NOTICE SUR BOITARD. V
Cet enseignement si plein de promesses ne dura pas même deux années. Sur le point d'aller en vacances, Boitard avait déjà pris congé de ses amis, quant tout à coup il tomba malade. Sa constitution robuste, sa jeunesse rassurèrent d'abord; on se flattait d'un prompt rétablissement. Cependant le progrès du mal déconcerta les efforts de l'art, et , comme pour rendre le coup plus terrible, une crise inattendue l'enleva en un moment, Nous n'essaierons pas de peindre la désolation d'une mère qui survivait à un tel fils. Il y a des chagrins à qui on doit silence et respect; au temps seul et à l'espérance religieuse appartient le privilège de les adoucir.
La mort de Boitard fut une nouvelle incroyable pour ses amis : tant de force, de jeunesse, d'espérances si promptement ravies! on voulait douter contre l'évidence. Personne ne put refuser son hommage à cet e mémoire si pure. Elle est restée sainte et douloureuse dans le cœur de ceux qui ont connu Boitard plus particulièrement. C'était un homme grand, d'une noble figure, grave et jeune, imposante et modeste. A la première vue, il pouvait paraître froid et réservé; si vous l'approchiez de plus près, vous trouviez un homme doux, simple, aimable, et même gai ; mais au fond de cette gaieté le sérieux et le solide se sentaient toujours. Une intelligence ouverte à toutes les idées, une âme ferme et affectueuse lui gagnaient votre confiance. Vous lui eussiez volontiers demandé un service, sur qu'il serait rendu avec simplicité. 11 était de ces liommes qu'on n oublie pas. Nous l'avons