‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladiesChapitre 40 sur 227 · INJECTIONS DE SÉRUM ARTIFICIEL · texte numérisé non relu

INJECTIONS DE SÉRUM ARTIFICIEL

une solution de sel marin à 7 pour 1000, un sérum artificiel. Or, avec un tel liquide, la mort n'arrive, chez le lapin, que quand on a injecté, par kilogramme, 396 centimètres cubes de la solution, quand on a sextuplé la masse du sang. C'est bien alors de pléthore qu'il s'agit; la mort est bien le résultat d'un effet mécanique; car, pendant la vie, les veines se montrent extrêmement distendues, l'injection devient difficile, laborieuse, le piston de la pompe est constamment repoussé par l'excès de la tension intra-veineuse. Tout le liquide injecté est resté dans l'appareil circulatoire, car la sécrétion urinaire n'a pas augmenté ; on ne trouve de liquide, ni dans l'estomac, ni dans l'intestin, ni dans les cavités séreuses, et il n'y a d'œdème nulle part; mais on constate un piqueté d'apoplexie pulmonaire. Il n'y a pas eu d'action physique, car les globules sanguins ne sont ni déformés, ni décolorés. Il n'y a pas eu d'action chimique ou toxique, car on n'a injecté que 1^\111 de chlorure de sodium, et pour tuer un kilogramme de lapin il faut 5^'',31 de ce sel. Si pour tuer par pléthore il faut sextupler la masse du sang, je ne l'ai pas même triplée dans mes injections de sérum ou de sang. J'ajoute que, dans ces expériences, la mort ne peut pas être expliquée par une action physique comme quand il s'agit d'une injection d'eau distillée; j'ai introduit dans les veines un liquide qui est le milieu naturel des globules, dans lequel ils ne peuvent ni se tuméfier ni se rétracter. J'arrive donc encore à ma première conclusion : la mort ne semble pouvoir s'expliquer que par l'intoxication. Mais je maintiens malgré tout une réserve : car ce n'est pas l'empoisonnement qui a pu provoquer l'apoplexie .pulmonaire. Quelque chose a du s'ajouter à l'intoxication.

Pour éviter ce quelque chose, il faudrait pouvoir injecter le poison du sérum dans un état plus grand de concentration, le débarrasser de l'eau, le débarrasser aussi des albuminoïdes qui, je suppose, ne doivent pas être les matières toxiques, au moins quand on injecte le sang d'une espèce à un animal de même espèce. C'est ce que j'ai fait; j'ai coagulé l'albumine et concentré par congélation le liquide de lavage du coagulum.

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