VINGTIÈME LEÇON
(4jaiD 1885)
AIVTO-INTOXICATIO:^ D*ORIGi:«E INTESTIiliALE (suite).
Rôle de raulo-intoxication dans la fièvre typhoïde. — La fièvre typhoïde est causée par un agent infectieux. — Historique de la recherche de Tagent pathogène de la dothiénentérie. — État de la question. — Mes recherches personnelles. — La nature infectieuse de la fièvre typliolde, quoique non démontrée absolument, est absolument vraisemblable.
Outre rinfection générale de Téconomie par Tagent pathogène, les ulcérations intestinales sont une cause d'intoxication, soit en augmentant les fermentations normales, soit en créant des processus fermentatifs anomaux.
Rôle des infections secondaires, résultant des migrations d'agents infectieux Tulgaires hors de l'intestin, et des infections surajoutées, par pénétration dans l'économie afl'aiblie d'agents pathogènes spéciaux : parotidite, érysipèle, gangrène gazeuse, furonculose, anthrax.
Rôle de l'hyperthermie au point de vue des indications thérapeutiques.
Rôle de IMnanition.
Thérapeutique des accidents d'auto-intoxication d'origine intestinale : désinfection des matières fécales par le charbon. Antisepsie de l'intestin par riodoforme et la naphtaline. Rôle des purgatifs.— Influence de Tanlisepsie intestinale sur la diminution de la mortalité.
L'étude des intoxications d'origine intestinale ne semble pas amener naturellement une digression sur la fièvre typhoïde. Celle-ci est une maladie infectieuse et non pas une maladie toxique, et cependant, quand on entreprend d'en étudier la thérapeutique, il faut compter avec l'intoxication.
Dans la fièvre typhoïde, en effet, n'entrent pas seulement en jeu les organismes végétaux inférieurs qui, par un procédé ou par un autre, produisent tous les désordres que peut causer un agent infectieux. A côté de l'infection évolue un autre pro-^
cessus secondaire, accessoire, qui est du ressort de Tintoxication. Donc, ne fût-ce que pour une part, la thérapeutique a le devoir de s'occuper du rôle de l'intoxication dans la fièvre typhoïde.
Le typhus abdominal reconnaît certainement pour cause primordiale un agçnt infectieux, et celui-ci entre par le tube digestif; tout ce que nous savons de son mode de transmission autorise à le croire. Mais Tagent infectieux n'existe qu'en passant dans le tube digestif; là n'est pas son habitat. Le lieu où il se développe, c'est le système lymphatique, follicules clos, glandes de Peyer, ganglions mésentériques, rate. Il peut s'éliminer par l'intestin, en y tombant au moment de la nécrose des plaques de Peyer, et être emporté par les matières alvines.
L'organisme qui serait l'agent infectieux de la dothiénentérie a été entrevu depuis longtemps : dès 1871, par Recklinghausen; puis par Klein, Sokolof, Browilz, Fischl, en 1878. Je Tai moi-même trouvé en 1879 et j'ai communiqué en 1880 mes recherches. Je l'ai constaté dans tous les liquides pathologiques, excepté dans les sudamina. C'est un bâtonnet ayant ce caractère de changer souvent de forme, bacille un jour, disposé plus tard en chapelets, puis en micrococcus isolés. On le trouve à l'autopsie dans certains organes, les reiiîs,la rate, les ganglions. Pendant la vie, je l'ai- vu dans les urines; cette constatation était chose nouvelle à cette époque, elle m'a conduit à édifier la conception des néphrites infectieuses : j'ai dit que, constaté dans le sang et dans les urines, le microbe quitte son habitat pour venir s'éliminer par Témonctoire rénal.
Cette constatation a été faite depuis par Letzerich, qui vit une des formes du microbe, le coccus, puis par Eberlh, qui vit l'autre en bâtonnet, enfin par Klebs, Meyer, Friedlander. Gaflliy.
Mais cette constatation, quoique univoque, autorise-t-elle à dire que ce microbe est l'agent pathogène de la fièvre typhoïde? Non certainement. Il faut qu'on Fait constaté chez tous les individus, qu'on l'ait isolé par des cultures successives qui le dépouillent peu à peu de tout ce qui a pu être emporté par lui du