‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladiesChapitre 53 sur 227 · RECHERCHES SUR LES ALCALOÏDES DE LA PUTRÉFACTION · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR LES ALCALOÏDES DE LA PUTRÉFACTION

tères chimiques des substances qui rendent toxiques les matières putrides. Ils ont obtenu un corps cristallisé comparable chimiquement aux alcaloïdes végétaux, se combinant avec les acides pour former des sels cristallisables, et produisant les mêmes effets physiologiques que l'injection de matière putride. Ils ont donc cru être en droit d'attribuer à ce corps un rôle dans la production des accidents toxiques. Cette sepsine, comme ils l'appelèrent, a été incriminée depuis lors par les chirurgiens comme la cause de certaines complications des plaies (pyohémie, etc.).

Mais déjà les expérimentateurs dont je parle avaient reconnu à côté de cette sepsine d'autres corps ayant une toxicité différente.

En 1869, Zûlzer et Sonnenstein ont signalé dans les produits de la putréfaction la présence d'alcaloïdes, ayant des réactions chimiques comparables à celles de l'atropine, ayant la propriété de dilater la pupille et d'accélérer le cœur, alcaloïdes qui existent aussi (je l'ai montré en 1882) dans les extraits d'urines de malades atteints de fièvre typhoïde.

En 1871, Selmi reprit largement la question des très nombreux alcaloïdes de la putréfaction, ainsi qu'A. Gautier en 1872. Brouardel etBoutmy, en 1880, se consacrent à l'étude des alcaloïdes cadavériques.

Il résulte de toutes ces recherches que des alcaloïdes multiples, diversement toxiques, se développent au cours de la putréfaction des matières organisées.

La masse putride prise en bloc a une toxicité très variable. Sa toxicité s'accuse davantage à mesure que la putréfaction s'avance. Puis les premiers produits de transformation de la matière organisée se détruisent; la toxicité, qui a été d'abord en augmentant, s'atténue ensuite, et devient nulle au bout d'un certain temps.

La putréfaction à chaud développe une toxicité plus intense.

A froid, elle est non seulement plus tardive, mais modifiée aussi dans son intensité, ainsi que le prouve l'expérience suivante. ^

Bouchard. Auto-intoxications. 7

Page 1