SUR
LES BACTERIES
Nous avons réuni en un volume un certain nombre de Leçons qui ont été faites récemment à l'Université, quelques-unes d’une manière ininterrompue dans l'ordre même que nous avons suivi ici, d'autres à des époques différentes de notre cours. Nous avons été obligé d'en changer quelque peu la forme primitive, qui était celle que l’on donne ordinairement à une leçon parlée, accompagnée d'expériences et de démonstrations pratiques, pour qu’elle puisse réunir les conditions d’une leçon destinée à être publiée. C'est ainsi que nous avons dù élaguer d’un côté, ajouter de l'autre et donner, en particulier, quelques détails dignes de remarque, connus seulement après que les lecons orales avaient été prononcées.
DE BARY. i
Nous avions pour but, en commençant ces Lecons, d’apprendre à des auditeurs dont les degrés d’instruction élaient divers et dont quelques-uns seulement avaient des nolions de médecine, ce qu'on sail aujourd'hui de général sur ces Bactéries dont toul le monde s’entrelient plus ou moins.
Nous voulions faire cette étude de manière à êlre compris de tous ceux qui ne sont pas complètement étrangersaux éléments des sciences; nous avions surtout l'intention de relier les phénomènes présentés par les Bactéries à ceux qu'offrent d'autres groupes de l'empire organique.
Les travaux actuels qui traitent des Bactéries augmentent de jour en jour d’une manière prodigieuse : à côté de beaucoup de travaux excellents, on en trouve d'autres pleins de théories erronées ou peu clairement exposées. Ces erreurs qui se rencon- {rent couramment, nous pouvons bien le dire, dans les écrits scientifiques ou non, publiés journellement, sont dues en grande partie, nous semble-t-il, à ce qu'on n’aecorde pas assez d’allenlion aux rapports que présentent les Bactéries avec les groupes voisins : le particulier fait oublier le général et le détail l’ensemble.
Il nous a paru que ce n'était pas faire œuvre superflue que de rappeler, autant qu'il était en notre pouvoir, quels étaient ces rapports; c'est le mobile qui nous a poussé à nous conformer au désir plu-
AVANT-PROPOS 3 sieurs fois exprimé, de nous voir écrire et publier ces quelques Lecons.
On ne devra donc pas s'attendre à trouver, dans ce volume, un traité complet de « Bactériologie » où seraient relatés tous les détails pouvant présenter quelque intérêt scientifique. Ce livre préparera plutôt Le lecteur à lire les traités complets et à en saisir toutes les parties.
Nous avons pris le soin, pour le lecteur que des details plus précis inléresseraient, d'indiquer les sources bibliographiques où il pourra les trouver, s'il veut les consulter même avant d'avoir lu ces Lecons. Pour ceux qui veulent étudier les faits, à mesure qu'ils se présenteront, dans la suile de ces Lecons, nous avons donné la liste des mémoires originaux, liste qui a élé réunie à [a fin du volume : des chiffres, insérés dans le texte, s’y rapportent.
Quelques faits intéressants, publiés pendant l’impression du présent volume, en particulier sur le choléra asialique, ont été relatés à la Bibliographie avec quelques remarques que nous y avons ajoutées (1).
(1) Nous avons cru qu'il était utile et plus commode d'indiquer, en même temps, au bas des pages, les mémoires auxquels on faisait allusion dans le texte, en réunissant à la fin du volume, sous le titre de Bibliographie, la liste des principaux mémoires, par ordre d'auteur.
Nous avons enfin ajouté quelques notes à celles de l’auteur. Toutes celles qui ne seront pas suivies de ces mots, entre parenthèses : nofrs de l'auteur, seront de nous.
(Note du traducteur.)
Telle a été la pensée qui a présidé à la composilion de ce livre. Puisse-t-il apporter quelque clarté dans l’&tude des Bactéries, si complexe aujourd’hui et abordée par tant de chercheurs divers; puisse-t-il frayer quelque peu la voie au travailleur qui commence et qui a le désir de s’instruire.
Strasbourg, juillet 1885.
A. DE Bary.