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GONORRHÉE

On désigne sous le nom de Gonorrhée (1) une maladie inflammatoire qui se produit chez l’homme dans le canal de l’urèthre et aussi dans la conjonelive oculaire. On peut y joindre la blennorrhagie de la

(4) Neisser. — Centralblatt f. med. Wissensch. 1819, et D. med. Wochensch. 1882, n° 20. — Bockhardt : Beitr. z. Ætiol. u. Path. d. Harnrohrentrippers. Sitzungsber. d. Phys. Med. Gesell. II. Würzburg, 4883, p. 13.—Naegel : Jahresber. d. Ophthalm.

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conjonctive que l’on rencontre chez les nouveau-nés. Ces différentes maladies sont caractérisées au plus haut point par leurs propriétés infectieuses et l’on sait depuis longtemps que la contagion se fait par les produits liquides que secrèle le malade. L'æil en particulier est contaminé, dit M. Hirschberg, aussi sûrement qu'à la suite d’une inoculation expérimentale directe. On trouve constamment dans les sécrétions infectieuses un Micrococeus spécial, découvert par M. Neisser qui lui a donné le nom de Gonococcus (fig. 22). On le trouve surlout dans les cellules pyogènes, ou bien à leur surface el dans l'intervalle des cellules, mais en moins grand nombre.

D'ailleurs, il n’y a pas de rapport constant entre le nombre des Gonococcus et celui des cellules malades.

Le Gonococcus est formé de cellules rondes relativement grosses mesurant 0,8 de diamètre, réunies fréquemment par paires et en {rain de se diviser : elles sont séparées les unes des autres, à l’état complet de développement, par une substance fondamentale hyaline, gélatineuse ou bien disséminées souvent

(A) Micrococeus coxococcus. — Cellules de la conjonctive oculaire d’un enfant atteint de la Blennorrhagie des nouveau-nés. Quatre cellules du pus renfermaut des Microcoques. D'après une préparation colorée au violet de méthyle, les cellules sont faiblement colorées et leurs noyaux sont à peine indiqués dans le dessin pour laisser voir

les Microcoques. — Grossissement 600 fois. —n. Microcoques à un plus fort grossissement.

engrand nombre, en masses plus ou moins régulières, à la surface de la cellule qui leur sert de substratum. Est-ce qu'il se produit une multiplication par division successive, dans deux directions différentes ou dans une seule? C'est ce que nous ne saurions déterminer, les observations que l’on a faites ne permettant pas de conclure dans l’un ou l’autre sens.

Les inflammations. qui se produisent dans les régions autres que l'œil n’ont pas présenté de Gonococcus et on n’a pas non plus trouvé, dans les diverses muqueuses dont il est ici question, de Bactéries caractéristiques de la gonorrhée. Cependant il est très probable, par suite d'une analogie permise, que les sécrétions que l’on observe dans tous les cas sont dues à la présence d’un organisme semblable. |

La réceptlivité des animaux différents de l’homme pour ces sortes de maladies a été plus ou moins constatée. En tout cas, les expériences d’inoculation sur l'œil n’ont donné aucun résultat chez les animaux.

Il est aussi très difficile de faire des cultures convenables du Micrococcus gonococcus en dehors d’un organisme contaminé. Cependant M. Haussmann a cité des exemples de culture faites dans du sérum de sang avec le pus sécrété dans la gonorrhée des enfants de la conjonctive et M. Bockhardt dans la gonorrhée du canal de l’urèthre. Ces deux auteurs ont réussi à produire par inoculation de cultures pures, une inflammation infectieuse, le premier

GONORRHEE 287 dans l'œil d’un lapin nouveau-né, le second dans l’urèthre. On ne peut songer, à cause des conséquences de la maladie, à des essais sur l’homme. D’après M. Bockhardi, le Mierocoque pénètre dans le tissu sous-épithélial, de la dans les leucocytes dont il détruit le noyau, pour redevenir libre et se répandre avec le pus à la surface de la muqueuse. On a contesté la rigueur des expériences de ce dernier observateur, relativement à l'infection produite par des cultures pures, de sorle que l'importance du Gonococcus dans la contagion reste encore à dé-

montrer.

Nous avons étudié successivement la fièvre récurrente, la tuberculose et la gonorrhée, malgré le peu de rapports que ces maladies présentent les unes avec les autres, parce que, en laissant de côté les points obscurs et les lacunes à combler qu'elles présentent, elles semblent être des types de maladies dues à des Bactéries que nous avons appelées Bactéries forcément parasitaires.

Nous avons vu en effet que le Spirochete Obermeieri est forcément parasite, en ce sens qu'il est transmissible de personne à personne, sans présenter de stade intermédiaire comme Saprophvte et qu'il ne se développe que sur l’homme el le singe.

Le Bacille de la tuberculose et le Gonococcus peuvent, il est vrai, être cultivés en dehors de l'organisme

288 LEÇONS SUR LES BACTERIES vivant et les cultures que l’on en fait ne permettent pas de leur refuser le titre de Saprophytes facultatifs (Voir page 203). En fait, cette propriété ne peut guère entrer en ligne de compte. Le Bacille de la tuberculose, cultivé par M. Koch, ne s'obtient, à l’état de Saprophyte, que dans des conditions artificielles très particulières et, pour ainsi dire, créées tout exprès pour lui. Il en est de même du Gonococcus. Pour ce dernier, si l’on admet ses propriétés infeclieuses, c'est la tout ce qui ressort de l’ensemble des expériences. On voit de plus que la résistance en dehors de l'organisme doit être très faible et que la propagation des germes par les poussières de l’air, par exemple, après dessiccation, est certainement de très petite importance. Cependant les gonorrhées sont aussi fréquentes que la tuberculose ou peu s’en faut. Le pus qui se forme dans la gonorrhée contient le Gonococcus et sert à le propager. On ne comprend guère, s’il pouvait vivre à l’état ordinaire comme Saprophyle, comment la maladie dont il est l'agent ne se propagerail pas autrement que par contact de personne à personne. Il n'existe pas en effet d'autre moyen manifeste de contagion que le seul contact, bien que la croyance populaire, se fondant sur quelques cas très douteux nullement authentiques, affirme parfois le contraire.

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