‹ Leçons sur les bactériesChapitre 45 sur 52 · MALARIA · texte numérisé non relu

MALARIA

La Malaria peut être considérée comme le Lype des maladies endémiques (1). Elle règne en général dans les contrées marécageuses, dansle voisinage des eaux stagnantes. La transmission par contact d’une personne à l'autre ne se fait pas en général. Par analogie avec d’autres exemples bien connus, comme le charbon, il est excessivement probable qu'il existe un organisme qui vit dans le sol ou dans les eaux des pays à Malaria et qui est la cause de la maladie, MM. Klebs et Tomasi Crudeli, partant de celte 1dée, ont examiné le sol et l’eau de ces contrées el y ont trouvé en effet de très nombreuses Bactéries : ils ont désigné sous le nom de Bacillus Malariæ Vune de ces formes qui se présentait en filaments composés de bâtonnets. L’inoculation à des animaux de parcelles de terre ou des liquides de culture où ils avaient réussi à obtenir la Bactérie, reproduisait les symptômes de la Malaria, c'est-à-dire un gonflement exagéré de la rate et des accès de fièvre intermittente. MM. Cuboni et Marchiafava, Lanzi, Perroncito, Ceci, Ziehl ont retrouvé des Bacleries dans le

(1) Klebs et Tommassi Crudeli. — Ueber Wechselfieber u. Malaria.etc. Archiv. f. Exp. Pathologie XI. — Cuboni et Marchiafava : id. XIII. — Ceci : id. XV et XVI. — Ziehl : Deutsch. Med. Wochenschr. 1882, p. 847.

sang, dans la peau, dans les veines, dans la rate de l’homme atteint de Malaria, en particulier au moment du frisson qui précède l’atlaque de fièvre. MM. Cuboni et Marchiafava ont cru reproduire chez des animaux les symptômes caractéristiques de la Malaria, par des inoculations de sang provenant d’un homme malade. Il m'est difficile de décider si les symptômes qu'ils décrivent sur leurs animaux d'expérience peuvent être ou non rapportés à la Malaria.

Du moins on peut affirmer avec certitude que l’injection de quelques centimètres cubes de liquide, contenant des particules de terre ou de la culture du Bacille, n’est pas suffisante pour prouver en toute rigueur l'existence de la Malaria, puisqu'il ne s'agit dans toutes ses expériences que de l’inoculation ou de l’inhalation de quantités excessivement petites de Bactéries.

Du reste, les différentes descriptions qui ont été données à ce sujet, ne permettent nullement de voir s’il s'est agi chaque fois d’une seule espèce de Bactéries ou de plusieurs et si les formes qu’un auteur observe dans le sang par exemple, sont les mêmes ou appartiennent à la même espèce que celles qu'un autre retire du sol. Il semble donc assez difficile de donner, dans l'élat actuel de nos connaissances, la nature précise de l’organisme qui semble être la cause de la Malaria.

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