TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPBOÏDE
reste 3 cas de mort subite sur 500 fièvres typhoïdes, chiffre qui De dépasse pas la proportion naturelle de la mort subite dans cette maladie. L'autopsie montra que, chez ces typhiques morts subitement, le cœur était en systole, absolument vide de sang; or, la toxicologie de la quinine nous apprend que, quand la mort est causée par elle, le cœur s'arrête en diastole et qu'on le trouve gorgé de sang. D'ailleurs, depuis cette époque, je n'ai pas vu un seul cas de mort subite.
En résumé, j'estime qu'en administrant aux typhoîdiques la quinine, suivant les règles énoncées plus haut, on leur procure, en même temps qu'on diminue leur température, un sentiment de bien-être. Mais j'ajoute que, dans la plupart des autres pyrexies, je n'ai enregistré que des échecs avec la médication quinique. Dans la pneumonie, la pleurésie, Térysipèle, on n'obtient en général ni abaissement thermique appréciable ni bien-être.
La soustraction de calorique est le seul moyen non médicamenteux d'abaisser la température des fébricitants.
Bien des moyens ont été tour à tour mis en œuvre pour soustraire du calorique dans les fièvres. Depuis Sydenham et Currie, on a utilisé l'air froid, les courants d'air entre les fenêtres ouvertes, l'eau froide sous des formes très variées.
L'aspersion, l'arrosage continu du malade est peut-être le procédé le plus douloureux.
L'affusion froide produit encore une action nerveuse désagréable.
Les lotions froides déterminent une surprise pénible, et la soustraction de calorique par ces deux moyens est peu appréciable.
L'enveloppement dans le drap mouillé est douloureux pendant quelques instants.
Les applications locales, telles que la vessie de glace sur l'abdomen, produisent d'abord le spasme vasculaire, puis la stase dans les vaisseaux; la peau est glacée, le tissu cellulaire aussi, la nécrose peut se produire, et cependant l'ensemble du corps ne se refroidit pas.
LES DIVERS PROCÉDÉS HYDROTHÉiyLPIQUES 339
La circulation d'eau froide au moyen des appareils ingénieux de Dumontpallier et de Clément produit une réfrigération réelle; mais ce sont des procédés encore peu usités, sur lesquels je n'ai pas de jugement personnel à émettre.
Le lavement froid, ou d'eau glacée, rafraîchit certainement le rectum, mais ne détermine pas rabaissement thermique général.
Il nous reste à parler du procédé qui est généralement préféré, le bain général, dont Teau se trouve à une température inférieure à celle du corps du malade.
Le bain froid peut être donné suivant la méthode de Brand ou de Liebermeister. D'après Brand, quand la température dépasse 38^,b, on donne 8 fois par jour un bain à basse température de dix à quinze minutes.
Liebermeister laisse le malade dans les bains pendant toute la durée de la maladie; leur durée est la même, et il en donne 12 fois par jour. La température peut être de 15% ce qui a été abandonné; de 18*" à 20", c'est la règle habituelle; on peut même les donner à 25^. Il faut avoir soin d'appliquer de l'eau froide sur la tête auparavant.
On laisse le malade dans le bain jusqu'au frisson complet, et on le relire souvent dans un état alarmant. Il faut une véritable sérénité d'âme pour appliquer rigoureusement cette méthode en présence de la souffrance des malades. Il est juste de dire que, si on leur impose des souffrances cruelles, on leur garantit presque la guérison.
Mais il existe peut-être un procédé aussi efficace et moins inhumain.
La cruauté des bains froids leur a fait substituer les bains tièdes. Il y a le bain tiède à température désagréable, à 28°; c'est l'hypocrisie du bain froid : car, pour un homme dont le corps est à 40**, la sensation est la même à 28° qu*à 25** ou 20®.
Ziemssen a proposé le bain tiède graduellement refroidi. La température initiale est de 35*"; chez des fébricitants, elle détermine déjà une sensation de froid très pénible. Puis on abaisse rapidement la température du bain de telle façon que, en dix