‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 47 sur 120 · RESPIRATION, COMBUSTION · texte numérisé non relu

RESPIRATION, COMBUSTION

qu’aujourd’hui cette théorie ait été considérablement modifiée pour la mettre d’accord avec les expériences, la science est restée encombrée de tontes les conséquences théoriques qui en avaient été tirées.

Vous avez vu que, lorsqu’un oiseau est près de succomber dans un air vicié par sa respiration, on le rappelle à la vie en absorbant par la potasse l’acide carbonique qui se trouve dans son air. La même chose n’a pas lieu pour une combustion. Ces deux bougies brûlent , depuis un instant , sous des cloches d’égale capacité. Lorsque la combustion commence à diminuer d’intensité et que la flamme pâlit, je fais passer de la potasse sous l’une des cloches, les bougies ne s’en éteignent pas moins toutes deux en même temps.

Aujourd’hui j’appellerai votre attention sur un autre fait assez curieux, en ce qu’il est le point de départ naturel des considérations physiologiques que comporte un genre de mort encore non classé, souvent aperçu, aussi souvent nié, et dont l’existence distincte n’a pas encore été démontrée. Je veux parler de certaines morts rapides, par cessation des fonctions, arrivant sans lésions anatomiques qui les expliquent et présentant des caractères physiologiques bien tranchés, que vous pourrez apprécier tout à l’heure.

. Lorsq’on prive un animal d’oxygène , il meurt. Lorsque cette suppression de l'oxvgène est brusque, soit qu’elle ait lieu après ligature de la trachée, soit qu’elle suive l’immersion dans un milieu d’azote ou d’hydrogène, cette mort est rapide, presque subite;

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ranimai périt comme la chandelle s’éteint. Mais ce qui n’a pas lieu de surprendre pour la chandelle se comprend moins lorsqu’il s’agit d’un être vivant, prenant l’oxygène dans d’autres conditions.

Cette mort, instantanée pour les oiseaux, est plus lente pour les mammifères, plus encore pour les reptiles ; très-difficile à produire chez les insectes, au point qu’on peut garder vivants certains insectes, tels que les blattes, sous la machine pneumatique ou dans un gaz délétère pendant des semaines, après quoi les animaux reviennent lorsqu’on les remet à l’air. Quant à l’homme, il succombe presque instantanément aussi dans un milieu irrespirable. Et cependant sou sang contient encore beaucoup d’oxygène. Magnus a trouvé que le sang artériel pouvait abandonner 10 volumes pour 100 de gaz, et que sur ces 10 volumes il y avait un quart d’oxygène. Le sang veineux lui-même en contient aussi.

En réalité. Messieurs, l’animal ne meurt pas, dans ce cas, comme une flamme, par arrêt de la combustion, par défaut absolu d’oxygène.

Bichat, qui, dans ses Recherches physiologiques, a toujours matérialisé la mort en réduisant les phénomènes vitaux à des propriétés de tissu, a donné des théories de la mort par le cœur, par le poumon, par le cerveau ; mais toujours le point de départ est, pour lui, dans une lésion anatomique persistante des solides ou des liquides ; l’influence délétère qu’il accorde au sang veineux sur le fonctionnement des organes n’est pas autre chose. On peut cependant injecter du sang

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