D'ONE ATMOSPHÈRE CONFINÉE
On analysa le gaz restant de la manière suivante : On prit 156 parties de l’air contenu dans le ballon, on l’agita successivement avec de la potasse caustique et de l’acide pyrogallique. Après l’agitation avec la
Fie. U.
potasse, le volume primitif, l56, n’était plus que 139. Après l’agitation avec l’acide pyrogallique, le volume tomba de 139 à 130.
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206 DE l’action de l’acide CAnaONlQUE
Ce qui donnait pour la composition en centième de l’air du ballon après la mort de l’animal :
Acide carbonique 10,89
Oxygène 5,76
Azote par dilTérence 83,35
Gomment expliquerons- nous maintenant celte diminution de l’atmosphère?
Nous devrons revenir avant sur le mécanisme de l’asphyxie produite par l’acide carbonique et rappeler des expériences par lesquelles s’est trouvée confirmée l’explication que nous vous en avions donnée.
Deux cloches d’égale capacité et contenant de l’air plus un quinzième d’acide carbonique pour l’une, de l’air plus un quinzième d’azote pour l’autre, ont reçu chacune un oiseau qui a vicié pendant une heure la composition des milieux confinés qu’elles formaient. Au bout d’une heure, l’air additionné d’acide carbonique contenait 1 4", 5 pour 1 00 d’oxygène, tandis qu’au bout du même temps on n’en trouvait plus que 13 pour 100 dans l’air additionné d’azote.
Sous l’influence d’un excès d’acide carbonique, l’animal avait donc absorbé moins d’oxygène.
D’un autre côté, en mettant le sang en présence d’un mélange d’oxygène et d’acide carbonique, il prenait moins d’oxygène que lorsqu’on le mettait en présence de ce gaz seul. Fallait-il en conclure que l’obstacle apporté par l’acide carbonique tenait à sa grande solubilité, solubilité en vertu de laquelle il se substituerait à l’oxygène?
DANS l’asphyxie.
Non, car on pourrait à cette interprétation objecter que l’acide carbonique injecté dans les veines devrait alors produire la mort, puisqu’on saturant le sang il lui aurait enlevé la faculté d’absorber de l’oxygène.
Or, Messieurs, vous savez que les faits ne sont pas d’accord avec cette vue théorique ; vous avez tous pu constater l’innocuité de l’injection de l’acide carbonique dans l’appareil circulatoire.
Lorsqu’il est dans le sang, l’acide carbonique n’empêche pas ce liquide de se charger d’oxygène, parce que la respiration est un échange et que, pour que cet échange se fasse, il faut que les gaz soient de nature différente. Quand , au lieu d’arriver dans le poumon avec le sang, l’acide carbonique est dans l’air, deux gaz de même nature ou s’en rapprochant sont alors en présence, et l’échange est incomplet, ou même peut n'avoir plus du tout lieu .C’est alors que l’acide carbonique du sang, ne pouvant plus en sortir par échange, s’accumule dans ce liquide. On peut expliquer d’une façon analogue comment, bien que l’azote soit insoluble, le mélange de l’azote à l’oxygène dans l’atmosphère empêche ce dernier gaz de se dissoudre en aussi grande proportion dans le sang où il y a de l’azote.
Quand, au contraire, on place dans un milieu oxygéné un animal dans le tissu cellulaire ou dans le système circulatoire duquel on a injecté de l’acide carbonique, l’échange gazeux qui se fait dans le poumon est activé.
Revenons à l’animal qui vient d’être mis en expérience dans un milieu confiné. 11 prend de l’oxygène
208 EFFETS d’üNE ATMOSPHÈRE CONFINÉE.
et rend de l’acide carbonique. Au bout d’un certain temps, cet acide carbonique qu’il rend par l’expiration devient pour lui une cause d’asphyxie. De sorte que l’acide carbonique s’accumule à la fois et dans l’air et dans son sang. D’où il résulte que l’atmosphère doit nécessairement diminuer par suite de la rétention dans le sang de l’animal, à l’état d’acide carbonique, d’une partie de l’oxygène pris à cette atmosphère.
Nous avons, hier, fait une expérience destinée à vérifier directement ces résultats et à en suivre la marche. Un oiseau fut placé dans une cloche de l‘“,120 de capacité, où il mourut au bout d’une heure quinze minutes. De temps en temps on prenait une petite quantité de cette atmosphère confinée pour en examiner la composition centésimale. Voici dans un tableau l’ensemble des observations recueillies : l’atmosphère était composée :
Acide
Oiygène. carbonique. Axote.
Au bout de 2 minutes par 20,919 0,511 78,59
Vous voyez par ce tableau que l’oxygène a constamment diminué et que l’acide carbonique a augmenté : ce qui n’a rien d’étonnant et pouvait se prévoir. Quant à l’augmentation relative de l’azote, elle prouve qu’il y a eu disparition de l’atmosphère et rétention dans l’animal, soit d’acide carbonique, soit d’oxygène.
Cette diminution de l’oxygène et l’augmentation de l’acide carbonique ne se font pas d’une manière conti-
ATMOSPHÈRE COMPIMÉE. 209
nue. Dans les premiers moments, l’absorption de l’oxygène est peu considérable ; puis , un instant après, lorsque le milieu commence à se charger d’adde carbonique, l’oxygène semble être pris en plus grande quantité, et son absorption diminue lorsque la proportion d’acide carbonique devient un peu notable et que son chiffre dans l’air s’élève de 7 à 9 pour 100.
Cette marche est celle que bous avons déjà observée en mettant, en dehors de l’animal vivant, le sang en contact avec des mélanges en diverses proportions d’oxygène et d’acide carbonique.
Quant à la marche de l’azote, bien qu’elle présente en déBnitive une augmentation sensible, on y trouve dans la quatrième observation une diminution qui reste à expliquer.
Nous vous avons dit que la présence de l’acide carbonique dans le milieu respiré avait pour effet de restreindre la dépense d’oxygène et d’amener un abaissement fonctionnel général qui diminue les exigences de l’organisme. Une expérience assez curieuse est venue nous donner de cette assertion une démonstration satisfaisante.
Nous avions vu qu’un oiseau étant près de succomber dans un milieu confiné chargé d’acide carbonique par sa respiration , on améliorait considérablement son état en faisant passer sons la cloche un peu de potasse caustique.
Dès lors nous avons voulu voir si, mettant deux oiseaux sous des cloches d’^le capacité et ajoutant,
CODRS DE IIÉD. — T. I. H