‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladiesChapitre 9 sur 227 · ALCALOÏDES DANS LES TISSUS ET LE SANG · texte numérisé non relu

ALCALOÏDES DANS LES TISSUS ET LE SANG

chez des animaux soumis à des perturbations intestinales. J'ai vu, comme A. Gautier, des alcaloïdes, non seulement dans les tissus (1), mais dans le sang. C'est là un commencement de démonstration directe, objective; mais ce n'est encore que la vraisemblance, ce n'est pas la certitude.

La démonstration indirecte sera donnée si l'on constate dans les produits d'excrétion ces poisons qu'on a trouvés dans les tissus et dans le tube digestif; et, s'il est prouvé que ces poisons sont éliminés par des organes dans lesquels ils ne sont pas fabriqués, la conclusion logique sera que le sang est l'intermédiaire nécessaire entre le lieu de formation de ces poisons et leur lieu d'élimination.

Or les poisons qui existent dans les tissus et dans le tube digestif se trouvent aussi dans les urines soit en nature, soit modifiés par des oxydations, soit conjugués à des radicaux azotés ou sulfurés : l'acide oxalique à l'état d'acide oxalurique; l'acide phénique à l'état d'acide phénique sulfo-conjugué ou

(1) Le A décembre 1884, on extrait par le chloroforme les alcaloïdes de S0=<= de muscles de bœuf.

Ces alcaloïdes, solubles dans le chloroforme, présentent des réactions nettes par les réactifs suivants : solution de Tanret, réactif iodo-ioduré, phospho-molybdate de soude, tannin.

— 3 septembre 1884. Un lapin sain est mis à mort, puis découpé en morceaux; il pèse ainsi dépecé, sans les viscères abdominaux, 1012s''. On le fait digérer dans deux litres d'alcool absolu additionné d'eau acidulée avec de l'acide sulfurique, et cela pendant deux jours. On recueille l'alcool que l'on filtre et on le réunit à l'alcool qui imbibait les muscles de l'animal, et que l'on a obtenu par pression. On a ainsi 1896'==.

On les évapore à 40°. Puis l'alcool réduit d'un tiers est évaporé à 80° (on en perd par accident un tiers).

Dans le résidu aqueux, on a toutes les réactions habituelles des alcaloïdes. Les précipités obtenus sont abondants avec les réactifs suivants : Tanret, iodo-ioduré, phospho-molybdate de soude, ferricyanure, iodure double de potassium et cadmium.

Ce résidu alcalinisé par la soude est battu avec l'éther. On décante l'éther qui, additionné d'un peu d'eau aiguisée de HGl, est distillé. Le résidu est l'extrait éthéré. Il précipite modérément par le réactif iodo-ioduré et par le phospho-molybdate de soude.

Bouchard. Auto-intoxications. 2

Page 1