HISTORIQUE
voies différentes , qu'on s'approche de la solution du problème.
La question prise dans son ensemble date de 1868. Muron, ayant fait des injections sous-cutanées d'urine, en affirme la non-toxicité. Mais la voie qu'il avait adoptée doit nous mettre en défiance, nous avons vu pourquoi.
MM. Feltz et Ritter, en 1881, ont fait des injections intraveineuses d'urine en nature et ont conclu à la toxicité de l'urine.
Bocci, à la fin de 1882, a repris les expériences et conclu aussi que l'urine est toxique envisagée en totalité. Il a injecté de l'urine en nature à des grenouilles par la voie sous-cutanée et les a tuées; mais chez des mammifères, rat, cochon d'Inde, il n'a pas produit ces phénomènes toxiques qu'il avait vus chez la grenouille.
En avril 1883 , Schiffer a employé des extraits éthérés d'urine ; il a tué des grenouilles avec l'extrait de 16 à 25 grammes d'urine, et des lapins avec une quantité d'extrait qui représente un litre et demi d'urine. Mais, s'il a démontré la toxicité d'un produit contenu dans l'urine, il n'a pas élucidé le problème de la toxicité de l'urine en nature pour l'homme; car, d'après ces expériences, il faudrait, toute proportion conservée, que l'homme gardât dans son corps une quantité d'urine égale à son propre poids pour en être intoxiqué. L'expérience de Schiffer prouve seulement que l'urme contient quelque chose qui, à dose colossale, peut devenir toxique.
Des essais fort intéressants au point de vue des phénomènes physiologiques ont été faits, en 1883 et 188/i, par M. Dupard sous l'inspiration de M. Lépine, puis par MM. Lépine et Guérin; mais, comme ces expérimentateurs ne se sont servis que d'urines pathologiques, les résultats observés ne démontrent pas la toxicité des urines normales.
Il fallait revenir à la méthode imaginée par Feltz et Ritter, l'injection d'urine normale et en nature; c'est ce que j'ai fait, comme ces auteurs, en 1883 et 188/i, parla voie intra-veineuse.
Il semble au premier abord invraisemblable qu'on puisse
Bouchard. Auto-intoxications. 3