DE L ACIDE CARBONIQUE
voyez que l’animal n’en parait pas souffrir et que, rendu à la liberté, il n’a rien perdu de sa vivacité première.
On voit, dans les divers empoisonnements, se produire certains accidents, des convulsions, des cris. Quand, un animal périt dans l’acide carbonique, on observe des effets différents ; il meurt, comme dans l’azole et comme dans l’hydrogène, par privation de l’air respirable. L’acide carbonique n’est donc pas vénéneux quand on l’injecte dans le sang ; il s’y dissout très-vite et ne produit pas le moindre accident. Les effets observés dans les empoisonnements par la vapeur de charbon, effets qu’on attribuait autrefois à l’action de l’acide carbonique, doivent être et sont généralement aujourd’hui rapportés à l’oxyde de carbone.
C’est bien cependant l’acide carbonique qui a fait périr l’animal placé sous la cloche. Car voici un verdier placé dans un milieu confiné où il va bientôt mourir, il y est déjà très-mal à son aise. Nous allons améliorer considérablement son état et prolonger son existence en faisant passer sous la cloche de la potasse qui diminuera la quantité d’acide carbonique qu’elle renferme.
Dans ces deux autres cloches sont des mélanges gazeux. L’une contient un mélange à parties égales d’azote et d’oxygène;
Fig. g.
138 DE l’action délétère
j’y introduis un moineau qui ne parait pas du tout incommodé. Dans l’autre cloche est un mélange à parties égales d’oxygène et d’acide carbonique. Le moineau que j’y introduis succombe presque immédiatement ; et, notez bien ceci : il succombe dans un milieu riche de 50 pour 100 d’oxygène, tandis que l’air atmosphérique n’en contient que 21 pour cent.
Eh bien, Messieurs, dans ce milieu si riche en air vital, l’animal est réellement mort, comme dans le milieu qui n’en contenait plus que 3 ou 5, c’esl-à-dire privation d’oxygène.
Quelques développements sont nécessaires pour vous faire apercevoir nettement comment les choses se passent dans cette circonstance.
11 y a trois gaz qui sont simplement irrespirables et qui, incapables d’entretenir la vie, sont cependant incapables aussi de la détruire en vertu de qualités qui leur soient propres. Ces trois gaz sont : l’azote, l'hydrogène et l’acide carbonique. Mais l’acide carbonique, qui se rapproche des deux autres par son inaptitude à entretenir la vie, s’en éloigne par sa très-grande solubilité relative.
Il pourrait en résulter que, quand un mélange d’oxygène et d’acide carbonique arrive dans le poumon, le sang qui remplit cet organe se chargeât de moins d’oxygène pour prendre une proportion relativement considérable de l’acide carbonique plus soluble. C’est là du moins la tendance physique du phénomène ; en d’autres termes, c’est ainsi que les choses se passeraient si l’absorption respiratoire pouvait être simplifiée