DOUZIEME LEÇON
(7 mai 1885).
PATHOGÉAIE DE L'URÉMIE (suite) DISCUSSIO^^ DES THÉORIES EXCLUSIVES
La période iirémique des néphrites est caractérisée par l'apparition d'accidents nerveux chroniques ou paroxystiques (céphalée, dyspnée du type Cheyne-Stokes, convulsions, coma), associés ou non à des troubles de la calorification et aux autres symptômes de la période préurémique, comme les œdèmes.
La clinique a consacré plusieurs modes de groupement des symptômes de la phase urémique en cherchant à les rapporter à certaines formes anatomopathologiques.
Chaque inventeur de théorie pathogénique a demandé à la clinique de justifier son opinion.
Traube incrimine, comme cause des accidents urémiques, l'œdème cérébral qui résulterait de la pléthore hydrémique. — Son opinion manque de preuves anatomo-pathologiques et s'appuie d'ailleurs sur des raisons physiologiques inadmissibles.
Wilson invoquait l'excès d'urée dans le sang. — L'urée ne peut expliquer les accidents, aux doses oii elle existe dans le sang des urémiques. — Injection d'urée dans l'estomac, daus le tissu cellulaire, dans les veines après néphrectomie.
J'ai montré que beaucoup d'accidents réputés urémiques arrivent dans une période des néphrites où la rétention des produits toxiques est inadmissible. Tant que les urines sont en quantité sufiisanle et ont une densité assez élevée, il n'y a pas d'intoxication. La question de l'urémie ne peut être discutée que pour les accidents survenant au delà de la période où l'imperméabilité du rein est devenue excessive, telle qu'il n'élimine plus en vingt-quatre heures les produits toxiques introduits dans l'organisme ou fabriqués par lui dans ce laps de temps. Alors on peut voir survenir une série d'accidents nerveux chroniques