‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 53 sur 120 · FLÈCHES EMPOISONNÉES · texte numérisé non relu

FLÈCHES EMPOISONNÉES

l’efficacité en les lançant contre un arbre. Si au bout de trois jours l’arbre meurt, le poison est jugé de bonne qualité. Ils se servent ensuite de ces flèches soit pour faire la guerre, soit pour chasser. Les voyageurs rapportent qu’il est mortel dès qu’il s’est

Fie. I8>

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trouvé en contact avec le sang; mais que les chairs des animaux tués de cette manière sont bonnes à manger.

Bartholomeo de Las Casas fait encore mention dans son voyage de différents poisons de flèches dont les naturels se servent. L’un, qui serait moins actif, serait composé avec du sang d’aspic, de la gomme et du suc de mancenillier. Dans une autre préparation, on ajouterait à ces ingrédients^ des têtes de fourmis venimeuses. La cuisson serait confiée aux soins d’une vieille femme. Si celte femme meurt, le poison est jugé de bonne qualité ; si elle ne meurt pas, on la bat de verges.

De la Condamine, qui a répété cette fable, rapporta de Cayenne, vers le milieu du siècle dernier, du curare avec lequel Muschenbroeck, Albinus et Van Swieten firent des expériences sur les animaux.

Bartholomeo ajoute à son récit que les Indiens se servent de ce poison dans leurs combats contre les Castillans, et que, comme on ne connaissait aucun contre-poison, la plupart de ceux-ci mouraient; les survivants traînaient péniblement une existence maladive.

Bancroft, dans &ouHistoire naturelle de la Guyane, donne sur le Woorara des détails plus précis, et présente même quelques-uns de ses caractères chimiques.

Il fait venir ce poison d’une liane nommée nibbees par les Indiens. Bancroft signale encore comme distincts le poison des Ticunas de l’Amazone, confectionné avec .trente espèces diflérentes de racines et

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d’herbes, et celui des Arrowaks, dans lequel on ferait entrer les dents et les foies de serpents veuimeux. Il donne encore la formule suivante d^ Accawaus :

Racine de Woorara 6 parties

Essence de Worba corbacoura 2 —

Écorce de Couranabi )

Racines de Baketi et de Hatchybaly. . . j ^

Ces ingrédients doivent être ratissés, cuits dans l’eau pendant un quart d’heure, et retirés ; puis la décoction évaporée en consistance de goudron qu’on laisse sécher.

Le poison ainsi préparé ressemble à une résine brune. Schreber (1772) donne une préparation tout à fait analogue à cette dernière de Bancroft.

De Paw [Recherches philosophiques sur les Américains, t. II, p. 308) donne le curare comme une liane avec des fleurs avec quatre pétales, d’une couleur jaune pâle, ayant de petites graines en forme de fève et un fruit en forme de poire.

Martius croit pouvoir affirmer que le curare de l’Esméralda sur l’Orénoque, le wurali de Surinam et le urari de Yupurà, ne contiennent qu’un même principe actif, provenant d’une même strychnée. D’après lui, le poison des Tecunas serait, au contraire, préparé avec une ménispermée [Cocculus Âmazonum, M.) qui renfermerait de lapicrotoxine.

Martius rapporte qu’au Brésil on emploie dans quelques hordes le lait de VEuphorbia cotinifolia, ou X'Hura crepitans, ou les fruits astringents du Guateria vene/îciorum. Dans cette préparation, on retrouve, en

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matières animales : de grosses fourmis noires, des dents de serpents venimeux, et la tête de la première grenouille que l’on a entendue chanter le jour de la préparation.

Mais sortons de ces récits, qui appartiennent aux temps fabuleux de l’histoire du curare, et arrivons aux assertions et aux opinions qui se rapprochent davantage de nous.

' Pendant un voyage qu’il fit en Amérique de 1799 à 1804, M. de Humboldt a vu, à l’Esméralda, fabriquer le curare. Ce jour-Ià, les sauvages vont chercher la liane du venin, le bejuco de mavacure ; après quoi, ils font fête et s’enivrent ; alors le maître du curare se retire seul, broie les lianes, en fait cuire le suc jusqu’à ce qu’il lui ait donné une concentration dont le degré s’apprécie en goûtant la substance et se guidant sur son amertume.

Quoique les faisceaux de bejuco qu’a vus M. de Humboldt fussent entièrement dépourvus de feuilles, il ne doute pas qu’ils provenaient d’une strychnée trèsvoisine du Hou hamon d’.\ublet.

Le suc le plus concentré du bejuco de mavacure n’étant pas assez épais pour s’attacher aux flèches, on verse dans l’infusion concentrée un autre suc végétal, extrêmement gluant, tiré d’un arbre à larges feuilles appelé Kiracaguero. Au moment où le suc gluant du Kiracaguero est versé dans la liqueur vénéneuse bien concentrée et tenue en ébullition, celle-ci se noircit et se coagule en une masse de goudron ou d’un sirop épais ; c’est là le curare du commerce.

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Nous verrons tout ài l’heure: qoe certains points des récits des autres voyageurs porteraient à croiroique M. de Humboldt n’a pas assisté à toute la préparation.

Richard' Schotnburgk, qui a aussi assisté à cette préparation, signale, comme fournissant la partie active du poison, l’écorce et l’aubier du Strychnos toxifera (1). 11 n’y fait, comme M. de Humboldt, entrer que des substances végétales.

Ch. Watterton, qui fit, en 1812, un voyage dans les contrées de Démérary et d’Essèquibo, fait entrer dans cette préparation, outre le woirrali, des fourmis de deux espèces et des crochets broyés des serpents labarri et connaconchi. * ‘

11 est entré, sur les propriétés du curare, dans des détails pleins d’intérêt, et son travail', qui résume tout ce qu’on savait de ce poison à une époque encore peu

(1) Voict la deaeription qu’en donne le docteur KIoUsch (Dictionn. encyclopéd. des sciences médicales, Berlin, 1847) :

Strychnos tnxifera, Schomburgk.

Pedicelli pilosi, uni-bracteati, bracteii alternis. Calyx 5-partitus ; lacl- I niis lanceolato-linearibns, pilla Oavo-faaceacentibus, aubuialia, iongis aeptatia.

Corolla hypocraterimorpha, extua pilla longia patentibus obaita, apice attenuata, intna glabra ; limbus quibquelobua patent ; laciniis oblongia, obtusia, baai niveo-lanatia, veraua apicem albido pubeacentibus, pertortione ad longitudinem tubi brevibua. Antberæ oblongæ bilocularea, aeaailea, exaerts rimia longitudlnalibua dehiacentes in fauci. Orarium glabrum oblongum , auperne attenuatum, In atylo aubuiato continuum biloculare : loculia multiovulatia. Ramia acandentibus cirrhisque pilia longia, patentibua, rufla, dense obtecUa ; foliia aeaailibua, orali-oblongia acuminatia membranaceia trinerviis, utrinque pilla longia, ruQs, hirantia ; fructlbua maximia globuioala. Folia 3>4 pollicaria.

CVRARE.

éloignée de noos, nous fournira d’utiles renseigne- ments, quand nous serons arrivés à l'histoire physiologique de ce poison.

Le capitaine anglais Clapperton, voyageant dans l’Âfrique centrale, parle de flèches empoisonnées dont les naturels se serviraient pour la chasse, et qui seraient chargées d’un poison assez subtil pour qu’une seule suffit à tuer un éléphant. On lui montra comme donnant ce poison un arbuste nommé kongkonie, des graines duquel on l’extrairait.

C’est un végétal parasite de la grosseur de la cuisse d’un homme à sa racine. 11 se divise bientôt en plusieurs tiges, qui grimpent le long de l’arbre au pied duquel il croit, en s’entrelaçant autour de son tronc et de ses branches. L’écorce des jeunes pousses est de la couleur de celle du noisetier ; la plus foncée, celle du tronc et des vieilles branches, est unie et blanchâtre comme celle du frêne. La fleur a cinq pétales, qui vont se terminant en une pointe d’où pend un prolongement long d’environ deux pouces ; elles sont à peu près de la dimension de nos primevères, mais d’un jaune plus foncé. Les feuilles sont rudes et renflées; il en transsude une résine qui s’attache aux doigts.

Les semences, entourées d’une substance soyeuse, sont contenues dans une longue capsule; elles sont petites comme celles du chènevis. La capsule qui renferme les graines a à peu près un pied et demi de longueur et d’un pouce et demi à deux pouces de circonférence dans l’endroit le plus gros.

On fait bouillir les graines jusqu’à consistance de

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pâte épaisse avant d’en enduire les flèches. Ces graines passent pour un poison mortel lorsqu’elles sont introduites dans l’estomac. Bien qu'il se soit procuré du poison, le capitaine Clapperton n’ajoute rien, dans son récit, à ce que nous venons de rapporter, et que lui-même donne pour l’avoir entendu dire.

D’après MM. Boussingault et Boulin,, le curare ne devrait ses propriétés actives qu’au suc d’une liane.

En 1844, une note fournie à M. Pelouze par M. Goudot, qui avait pendant dix ans habité le Brésil, indique la liane comme fournissant seulement un excipient dans lequel on introduirait du venin de serpent. Voici, du reste, le texte de cette note :

« Ce poison est préparé par quelques-unes des tribus les plus reculées qui habitent les forêts qui bordent le haut Orénoque, le Rio-Negro et l’Amazone, et qui, toutes ou presque toutes, sont anthropophages. » Après quelques détails sur le commerce dont il est l’objet, M. Goudot continue :

« La manière de préparer le curare varie dans chacune des tribus où il se fabrique, et celui qui est réputé le plus actif vient des nations voisines de l’empire du Brésil.

« Le procédé employé par les Indiens de Mesaya, qui ne sont éloignés que de vingt journées de la frontière de la Nouvelle-Grenade, est le seul à peu près connu, et encore ne l’est-il que très-imparfaitement, car ces Indiens en font un grand secret, et il n’y a que leurs devins qui aient l’art de le préparer.

CDRARE.

(( Ces homnies, qui sont en même temps les prêtres et les médecins ou guérisseurs de sorts, emploient, pour la préparation du poison, une liane nommée ct«ran, d'où le nom de curare donné au poison. <Cet^ liane, coupée en tronçons et broyée, donne un suc laiteux abondant et très-âcre. Les tronçons écrasés sont mis en macération dans de l’eau pendant quarante-huit heures; puis on exprime et on filtre soigneusement le liquide, qui est soumis à une lente éTaporation jusqu’à concentration convenable. 'Alors on le répartit dans plusieurs petits vases de terre, qui sont eux-mêmes placés sur des cendres chaudes, >ct l’évaporation se continue 'avec plus de soin encore.'» Voici un des petits pots dans lesquels s’opère cette concentration (fig. f 7), et dans lequelnousavonsreçulecurare.

« Lorsque le poison est arrivé à la consistance d’extrait mou, continue M. Goudot,on y Fie. 17. laisse tomber quelques gouttes

de venin recueilli dans les vésicules des serpents les plus venimeux, et l’opération se trouve achevée lorsque l’extrait est parfaitement sec. • ■ . (

« Dans cet état, et préservé du contact de l’air humide, le curare peut se conserver, à ce qu’assurent les Indiens, pendant un temps indéfini. ' '■ iiip

« Le curare que j’ai apporté en France, dit M. Goudot, a été acheté par moi chez les Indiens Andaquies, la nation la plus rapprochée de la frontière, dans le mois d’août 1842. J’ignore depuis combien de temps il était

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préparé; car ce poison se passe de tribu en tribu jusqu’à la frontière, sans que l’on puisse connaître ni son origine ni la date de sa fabrication.

« J’ai fait dissoudre, dans quelques gouttes d’eau distillée, de petites quantités de ce poison ; et, à l’aide d’un pinceau, j’ai enduit d’une légère couche d’extrait l’extrémité de flèches en palmier guajo que j’ai eu l’honneur de remettre à M. Pelouze. »

Des expériences faites sur divers animaux m’ont donné les résultats suivants :

(I Un canard, dont la cuisse a été percée par une flèche, est mort au bout de quatre minutes,

« Une poule, piquée de la même manière, a succombé dans le même temps.

« Un vieux coq a résisté à l’action du poison pendant plus longtemps, et n’est mort qu’après dix minutes. Cet animal n’a présenté à l’autopsie aucune lésion qui pût être attribuée à l’action du poison.

« Ayant frappé au moyen d’une sarbacane, qui est l’arme appropriée à l’usage de ces flèches, un gallinazo (Vuliur andinensis) , cet animal a succombé après trois minutes et demie.

« La mort, chez tous ces animaux, paraissait arriver sans convulsions, sans secousses ; ils s’affaissaient sur eux-mêmes et éprouvaient, avant d’expirer, quelques vomissements.

« Des chasseurs d’ours m’ont dit avoir été dans l’obligation de lancer jusqu’à douze, quinze et dix-huit flèches dans le corps de ces animaux pour en venir à bout.

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a Le curare a une saveur amère très- prononcée, mais qui n’est pas désagréable. Les Indiens l’emploient comme tonique dans certaines aCTections de l’estomac; mais son emploi deviendi-ait mortel dans le cas d’ulcérations de la bouche. •>

Dans les expériences de M. Goudot, nous retrouvons notée cette absence de convulsions dont vous avez pu être témoins ; quant aux vomissements, dans de nombreuses expériences sur des pigeons, des lapins, des chiens, je ne les ai jamais observés.

Enfin, voici ce que l’on trouve à ce sujet dans la Relation d'une expédition dans les parties centrales de r Amérique du Sud, faite de 1843 à 1847, sous la direction de M. F. de Castelnau :

« Un dimanche, nous allâmes visiter le village

d’Ambyaca (Amazone)

« Après avoir remonté le Maranon pendant une demi -heure, nous entrâmes dans l’Ambyaca, dont le nom veut dire Rivière du Venin. Nous débarquâmes

près de son embouchure

« Ce fut avec grand plaisir que je trouvai, dans une maison, plusieurs Indiens occupés à préparer le venin qui leur sert pour la chasse. Ils ne parurent mettre aucun mystère à leur préparation. Ils avaient fait cuire pendant vingt-quatre heures, dans une grande chaudière, les tronçons d’une liane ; puis ils ajoutèrent, devant nous, une matière ayant l’apparence de la mousse, mais que nous sûmes provenir d’une autre liane qu’ils avaient râpée. Ce mélange devait encore bouillir pendant le même laps de temps pour prendre

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la consistance de la glu. On peut avaler impunément de petites portions de ce venin; mais, bu à de grandes doses, il tue instantanément. Les exhalaisons qui s’en échappent ne sont pas dangereuses. »

Les lianes du venin seraient appelées, d’après M. de Castelnau, j9ûm et ramon.

« La première, qui se reconnaît à ses grandes feuilles, fleurit en septembre, et donne des graines en décembre. Le ramon fleurit en janvier; sa feuille est beaucoup plus petite que celle du pani. On enlève de sa tige la première écorce, puis on la râpe avec soin, et l’on obtient le produit à apparence de mousse dont j’ai déjà parlé en traitant des Oregones. Le pani est plus commun dans le pays de ces derniers que le ramon, ce qui fait qu’ils en mettent une plus grande proportion dans leur venin que les Yaguas. Depuis notre retour, M. le docteur Weddel a étudié ces deux plantes. La première appartient au genre Cocculus {C. toxicoferus, Wedd.) (1), et la seconde forme une

(1) Cocculus toxicoferus, Wedd. nws.

C. trunco tcandeiUe admodum complanato, caulem fasciatum mentieote; corUce tenulsaimo, kevigata aut parce rugoso, trumœo fuecescente lichenumTe quoruDdam thallls grUeis rariegato ; ramulls cylindraceis striatis glabris. Folia (junioris plantæ) palmaria, orata, baei acutluBcula subpeltata, apice abrupte anguitlsslmeque acuminata ; 3*5 nerria ; nervis marginallbus dimidiam folil longltudinem vix attingentibus, venis secundarlis 3-S, versus limbi apicem cum primarlis costaque arcuaUm anastomosaulibus, tertiarils exilibus parallèle transversis ; utrinque glaberrlma, pagina superiori niUdiuacula læte vlrentl, inferlori glauca ; 'peUolo longissimo iimbum subæquante. — Flores

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espèce nouvelle dans le genre Strychnos {S. Caslelnœana, Wedd.) (1).

Tels sont, Messieurs, les renseignements que l’on possède sur l’origine et la nature du curare. En mettant de côté le merveilleux dont ils sont ornés, on se trouve conduit à se demander si le principe actif du curare est d’origine végétale ou animale. D’une part, les voyageurs semblent le regarder comme provenant surtout de sucs végétaux ; d’un autre côté, son action dans une plaie, son innocuité lorsqu’il est ingéré dans l’estomac, ont dû le faire rapprocher des seuls poisons connus qui offrent ce caractère, des venins.

En présence de cette difficulté, il n’y a qu’un moyen déjuger la question : ce serait qu’on se procurât de la liane qu’on suppose fournir le curare; traitant ensuite cette liane pour en obtenir un extrait, on verrait s’il présente les propriétés bien nettes et bien tranchées du poison.

Or, voici un petit paquet de sarments d’une liane.

(I) Strychnos Ca^telnæana, Wedd. mss.

S. caule scandente elato ; ramuUs elongatis, roliiferia atriatis denae ferruglneo demum glabria, cirrhia nullia. — Folia elllptico*oblonga, palmaria, acnminata, membranacea, niUdula puberulave, quinquenervia ; nerria aopra pubescentibua impressia, aubtas ferragineo-piloaia marginalibua exilioribua, Ténia aecundariis cum longitodinalibua transverae anastomosantibns rete elegans Qngentibus, folia floralia poliicaria bracteiforinia, baai incraasata, articulata. — Flores in ramulia annuia denaiaaime fernigineo-tomentoaia, corymbo-cymoai (cyma Tix bipollicari), bracteia llnearibua ramuliaque tomentoaià calice bracteia nonnullla involucrato, lobia obtuaia ; corolla inconsplcua' breviter infundibuliformla, fauce nuda, lacinlia apice baibulalia baaique antherarum. — Fructu

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que je dois à 'l’obligeance de M. Weddell. Nous la traiterons pour en obtenir l’extrait, et nous verrons si cet extrait constitue un poison végétal qu’on puisse avaler, impunément. Le fait, s’il se présentait, serait fort curieux ; mais, de ce qu’il ne se produirait pas, on ne serait pas en droit de conclure à la non-existence de venins végétaux, c’est-à-dire de matières végétales pouvant être avalées impunément, tandis que dans une plaie elles seraient très-vénéneuses.

11 est d’ailleurs probable qn’il y a plusieurs espèce de curare. Je tiens de M. Roulin qu’à certaines époques de l’année, les Indiens vont à la chasse aux crapauds. Ils sont armés de longues brochettes, avec lesquelles ils transpercent les crapauds à mesure qu’ils les rencontrent. Ils en chargent quelquefois ainsi plusieurs brochettes. Quand la chasse est finie, ils exposent celles-ci autour d’un feu qui ne doit pas rôtir les crapauds, mais déterminer seulement une excitation, sous l’influence de laquelle la peau sécrète une humeur qu’on ramasse avec de petits couteaux de bois et qui se conserve dans de petits pots.

Les dards qu’on veut empoisonner sont alors trempés dans ce jus de crapaud et mis à sécher au soleil, en fixant leur extrémité non effilée dans des boulettes de terre glaise.

Ce venin de crapaud a les mêmes propriétés que le curare ordinaire. M. Roulin dit que les Indiens se servent de flèches ainsi préparées pour tuer des singes, dont ils sont très-friands, et qu’ils mangent ensuite sans inconvénient.

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Tous ces renseignements, vous le voyez, ne jettent pas beaucoup de jour sur la question la plus intéressante ; ce qui tient surtout à ce qu’on n’a pu se la poser qu’aprës s’être fait une opinion quelconque sur la nature et les propriétés du curare.

C’est donc uniquement par l’étude des propriétés) physiologiques du curare que nous pouvons espérer d’arriver à des notions un peu arrêtées sur sa nature. Mais, avant d’examiner ses propriétés physiologiques,' nous devons nous arrêter sur les caractères chimiques qui lui ont été assignés par divers expérimentateurs.

Il est une opinion qui, toutefois, nous semble difficile à adopter à priori, c’est celle qui regarde le principe actif du curare comme fourni par une strychnée: Vous connaissez tous les effets de la strychnine, et ne lui comparerez pas un poison qui tue sans convulsions et qui peut être impunément ingéré dans l’estomac.

Plusieurs analyses chimiques du curare ont été faites. Nous vous en donnerons les principaux résultats' dans la prochaine leçon.

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