TREIZIÈME LEÇON
SOMMAIRE : De la vapeur du charbon. — Diminution de volume d’un milieu conflué vicié par la respiration. — Du rôle de l'acide carbonique ilaua l’asphyxie. — Expériences. — luflueuces réunies de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone.
Messieurs,
Jusqu’ici l’oxyde de carbone et l’acide carbonique ont été envisagés par nous dans les effets qu’ils sont ca* pables de produire en agissant isolément. Aujourd’hui, nous nous plaçons dans les conditions suivant lesquelles se produisent habituellement leurs effets toxiques, et nous étudierons l'empoisonnement par la vapeur de charbon.
La vapeur de charbon est un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone dans lequel entre bien aussi un peu d’hydrogène carboné, mais en proportion si faible qu’on peut n’en pas tenir compte. Ce dernier gaz est d’ailleurs peu vénéneux. Nous serons encore obligés ici de revenir sur une question inséparable de l’empoisonnement par la vapeur de charbon : celle de l’atmosphère limitée qui concourt toujours à déterminer les accidents qu’on remarque chez l’homme et qui, vous le savez, seraient presque toujours conjurés par une ventilation convenable.
Lorsqu’un animal est placé dans une atmosphère limitée, il se passe un phénomène que je n’ai pas vu signalé et qui cependant est extrêmement curieux. Lors-
ACTION d’une atmosphère CONFINÉE. 203
qu’un animal rèspire à l’air libre, il y a sans doute compensation entre les gaz absorbés et les gaz expulsés. L’atmosphère se vicie et se renouvelle en même temps, mais son volume ne change sans doute pas. Dans un air continé les choses ne se passent plus de même, l’atmosphère diminue de volume. Nous allons vous en rendre témoins par une expérience directe, puis nous chercherons à nous expliquer le mécanisme de cette diminution de volume.
Fig. 10.
La platine S, sur laquelle est exactement appliquée cette cloche (fig. 10) est mise en communication par un tube recourbé TT' avec un vase M contenant une liqueur colorée avec de l’encre. L’oiseau que j’introduis sous la cloche échauffe d’abord l’air qu’elle renferme, et vous voyez des bulles sortir du tube et s’é-
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chapper à travers le liquide. Bientôt, lorsque l’acide carbonique augmentera dans le milieu confiné où vit cet oiseau, vous verrez le liquide coloré monter dans le tube en M', ce qui indiquera une diminution du volume gazeux dans lequel vit cet oiseau.
Cet appareil présente quelques inconvénients :
1® L’ascension de l’eau dans le tube pourrait être attribuée à la dissolution de l’acide carbonique ;
2® La chaleur développée par l’arrivée du moineau détermine l’issue d’une certaine quantité de gaz, dont l’absence par suite du refroidissement ultérieur de l’animal pourrait influer sur l’ascension du liquide.
Aussi préférons-nous, pour prévenir ces causes d’erreur, nous servir d’un ballon B (fig. 11) dont le col plonge dans une éprouvette E contenant du mercure. Deux thermomètres, l’un extérieur T', l’autre intérieur T, engagés dans le ballon, permettront de tenir compte des variations de température, et nous verrons que la température intérieure est toujours plus élevée que celle de l’extérieur.
Je tenais à vous signaler cette faculté des animaux en vertu de laquelle ils prennent des gaz à leur milieu et les fixent dans leur organisme. Gela n’a lieu sans doute que lorsque le milieu est confiné.
Un linot est placé sur le mercure dans un ballon contenant 2097 centimètres cubes d’air (fig. U). Le volume du gaz diminue successivement, et après la mort il n’en restait plus que 20 18. Ce qui fait une diminution de 79 centimètres cubes pour le ballon, ou de o'% 77 pour 100 centimètres cubes d’air.