DE L OXYDE DE CARBONE
qu’on introduit l’oxyde de carbone par le poumon, il est en contact avec le sang par une vaste surface et le rend rutilant, comme vous le verrez bientôt ; cela n’a plus lieu quand on l’injecte par les artères.
Voici une expérience que nous avons faite et qui s’accorde avec celles de Nysten (1). Nous avons injecté 10 à 12 cent. cub. d’oxyde de carbone dans le cœur droit, et 4 à 5 dans l’aorte sur un chien de moyenne taille. L’animal a poussé des cris, il est resté couché sur le flanc, et a eu des mouvements convulsifs dans les membres inférieurs et dans les muscles abdominaux. Sa respiration est devenue plus lente, sa température était moins élevée, ses fonctions allaient s’abaissant toujours. Au bout de quatre heures de cet état, l’animal fut sacrifié par la section du tube rachidien, et l’on trouva dans le ventricule droit, dans l’oreillette droite, dans la veine azygos et refluant jusque dans les deux veines caves, de grosses bulles du gaz injecté qui se trouvaient en contact avec du sang noir. On avait noté, du reste, que, lors de l’injection de l’oxyde de carbone, le sang veineux n’était pas devenu rutilant, comme nous verrons que cela arrive quand les animaux le respirent. Ce chien, qui était en digestion, avait, à la suite de l’injection, vomi une partie de ses aliments. A l’autopsie, on trouva les chylifères blancs, se vidant difficilement, comme cela a lieu chez les animaux qui meurent lentement. Le foie contenait une grande quantité de sucre; on en trouva aussi dans l’urine:
H) Becherches de jjhysiologie et de chimie pathologiques. Paris, 1811, in-8.
eouaa DE MÉu. — T. I. H
l’animal avait donc été rendu diabétique, fait curieux et que nous aurons à interpréter à nn autre point de vue. Le cœur gauche ne renfermait pas de bulles de gaz ; celui-ci s’arrêtait àl’entrée des capillaires du poumon. Notons enfin, que, pour produire cette mort mécanique, il n’est pas nécessaire d’opérer sur un gaz toxique. On n’a pas recherché s’il y avait de l’air dans les artères, mais il est probable que le gaz injecté dans la crosse de l’aorte était remonté par les artères carotides et vertébrales, et s’était ensuite arrêté dans les capillaires du cerveau : ce gui pourrait expliquer les accidents nerveux quel’animal a éprouvés.
J’ai vu, en effet, dans d’autres circonstances, qu’en injectant de l’air dans les artères carotides du côté de la tête, on pouvait produire des accidents nerveux et même la mort subite par obstruction des capillaires artériels au moyen des bulles de gaz non dissous. Si l’on injectait de l’air dans les artères des autres parties du corps, dans l’artère crurale par exemple, on ne produirait pas la mort, mais seulement une gêne plus ou moins grande dans les fonctions du membre, dont parfois on détermine l’œdème et même la gangrène.
Dans l’absence d’accidents consécutifs à une injection lente dans le système veineux. Nysten voyait une preuve de l’innocuité de l’oxyde de carbone. Vous savez aujourd’hui. Messieurs, comment doit être expliquée cette innocuité, qui tient à ce que le gaz injecté dans les veines avec ménagement pourrait être éliminé lors de son passage dans le poumon.
DE l’oxyde de carbone. 163
Quant à la mort mécanique causée par l’injection brusque d’une certaine quantité de gaz dans le système veineux, le fait est exact. Si l’on ouvre la jugulaire d’un cheval ou d’un chien, et qu’on y introduise de l’air, on entend bientôt un glouglou immédiatement suivi de mouvements convulsifs de peu de durée et de la mort de l’animal. Qu’au lieu d’air on injecte de l’oxygène, de l’azote, de l’hydrogène, les mêmes phénomènes se produisent ; mais on ne les observera pas si l’on injecte dans les mêmes conditions de l’acide carbonique, qui est très-soluble.
Voici un lapin dont nous ouvrons la veine jugulaire dans laquelle nous soufflons de l’air. Vous voyez l’animal se renverser dans un mouvement convulsif et succomber. Comment est-il mort? 11 est mort parce qu’après être passées de la veine jugulaire dans l’oreillette droite, de celle-ci dans le ventricule et du ventricule dans le poumon par l’artère pulmonaire et ses divisions, des bulles d’air nombreuses ont, par leur volume, bouché les capillaires du poumon et arrêté complètement la circulation.
On admettait autrefois, pour expliquer la mort causée par l’introduction de l’air dans le système veineux, qu’en arrivant dans le cœur, où il trouvait une température plus élevée, l’air se dilatait et paralysait l’organe par la distension forcée qu’il lui faisait subir. Cette manière de voir est erronée : l’obstacle est dans le poumon. Le cœur de notre lapin mis à découvert se contracte encore; le ventricule droit jusque dans les veines caves est plein d’une écume sanguine fine et rose. Nous avons vu
toutefois que chez l’animal où nous l’avions injecté dans les veines, l’oxyde de carbone ne s’était pas divisé autant et n’avait pas donné au sang cette couleur vermeille que l’air lui donne ici. Le ventricule gauche est d’un rouge foncé et vide. Si l’injection avait été poussée plus fort, quelques bulles d'air auraient cependant pu y passer. Jamais il n’en passe quand l’air entre dans la veine par la simple aspiration qui se fait au moment de la dilatation de la poitrine dans l’inspiration. Les vaisseaux qui sortent du cœur gauche présentent un sang d’une coloration plus foncée. Nysten avait donc raison de dire qu’injecté brusquement l’oxyde de carbone pouvait être un agent mécanique de mort.
Les choses se passent autrement lorsque l’oxyde de carbone est mêlé aux gaz respirés, comme cela se présente dans les empoisonnements par la vapeur de charbon. Il est alors introduit dans les bronches et mis par une vaste surface en contact avec le sang. Son mélange se trouve alors elfectué dans le poumon. L’oxyde de carbone respiré ainsi est vénéneux même h dose três-faible.
Voici, Messieurs, une cloche de 2 litres 320 de capacité, renfermant de l’air. Nous y faisons passer une quantité d’oxyde de carbone qui représente les 6 centièmes de sa capacité. Après des convulsions qui durent environ trois minutes, vous voyez l’oiseau que nous introduisons sous cette cloche y succomber. Et remarquez bien qu’il n’y est pas mort, comme dans l’acide carbonique, par un obstacle progressif aux actes d’une fonction nécessaire; il a été pris dès le début de con-
DE l’oxyde de carbone. 165
valsions qui constituent un symptôme anormal, une expression pathologique spéciale; tandis que l’asphyxie dans un gaz irrespirable n’offre en général que des signes négatifs.
L’oxyde de carbone est très-peu soluble. L’eau en dissout environ 1/16 de son volume. Voyons s’il est moins ou plus soluble dans le sang.
Voici deux éprouvettes contenant : l’une, 30 centimètres cubes d’oxyde de carbone; l’autre, 30 centimètres cubes d'acide carbonique. Nous allons y faire passer une certaine quantité de sang emprunté à ce chien.
Pour nous procurer le sang, nous avons recours au procédé le plus commode toutes les fois qu’on en veut obtenir une certaine quantité. Ce procédé (6g. 7) consiste à introduire, par la jugulaire ouverte, une sonde c jusque dans l’oreillette droite et à aspirer doucement avec une seringue S' engagée dans l’extrémité de la sonde. La seringue une fois pleine, nous la retirons et nous remplaçons sa canule par un tube de fer recourbé T au moyen duquel, opérant sur le mercure, nous faisons passer facilement le sang dans deslubes gradués qui contiennent le gaz sur lequel on expérimente. Nous faisons ainsi passer 5 centimètres cubes de sang dans chacun des tubes, puis nous agitons pour faciliter le mélange. Vous voyez que le sang devient rutilant au contact de l’oxyde de carbone, comme si c’était de l’oxygène, tandis qu’il noircit en présence de l’acide carbonique. Cette couleur rutilante du sang, remarquable chez l’oiseau qui a succombé tout à l’heure
166 ACTION DE l’oxyde DE CARBONE
dans cette cloche, est un caractère de l’empoisonnement par l’oxyde de carbone. Vous pouvez voir, en effet, en dépouillant cet autre oiseau mort dans l’acide
Fig. 7.
Fig. 7. — Appareil pour recueillir du sang et le mettre en contact avec divers gai sans qu’il ait le contact de t’air.
c, sonde en gomme élastique qui doit être plongée par la veine jugulaire droite jusque dans l’oreillette ou dans le ventricule droit du cœur, en prenant les précautions convenables pour empêcher la pénétration de l’air. Quand la sonde est arrivée dans le < œur, on aspire doucement avec la seringue S' le sang qui pénètre par les ouvertures O, o' puis on ferme le robinet r', on dévisse la seringue et on y ajuste le tube en fer T, qui est plongé sous le mercure m', pour faire passer le sang dans le tube gradué m. On peut du reste mesurer le sang dans la seringue, dont la tige du piston est graduée.
fig. I. — L’appareil est représenté en action ; S, seringue dont la tige du piston est graduée ; — T, tube en fer; — r, robinet ; — m, tube placé sur la cuve à mercure, et préalablement rempli de mercure : — ff, 8»z; — s, sang.
Fig. 2. — S', seringue dont la canule est fixée à une sonde en gomme élastique ; — r', robinet ; — c, sonde j — o, o' ouvertures par lesquelles le sang pénètre dans la sonde et puis dans la seringue.
Fig. 4. — T', tube recourbé et ferséparé de la seringue.
carbonique, le contraste qu’offrent ses chairs noires avec la coloration rutilante de celles de l’oiseau mort dans l’oxyde de carbone. Un oiseau sain, que nous
SUR LE SANG
venons de décapiter et qui a respiré dans l’air atmosphérique, présente des chairs dont la teinte rouge est intermédiaire aux deux précédentes.
Dans les empoisonnements par les gaz, la mort est ordinairement la conséquence de leur absorption par le poumon. Cette voie d’intoxication les distingue des poisons administrés sous forme liquide et qui arrivent à produire leurs effets, par quelque voie qu’on les introduise dans l’économie.
Après un temps suffisant pour que l’absorption ait pu se faire autant que possible, nous voyons que les 5 centimètres cubes de sang introduits dans le tube qui contient l’acide carbonique ont absorbé 5 centimètres cubes de ce gaz, c’est-à-dire un volume égal. Le même volume de sang ne semble pas avoir absorbé une quantité appréciable d’oxyde de carbone. Mais comme le sang pourrait avoir exhalé un autre gaz en quantité égale à celle de l’oxyde de carbone absorbé, il faut faire l’expérience dans d’autres conditions.
Voici les résultats que nous ont donnés des expériences que nous avons faites en nous plaçant dans les conditions indiquées plus loin. Ces expériences portent non-seulement sur l’oxyde de carbone, mais sur d’autres gaz dont il est important aussi de connaître le degré d’absorption.
Nous avons donc institué quelques expériences directes dans le but de déterminer la capacité absorbante du sang pour ces gaz.
Pour cela, 20 centimètres cubes d’un sang qui avait été tiré, à l’aide d’une seringue, de l’oreillette droite
CAPACITÉ d’absorption
d’un chien en digestion, ont été mis en contact avec les différents gaz que nous voulions examiner.
Comme ces gaz n’étaient pas purs, on a pris une certaine quantité de chacun d’eux pour en déterminer d’abord la composition; le résultat de ce premier essai a servi à établir la quantité de gaz étranger qui se trouvait mêlé au volume de gaz en expérience.
Le contact du gaz en expérience avec le sang ayant duré vingt-quatre heures, on en a pris une petite quantité dont on a fait l’analyse. Le résultat de cette seconde analyse a permis d’établir la modification de composition du gaz qui avait passé vingt-quatre heures au contact du sang.
Un nouveau calcul a dû alors être fait pour rectifier les résultats obtenus après le contact du sang, avec les données fournies par le premier essai : ce qui indiquait les conclusions à tirer des résultats de la seconde analyse.
Enfin, en multipliant par 5 chacun des chiffres rectifiés obtenus pour l’absorption et pour l’exhalation gazeuse, nous avons eu, en volume, les quantités des gaz absorbés ou exhalés pour 100 volumes de sang.
Comme nous vous l’avons dit, les gaz en expérience n’étaient pas purs; on s’en est assuré après coup en les traitant successivement par la potasse caustique pour les priver d’acide carbonique et par l’acide pyrogallique pour enlever l’oxygène. On voit dans le tableau suivant les proportions de gaz étrangers qu’ils renfermaient.
DU SANG POUR LES GAZ
Nature et Tolume
< Volume après potasse
Volume , après acide
Gaz étraugers.
du gaz essayé.
causlique.
pyrogallique.
AïOle 2S“,b
oxygène.. 0,5
Hydrogène 23
Oxygène 24,7
azote .... 2
Acide carbonique. 20,4
air 0,2
Oxyde de carbone. 25,4
oxygène . 0,6
Différents volumes des gaz, dont le tableau précédent indique la composition, ont été laissés en contact avec 20 centimètres cubes de sang pendant vingtquatre heures.
La température du mercure était de 11", 5, et la hauteur barométrique, 0“,753.
Au bout de vingt-quatre heures, on a fait l’analyse des gaz qui étaient en contact avec le sang ; en voici les résultats :
Première expérience, avec de V oxygène. — 75 centimètres cubes d’oxygène sont mis en contact avec 20 centimètres cubes de sang.
Au moment du contact avec agitation, le sang devient rutilant. Deux heures après, il est encore rutilant et le volume du gaz n'a pas varié.
Au bout de vingt-quatre heures, le sang est toujours rutilant; la séparation du sérum est bien nette; quant au volume du gaz, il est toujours de 75 centimètres cubes.
L’analyse qu’on en a faite alors a porté sur un volume de 31“,1 , qui, après un traitement par la potasse caustique, est devenu 30", 5, et après l’acide pyrogallique, 2",6.
CAPACITÉ d’absorption
Il y avait donc eu d’exhalé :
Acide carbonique 0,6
Azote 2,6
Mais il faut maintenant tenir compte de ce que l’oxygène employé n’était pas pur. Il conservait de l’azote dans la proportion de 2 centimètres cubes pour 24“, 7, soit 2®%5 pour, 31] centimètres cubes analysés après contact du gaz et du sang; ce qui réduit à 0",1 la proportion d’azote exhalée en réalité.
Les modifications de composition du gaz lorsqu’ou les rapporte, non plus à 31“,1, mais à 75 volumes, deviennent :
Acide carbonique exlialé 1,44
Azote exhalé 0,2C
En retranchant des 75 centimètres cubes de gaz qui restent en présence du sang, les 1“,44 d’acide carbonique et 0",20 d’azote, on trouve que les 20 centimètres cubes de sang ont absorbé 1“,64 d’oxygène.
Rapportant tout à 100 centimètres cubes de sang agités en présence du gaz en expérience, et laissés ensuite au contact pendant vingt-quatre heures, on aurait :
Azote exhalé 1,00
Acide carbonique exhalé 7,20
Oxygène absorbé 8,20
Deuxième expérience, avec f oxyde de carbone. — 35 centimètres cubes d’oxyde de carbone sont agités avec 20 centimètres cubes de sang.
’ Au moment de l’agitation, le sang est devenu ruti-
DU SANG POUR LES GAZ
lant; au bout de deux heures, il l’est toujours, et le volume gazeux n’a pas varié.
Vingt-quatre heures après, le sang est rutilant, le sérum est bien séparé, le volume du gaz est toujours de 35 centimètres cubes. On en prend, pour l’analyse, 30", 1 , qui, traités par la potasse, se réduisent à 29", 5, et, après le contact avec l’acide pyrogallique, deviennent, au bout d’une heure et demie, 28 centimètres cubes.
Les 30", 1 de gaz ont donc abandonné :
Acide carbonique 0,6
Oxygène 1,5
Mais l’oxyde de carbone employé n’était pas pur, il contenait 0",4 d’oxygène pour 23", 4, soit 0", 71 pour les 30", 1 analysés après contact du sang ; ce qui réduit la proportion d’oxygène exhalée à 1",02.
Si l'on rapporte les chiffres trouvés au volume de 35 centimètres cubes, on trouve exhalés :
Acide corbonique 0,691 ,««o
Oxygène 1,19 1 ’
La somme 1",88 de ces volumes représente, puisque le volume total n’a pas changé, le volume de l’oxyde de carbone absorbé par les ‘20 centimètres cubes de sang.
Rapportant tous ces chiffres à 100 centimètres cubes de sang, on trouverait :
Oxygène exhalé 5,95
Acide carbonique exhalé 3,45
Oxyde de carbone absorbé 9,40
On n’a pas tenu compte ici de l’azote exhalé, dont 1 a présence dans le gaz analysé diminuerait, mais dans une faible proportion (voir expérience première), le
17 i CAPACITÉ d’absorption
chiffre 9“,40 de l’oxyde de carbone absorbé. On voit, par ces résultats, que l’oxyde de carbone déplace l’oxygène du sang et produit son exhalation en même temps que celle d’un peu d’acide carbonique.
Les 20 centimètres cubes de sang, mis dans cette expérience en présence de l’oxyde de carbone, ont été conservés au contact d’une petite quantité de ce gaz restant dans la cloche. Le lendemain, on fit passer sous la cloche 36 centimètres cubes d’air, ce qui porta le volume total du gaz à 40 centimètres cubes.
Au bout de vingt-quatre heures, ce volume était toujours de 40 centimètres cubes.
24 centimètres cubes de ce mélange gazeux furent pris et essayés. La potasse caustique les réduisit à 23'%o0, que l’acide pyrogallique fit tomber à 19 centimètres cubes.
Le mélange renfermait donc, pour 24 centimètres
cubes ;
Acide carbonique 0,5
Oxygène 4,5
Or, les 40 centimètres cubes de gaz étaient composés de :
. , (oxvgène.. 7“,524
Air, 36 ccn im. cubes = «or/.-c
’ (azote 28", 476
Plus, gaz resté sous la cloche, 4 centimètres cubes offrant, outre l’oxyde de carbone :
Oxygène 0",20
Acide carbonique 0,079
D’où il suit que 24 volumes de ce gaz contenaient, avant le mélange avec le sang ;
Acide carbonique 0“,047
DU SANG POUR LES GAZ
Après ce mélange, on en trouva 0",o0.
Les 20 centimètres cubes de sang qui étaient restés vingt-quatre heures en présence de l’oxyde de carbone, puis vingt-quatre heures en présence de l’air, ont donc abandonné à ce dernier :
0",500 — 0",047 ou 0",4o3 d’acide carbonique.
Soit, pour 100 volumes de sang, une exhalation de 2", 265 d’acide carbonique.
Pour les mêmes 40 centimètres cubes de gaz, la quantité d’oxygène était, avant la seconde épreuve :
Soit, pour 24 centimètres cubes, 4'%833 d'oxygène.
On en trouva, après la deuxième épreuve, 4", 5.
Or 20 centimètres cubes de sang auraient donc absorbé ;
4« 833 — 4“,S = 0«,333 d’oxygène.
Soit, pour 100 centimètres cubes de sang, T®, 66 d’oxygène absorbé.
Cela prouve que le sang qui a été en contact avec l’oxyde de carbone n’a plus absorbé que 1“,66 d’oxygène ®/„, tandis qu’avant ce contact il en avait absorbé 8", 20 ®/g. L’oxyde de carbone diminue donc considérablement la propriété qu’a le sang d’absorber l’oxygène.
Troisième expérience^ avec T azote. — 41 centimètres cubes d’azote furent mis en contact avec 20 centimètres cubes de sang.
Après agitation, le sang resta noir. Deux heures plus tard, il offrait la même coloration, et le volume du gaz s’était élevé à 43 centimètres cubes.
174 CAPACITÉ d’absorption
Vingt-quatre heures après, le sang était toujours noir, le sérum surnageait. Le volume du gaz était resté 43 centimètres cubes.
On en examina 1 6 centimètres cubes que la potasse caustique réduisit à 15", 7, et l’acide pyrogallique, au bout d'une heure et demie, à 15", 5.
Ce qui accusait dans les 1 6 centimètres cubes de gaz :
Acide carbonique. 0,3 exhalés
Oxygène 0,2 —
Soit pour 43 centimètres cubes :
Acide carbonique 0,8
Oxygène .' 0,5
Mais l’azote employé n’était pas pur : nous avons vu qu’il contenait 0", 5 d’oxygène pour 28", 5, soit pour les 41 centimètres cubes en expérience 0",72. Retranchant celte quantité de l’oxygène exhalé en apparence, il reste :
Loin d’avoir été exhalé, l’oxygène a donc été absorbé en quantité égale à 0",22.
Comme il y a eu, malgré l’apsorption de 0", 22 d’oxygène, une augmentation de volume de 2 centimètres cubes, que ne justifient pas les 0",5 d’acide carbonique exhalé, il faut admettre que l’azote a fourni la différence, soit :
2 centim. cubes — (0,22-}- 0,8) = 1,42.
On aurait donc pour 100 centimètres cubes de sang :
Acide carbonique exhalé 4,00
Azote exhalé 7,10
DU SANG POUR LES GAZ. 173
Le chiffre de l’oxygène absorbé n’aurait ici aucune signification, sa présence était accidentelle, et il se trouvait en trop faible quantité pour qu’on puisse du volume absorbé par 20 centimètres cubes de sang conclure rien qui aide à apprécier les conditions de la solubilité.
Quatrième expérience, avec f hydrogène. — 48 centimètres cubes d’hydrogène sont mis en contact avec 20 centimètres cubes de sang, le sang reste noir. Après deux heures, il n’a pas changé de couleur et le volume du gaz n’a pas changé.
Vingt-quatre heures après, le sang est noir et le sérum mal séparé du caillot. Le volume du gaz est devenu 49 centimètres cubes.
On prend pour l’analyse 33", 6, que la potasse caustique réduit à 32", 9, et que l’acide pyrogallique ne diminue pas.
Le gaz était pur : il y a donc eu 0",7 d’acide carbonique exhalé, soit 1",02 pour les 49 centimètres cubes de gaz existant dans la cloche ; ce qui représente assez exactement l’augmentation de volume observée dans ce gaz. Y a-t-il eu exhalation d’azote et absorption d’hydrogène? C’est ce qui n’a pas été examiné.
Ce chiffre de t",02 représentant l’acide carbonique exhalé par 20 centimètres cubes de sang, on aurait, pour 100 centimètres cubes de sang, exhalation de 5", 10 d’acide carbonique.
Cinquième expérience, avec Facide carbonique. — 33 centimètres cubes d’acide carbonique sont ajoutés
CAPACITÉ d’absorption
à 20 centimètres cubes de sang. On agite, le sang devient noir ; et, deux heures après, le volume du gaz est réduit à 19 centimètres cubes.
Vingt-quatre heures après, le sang est toujours noir et le sérum bien séparé ; le volume du gaz est toujours 19 centimètres cubes.
On analyse 8", 7 de gaz, que la potasse caustique réduit à 0",6, puis l’acide pyrogallique à 0",5.
Ce qui donne pour les 8'% 7 analysés :
Acide carbonique 8,1
Oxygène 0,1
Azote 0,5
On a pour les 19 centimètres cubes qui se trouvent en présence du sang :
Acide carbonique 17,689
Oxygène 0,218
Azote 1,092
C’est-à-dire 1",31 de gaz insoluble dans la potasse.
Or, l’acide carbonique en expérience n’était pas pur, il contenait 0", 2 d’air pour 20% 4, soit 0'’% 3 2 pour les 33 centimètres cubes agités avec le sang.
Les 19 centimètres cubes de gaz qui n’ont pas été absorbés par le sang renfermant 1", 31 de gaz insoluble dans la potasse, on voit que ce gaz a augmenté d’une quantité :
1“,31 — 0",32 = 0“,99j exhalée par le sang.
Les 0'%32 d’air contenus dans le gaz avant l’expérience renfermaient :
Oxygène 0,064
Azote 0,236
DO SANG POUR LES GAZ
Retranchant ces quantités de celles gui se retrouvent dans 1*=°, 31 de gaz non absorbé par la potasse, existant après l’expérience, on trouve : « *
Oxygène, 0,1 b4
Azote 0,736
La quantité d'acide carbonique absorbé s’estimera en tenant compte : rdes 14 centimètres cubes de gaz qui ont disparu pendant le contact avec le sang, 2° des 0'®,890 qu’on obtient en ajoutant les volumes 0®“,154 et 0“, 736 de l’oxygène et de l’azote exhalés. On trouve ainsi que 20 centimètres cubes de sang ont absorbé 14", 890 d’acide carbonique.
Soit, pour 100 centimètres cubes de sang, 74', 45. Le même calcul donnerait pour 100 centimètres cubes de sang une exhalation de : azote, 3", 621, et oxygène, 0",77. Mais lés conditions de l’expérience montrent que ce dernier résultat étendu à 100 centimètres cubes de sang n’a aucune signification et qu’il n’est que la constatation d’un accident expérimental dans des conditions toutes particulières; de telle sorte qu’on peut négliger et regarder comme à peu près nulle l’exhalation d’oxygène.
Nous avons dit, en commençant, qu’au moment où les gaz avaient été mélangés au sang, la hauteur barométrique était 0”, 753, et la température, 11®, 5.
Vingt-quatre heures après, quand on a fait les analyses, la pression était devenue 0“, 744, et la température, 13 degrés.
D’après ce que nous avons dit dans cette leçon, on
CODBS nB h£d. — T. I. 12