine sécrétée ne serait pas due à l'action même de la sécrétion rénale; on voit des sels neutres qui sont devenus acides après avoir subi la dialyse, c'est là une acidité d'emprunt. En tout cas, il ne serait peut-être pas légitime de comparer les effets de la rétention d'urine neutre à l'injection d'urine acide.

En fait, j'ai reconnu que cette question de la réaction est chose indifférente. D'abord l'urine est acide à un faible degré; elle contient peu d'acides libres ; l'acidité est due surtout aux sels acides. J'ai injecté comparati veulent, sans obtenir de différences dans les résultats , des urines acides et les mêmes urines neutralisées exactement par le carbonate de soude. Cependant, par excès de prudence, j'ai, dans toutes mes expériences, neutralisé exactement les urines avant de les injecter dans le sang; c'est là une précaution qui ne peut diminuer la toxicité des urines et qui met à l'abri de l'objection énoncée plus haut.

Cela dit, on ne peut injecter de l'urine normale dans le sang d'un animal sans déterminer des phénomènes physiologiques et la mort avec des doses généralement moindres et souvent de beaucoup inférieures à celles où l'eau distillée est toxique.

EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE L'INJECTION D'URINE 3o

Les phénoQiènes que je vais décrire ont été observés exclusivement chez le lapin. Le lapin mérite d'être choisi quand il s'agit de pratiquer l'injection intra-veineuse. La veine marginale postérieure de la face dorsale du pavillon de l'oreille se laisse facilement pénétrer, sans dénudation préalable, par la canule de Pravaz. On peut même chez le lapin pénétrer directement dans l'artère médiane de l'oreille. Le choix de cet animal diminue singulièrement les difficultés et surtout les lenteurs des injections intra-veineuses. Le cochon, qui offre le même avantage, ne se prête guère aux expériences du laboratoire ; car il y a des nécessités budgétaires devant lesquelles il faut s'incliner.

Le premier phénomène qui suit l'injection intra-veineuse d'urine normale est la contraction pupillaire : après l'injection de 10, 12, 15 centimètres cubes d'urine apparaît un myosis qui s'accentue de plus en plus jusqu'à ce que l'ouverture pupillaire soit devenue punctiforme.

Peu après le début de l'injection, on note l'accélération des mouvements respiratoires avec diminution de leur amplitude. Puis l'animal s'affaiblit, ses mouvements deviennent indécis et pénibles; la somnolence arrive.

On remarque aussi l'augmentation de la sécrétion urinaire et la fréquence des émissions d'urine. L'urine augmente plus qu'aucun autre corps la sécrétion urinaire; la diurèse provoquée par l'injection d'eau distillée n'est pas comparable à celle que produit l'injection d'urine normale.

En même temps la température baisse. Cet abaissement est constant, il est vrai, après toute injection intra-veineuse de liquide, mais il est beaucoup plus considérable après l'injection d'urine. La quantité de calories perdue par l'animal est supérieure à celle qui est nécessaire pour élever à la température du sang la quantité du liquide injecté. C'est un abaissement thermique qui tient à une diminution de la calorification; la température du lapin tombe de 39° à 37°, à 32" ; l'hypothermie à elle seule pourrait, dans quelques cas, expliquer la mort.

On constate encore la diminution des réflexes palpébraux et

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