VALEUR DE LA QUANTITÉ ET DE LA DENSITÉ DES URINES
On voit dans certains cas se développer siTnultanémeDt les lésions du rein, du cœur et des vaisseaux; tout le système vasculaire est pris, depuis le moteur central jusqu'aux plus fines extrémités, et, si le rein peut se plaindre par un symptôme exquis, Talbuminurie, on n'est pas en droit de méconnaître les souffrances des autres organes. On comprend que les modifications cardio-vasculaires amènent des troubles sécrétoires da tube digestir, une sécheresse et un état prurigineux de la peaa qui peuvent être la conséquence d'un trouble nutritif des terminaisons nerveuses du derme. Comme résultats des lésions vasculaircs on observe encore des hémorrhagies : épistaxis, hématémèses, entérorrhagies, hémorrhagies cérébrales ^ purpura.
Tout cela n'est pas lié à l'urémie, tout cela est en dehors de l'intoxication et se montre quand les urines sont encore d'une densité normale ou élevée, quand leur quantité est augmentée, normale ou peu diminuée.
Tous les accidents précités étant éliminés, on se demande ce qui restera à Tintoxication : il sera légitime de lui attribuer une part seulement des phénomènes qui pourront survenir quand Timperméabilité du rein sera telle que celui-ci ne puisse plus éliminer les matières toxiques fabriquées par l'organisme au fur et à mesure de leur formation.
L'essai de la toxicité urinaire nous donnerait sur ce point un renseignement surfisant, mais c'est un moyen peu pratique, et, en clinique, on a Thabitude de se baser sur la quantité totale des urines émises en vingt-quatre heures et sur leur poids spécifique. Si la quantité et la densité demeurent normales, on est en droit de dire que le rein fonctionne normalement. Si toutes deux diminuent, il y a danger d'intoxication.
Il ne faut pas, dans cette estimation, prendre pour type la quantité d'urine sécrétée par un homme bien portant; rhomme malade ingère et détruit peu. Les chiffres de 1350 centimètres cubes comme quantité et de 1019 comme densité sont trop élevés pour un malade ; ils ne sont normaux que chez un homme qui marche et se nourrit. Enfin la quantité et la densité peuvent se balancer dans une certaine mesure.