‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladiesChapitre 52 sur 227 · TOXICITÉ DES MATIÈRES PUTRIDES · texte numérisé non relu

TOXICITÉ DES MATIÈRES PUTRIDES

ques. La maladie peut être expliquée par la multiplication dans le sang des micro-organismes agissant suivant l'un des cinq procédés qui leur sont propres. A cette objection répond l'expérience de Panum, qui n'injecte la matière putride qu'après l'avoir portée à 100° et qui pourtant observe les mêmes accidents que Gaspard.

Hiller introduit dans le sang la matière putride fdtrée, ne contenant plus aucun corpuscule figuré visible au microscope; il observe les mêmes phénomènes.

Je vous ai rappelé en outre l'argument théorique de Koch : s'il s'agissait d'accidents infectieux, une période d'incubation serait nécessaire pour que les organismes pathogènes eussent le temps de se multiplier dans le torrent circulatoire. Les microbes les plus rapides dans leur évolution exigent vingt minutes pour que l'un d'entre eux donne naissance à deux autres. En outre, un seul microbe devant suffire théoriquement pour engendrer la maladie infectieuse, une quantité minuscule devrait suffire à produire les accidents les plus intenses. Or on sait que les effets physiologiques sont, dans ces cas, proportionnels à la masse de matière toxique introduite dans l'organisme.

La toxicité des produits de la putréfaction pris en bloc étant une fois établie, on devait chercher à isoler chacun d'eux.

Panum, en 1856, tente un premier essai d'isolement. Il fait évaporer à siccité des matières putrides, épuise par Talcool le résidu sec, chasse par l'ébullition l'alcool de la solution alcoolique et a ainsi deux extraits, l'extrait alcoolique et le résidu insoluble dans l'alcool qui sera l'extrait aqueux.

En redissolvant dans l'eau les deux extraits, il étudie comparativement les effets que chacun d'eux peut produire sur l'organisme vivant. Il constate alors que l'extrait alcoolique est très peu toxique, il représente le 1/5' de la toxicité totale. Les matières insolubles dans l'alcool représentent, par contre, les 4/5® de cette toxicité.

Dix ans plus tard, Hemmer reconnaît que le poison putride est insoluble dans l'alcool.

En 1868, Bergmann et Schmiedeberg ont recherché les carac-

Page 1