‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 79 sur 120 · EMPOISONNEMENT · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT

animaux vertébrés. 11 n’en a rien été en apparence.

Ici vient naturellement se poser une question, sur laquelle on doit s’arrêter quand on étudie les effets de la strychnine : Pourquoi ce poison cause-t-il la mort, par quel mécanisme la produit-il ? Bien qu’on ait prétendu que la strychnine, en provoquant le tétanos, amenait l’asphyxie par immobilisation des muscles du thorax, la question que nous venons de nous poser subsiste tout entière. L’explication que je viens de vous signaler repose toutefois sur ce fait que, chez les mammifères, si l’on examine les vaisseaux d’un animal dans les convulsions de la strychnine, le sang artériel apparaît noir, quelques signes d’asphyxie se montrent d’ailleurs.

Cependant, ce n’est pas l’asphyxie qui lue, comme on peut le voir par les animaux qui peuvent vivre longtemps sans respirer. Bien que les grenouilles puissent respirer par la peau, il est évident que celles auxquelles on a enlevé le poumon se trouvent dans des conditions extrêmement propres à les asphyxier promptement. Or, bien que dans cette circonstance elles puissent vivre encore pendant plusieurs jours, on les voit succomber en quelques minutes à l’action de la strychnine.

La sangsue que nous avons empoisonnée avec la strychnine est immobile comme celle qui l’a été avec le curare; comme cette dernière, elle est encore contractile, mais elle le sera moins longtemps.

Voici maintenant trois écrevisses empoisonnées aussi comparativement avec le curare, la strychnine, le

d’animaux vertébrés.

sulfocyanure de poliKsium, Celle empoisonnée avec le sulfocyanure est parfaitement morte ; bien que les doses de curare et de strychnine employées fussent assez fortes, les deux autres vivent encore.

La strychnine n’a encore rien offert d’analogue aux convulsions des animaux qui ont une moelle épinière. 11 est probable que l’absence dé cet axe central est pour quelque chose dans la différence de symptômes observés. On avait bien remarqué, tout à l’heure, des mouvements des fausses pattes qui ressemblaient à des convulsions, mais on les rencontre maintenant chez celle qui a été empoisonnée par le curare.

Quant à celle qui a péri par le sulfocyanure, nous découvrons chez elle les faisceaux musculaires de la queue ; l’irritation mécanique n’y produit aucun mouvement, l’excitation galvanique non plus. Les muscles ont donc perdu la propriété de se contracter.

Des trois substances toxiques dont nous venons de comparer les actions, la plus funeste est sans contredit le sulfocyanure de potassium. Nous l’avons vu foudroyer les animaux vertébrés par un subit arrêt du cœur et plus tard de tous les muscles ; les accidents sont définitifs et sans remède. La fibre musculaire, qu’elle appartienne au système de la vie organique ou à celui de la vie animale, est détruite dans ces fonctions chez les invertébrés comme chez les vertébrés. La fibre musculaire est donc un élément anatomique qui jouit dans tous ces êtres de propriétés identiques, capables de le caractériser physiologiquement.

Le curare, au contraire, a sur le système nerveux

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