A QUEL MOMENT COMMENCE L'INTOXICATION
Quoi qu'il en soit, tous les accidents des néphrites dont nous avons parlé jusqu'ici se produisent dans une période où les urines sont encore normales comme quantité et densité. Les rétinites , Tamaurose , les inflammations des séreuses , les phlegmons apparaissent à une époque déjà avancée. Pourtant rien ne démontre que les rétinites soient des accidents urémiques au même titre que les troubles respiratoires, comateux et convulsirs. J'admets bien que, chez les individus qui retiennent des produits toxiques, toutes les cellules de l'organisme aient une vitalité amoindrie, n'aboutissant qu'à des inflammations non résolutives. Mais ces phlegmasies bâtardes, œdème glottique, péricardites hémorrhagiques et purulentes, ne sont, en tout cas, que des accidents éloignés, indirects de l'intoxication. Elles dénotent seulement un état cachectique dont l'appauvrissement du sang, Tinsuffisance de l'alimentation sont les principaux facteurs.
Cependant, après avoir éliminé du cadre de l'urémie tous ces symptômes, tous ces accidents que nous venons de passer en revue, nous arrivons à d'autres qui, dans les périodes avancées des néphrites chroniques ou au cours des néphrites aiguës, découlent directement de l'imperméabilité rénale devenue excessive. Dès lors nous entrons dans le domaine de l'intoxication.
Nous nous trouvons en présence d'une intoxication qui peut être due à un des sept poisons que nous a révélés l'analyse des produits de toxicité, ou à plusieurs d'entre eux associés deux à deux, trois par trois ou à tous les sept ensemble; enûn l'eau, dont l'élimination se trouve entravée, peut jouer un rôle dans les accidents morbides. Il parait donc impossible qu'il n'y ait qu'une seule urémie; déjà la clinique a décrit depuis longtemps des formes symptomatiques diflërentes. Peut-être y a-t-il place dans la pathogénie pour les cinq théories suivantes qui incriminent : 1° l'œdème cérébral (Traube); 2* l'urée (Wilson); 3** l'ammoniaque (Frerichs); 4° les matières extractives (Schottin) et notamment l'acide oxalique (Bence Jones), l'urochrome (Thudicum); 5° la potasse (Feltz et Ritter).
Bouchard. Auto-inioxicAtions. 8