‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 82 sur 120 · ACTION DES POISONS · texte numérisé non relu

ACTION DES POISONS

gines du pneumogastrique n’arrête plus du tout les mouvements du cœur.

Une dernière influence à considérer est celle que le curare pourrait exercer sur la température animale. Dans certains empoisonnements (par l’oxyde de carbone, l’acide cyanhydrique, etc.), la température baisse. Nous allons examiner s’il en est de même quand on opère avec le curare; mais si l’on devait à priori se prononcer sur le résultat de l’expérience, je pense qu’il ne faudrait pas s’attendre à un abaissement de température semblable. Ces abaissements, en effet, coïncident d’habitude avec les grands troubles de la circulation ; fonction que le curare n’attaque pas du tout.

Voici un lapin que nous allons empoisonner en lui injectant du curare sous la peau. Immédiatement après l’injection, alors que l’animal n’éprouve pas encore les effets du poison, un thermomètre introduit dans son rectum indique une température de 38®, 4. Dix minutes plus lard, l’animal étant mort depuis quelques instants, la température du rectum n’a pas changé, elle est toujours de 38®, 4.

J’ouvre maintenant l’animal : vous voyez le cœur battre avec force et régularité; ses mouvements sont mieux conservés que chez un animal sain qu’on aurait sacrifié autrement , parce que dans ce dernier cas l’opération eût amené des troubles nerveux qui auraient arrêté le cœur. Les intestins répandus sur la table sont le siège d’un mouvement de reptation , qui n’est autre le mouvement épistaltique.

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