TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE
que les procédés qui peuvent invoquer des données expérimeDtaies ou cliniques.
En résumé, la fièvre reste, pour nous comme pour Galien, rélévation de la température dépendante de causes qui peuvent singulièrement varier. Or, au point de vue thérapeutique, n'étant pas certains de ce qu'est la fièvre, nous sommes obligés de renoncer à instituer contre elle une thérapeutique pathogénique.
Nous revenons par force à Fempirisme, qui n'est pas suffisant pour nous satisfaire, mais qui peut nous fournir des renseignements résultant de la longue accumulation des faits particuliers. Entrons donc dans le domaine des constatations empiriques.
On sait empiriquement que certains moyens abaissent la température et amènent le bien-être. Ainsi d'abord la quinine a une action évidente sur la fièvre typhoïde et quelques autres pyrexies, la fièvre intermittente, une des formes de Tinfection des femmes en couches; à coup sûr, son action est favorable, mais elle est seulement temporaire.
L'acide phénique a une action antipyrétique certaine, mais qui n'est peut-être pas favorable; Fantipyrine a aussi cette action, mais son influence est défavorable.
Lorsque la température est de 40° à Al'*, une dose de quinine suffisante produit un abaissement de 1 à 3 degrés, qui peut persister pendant 24 heures. En môme temps que la température diminue, on voit disparaître ou s'atténuer les troubles nerveux qui lui font cortège, le malade éprouve un bien-être évident, et les accidents qui auraient été rapidement mortels peuvent être ainsi conjurés. Il semblerait donc naturel au premier abord de reproduire indéfiniment cet effet favorable. Vogt, il y a vingt ans, récemment Joffroy à l'Hôtel-Dieu, ont essayé l'emploi continu de la quinine. J'ai voulu également voir ce qu'il était possible d'obtenir de ce procédé. J'ai dû bientôt l'abandonner. Avec 2 grammes de quinine, on obtient un abaissement de 1, 2, 3 degrés; mais, à partir du lendemain soir, la température remonte, et, le surlendemain au matin, la fièvre est
ADMINISTRATION DE LA QUININE iH
revenue à son taux primilir. Faut-il donc administrer la quinine la veille, préventivement? Mais la seconde dose ne produit plus les mêmes effets. Il faut que trois jours au moins se soient écoulés pour que la quinine puisse retrouver son pouvoir. C'est un médicament intermittent. On a affirmé cependant que, si elle est donnée d'une façon continue, les oscillations se maintiennent entre 39° et 40®, au lieu de se faire entre 40" et 41*. Est-ce là un bénéfice suffisant?
Pour moi, jamais je ne donne une nouvelle dose de quinine qu'après soixante-douze heures d'intervalle. Je ne la donne même que si la température du matin prise dans le rectum dépasse 40° ou celle du soir 41**. Les doses que j'ai adoptées sont : 2 grammes dans le premier et le deuxième septénaire ; 1*',50 dans le troisième; 1 gramme dans le quatrième et au delà. Je ne donne jamais moins : 0"%50 ne procurent aucun avantage. II est bon d'être prévenu que du 8* au 11*' jour on n'obtient souvent qu'un très médiocre abaissement aux doses qui sont généralement efficaces, soit avant, soit après. Voilà l'effet que donne la quinine d'une façon presque nécessaire; elle ne vise qu'un accident, l'hyperthermie.
Quant aux autres substances réputées antithermiques, acide phénique, résorcine, antipyrine, tballine, vous ne devez pas compter sur elles. Pour l'antipyrine, l'abaissement qu'elle produit s'accompagne rarement de bien-être, car elle détermine simultanément un abaissement de Factivité nerveuse.
Le seul inconvénient de la quinine, à part les bourdonnements d'oreilles, qui sont, d'ailleurs, moins forts chez le fébricitant que chez l'homme sain, serait l'accusation portée contre elle de pouvoir produire la mort subite. Depuis dix ans, sur 500 cas je n'ai vu que 7 fois la mort subite chez des malades qui prenaient de la quinine. 4 de ces cas se produisirent dans la même semaine; et dans plusieurs hôpitaux, au même moment, on signala des cas semblables. Seulement Texamen chimique montra que le médicament administré aux malades sous le nom de quinine n'en était pas. C'était un composé peu connu, où prédominait la cinchoninc. Ces cas éliminés, il me