VARIÉTÉ DÉS FORMÉS CLINIQUES DE L'URÉMIE
OU paroxystiques caractérisés par la céphalée, la dyspnée du type Cheyne-Stokes, les vomissements, la diarrhée, les convulsions, le coma, en même temps que persistent un certain nombre des accidents de la phase préparatoire. On trouve encore les œdèmes, qui augmentent ou diminuent, des modifications de la calorification , quelquefois l'hypothermie, qui peut manquer et faire place même à l'hyperthermie.
Les troubles nerveux peuvent être isolés ou associés, et déjà, à ce point de vue comme à celui de la coexistence de symptômes étrangers, de la présence ou de l'absence d'hypothermie, les cas d'urémie observés en clinique se montrent si diflférents les uns des autres, que nous devons penser à l'existence de conditions pathogéniques diverses et mixtes.
Nous allons donc avoir affaire probablement, non pas à une intoxication unique, mais à des causes multiples qui peuvent être isolées ou associées, en sorte que, si une explication est valable pour un cas, elle ne l'est pas nécessairement pour d'autres, et qu'une théorie fausse dans un cas peut ne pas l'être dans les autres. Si l'on veut embrasser l'étude pathogénique de l'urémie, il faut se persuader qu'on ne doit pas se proposer une explication unique de tous les accidents nerveux qui peuvent apparaître au cours d'une maladie du rein.
La clinique s'est d'ailleurs efforcée de grouper suivant leurs ressemblances symptomatiques un certain nombre de cas particuliers, en appelant à son aide l'anatomie pathologique.
Il existe une forme symptomatique caractérisée par l'iiydropisie antérieure, survenue longtemps ou peu auparavant. On a vu les œdèmes s'accroître, les urines devenir moins abondantes, leur densité augmenter (une quantité plus grande de matières solides se trouvant dans l'unité de poids), ou demeurer la même. Le malade n'a ni diarrhée, ni vomissements, ni autre flux capable d'emporter de l'eau, et il y a de l'oligurie; il y a donc rétention d'eau dans l'organisme. Les autres sécrétions normales persistent, la langue est humide. On cherche vainement l'ammoniaque dans l'air expiré. Dans ce cas se trouvent
réunies toutes les conditions de l'hydrémie ou de la pléthore hydréinique. Les urines continuant à emporter la quantité totale des matières solides qui doivent s'éliminer par la voie rénale, il n'est pas possible d'expliquer par l'intoxication les accidents qui vont survenir. Il y a, au contraire, une accumulation d'eau indubitable dans l'organisme. Alors cette idée a surgi que c^est à l'accumulation de l'eau que sont dus les accidents dits urémiques.
Traube, en efîet, a pensé que la conséquence de l'hydrémie était une tendance aux œdèmes, et notamment à l'œdème cérébral. Coindet et Odier ont vu là des conditions suffisantes pour expliquer le développement d'une hydropisie ventriculaire. D'après cette manière de voir, l'œdème interstitiel ou l'hydropisie ventriculaire, comprimant de dedans en dehors la masse encéphalique, diminuent l'espace laissé libre au sang; de là une anémie cérébrale entraînant la production d'accidents comateux, si Tanémie est surtout accentuée au niveau des circonvolutions, ou des convulsions, si elle prédomine dans le mésocéphale.
Si l'on voulait fournir, comme Traube, une explication générale des faits réputés urémiques, sa théorie serait fausse, et elle l'est effectivement, telle qu'il Ta formulée. En effet, dans l'immense majorité des cas suivis d'autopsie, l'œdème cérébral, riiydropisie ventriculaire, l'anémie cérébrale font défaut. Non seulement l'évaporation n'a pas démontré l'existence d'une plus forte proportion d'eau dans les tissus encéphaliques qu'à l'état normal; mais, au lieu d'anémie, il est facile de constater la congestion poussée jusqu'à la sugillation sanguine et aux ecchymoses. Ce sont là des cas qui repoussent sa théorie. Mais, en outre, celle-ci a toutes ses preuves à faire pour les cas où sa fausseté n'est pas démontrée; sinon, elle demeure une pure hypothèse qui ne repose sur aucun fondement d'observation directe. Elle est fausse même comme théorie, car un certain nombre de raisons physiologiques invoquées par Traube sont inadmissibles.
Dans un grand nombre de cas, on voit des accidents urémi-