‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 86 sur 120 · ASPHYXIE PAR LG CDRABB · texte numérisé non relu

ASPHYXIE PAR LG CDRABB

loin en: loin un peu: d'air dans les poumons, à l’aide d’un tube introduit dans la glotte.

- L’examen analytique de la paralysie que détermine le curare nous a conduit, comme vous le savez, à étudier les effets d’une autre substance, le sulfocyanure de potassium, qui fait cesser les propriétés du système musculaire. Le parallèle .de ce poison et du curare méritait d’être fait.

Tous deux conduisent à un même symptôme apparent : la paralysie du mouvement. Toutefois le pronostic est bien différent dans les deux cas, et, tandis que l’animal empoisonné par le curare peut être rappelé à la vie à l’aide de la respiration artificielle, il n’en est pas de même de celui qui a été empoisonné par le sulfocyanure de potassium. Ici l'altération a porté sur le système musculaire et par conséquent sur le cœur, dont la cessation de fonction amène rapidement une mort déiioitive et sans appel.

Des deux grands actes organiques de la circulation et de la respiration, le premier est anéanti par le sulfocyanui-e de potassium, le second par le curare. Or la circulation est, de ces deux fonctions, la plus importante, si on la considère au point de vue de la rapidité de son action sur les centres. Dans le cas où la circulation s’arrête, on peut dire encore que l’animal est mort asphyxié : pour Bichal, il est mort par le cœur. Enfin le curare atteint le système nerveux moteur : c’est par là qu’il arrête les mouvements respiratoires ; le sulfocyanure de potassium détruit le système musculaire : c’est ainsi qu’il arrête le cœur. Vous pouvez, Mes-

ACTION Dü SULFOCYANÜRE DE POTASSIUM. 385

sieurs, voir par là le côté faible de la théorie de Bichat : car les poisons portent leur action sur des systèmes et non sur des organes.

Passant aux effets médicamenteux, nous aurions vu seulement, dans le symptôme convulsion du tétanos, l’indication du curare.

Si nous voulions assigner une action médicamenteuse au sulfocyanure de potassium, ce serait dans les cas où les propriétés du système musculaire sont exagérées. On pourrait, par exemple, s’en servir pour diminuer l’énergie des contractions du cœur. Mais, lorsqu’on passe des vues théoriques à l’appréciation de la signification fonctionnelle d’un état pathologique, il y a toujours des distinctions à établir. Ainsi, dans le cas qui nous occupe, l’exagération des battements du cœur détermine un état anormal tantôt par l’augmentation de leur nombre, tantôt par leur énergie plus considérable. Je ne sais si le sulfocyanure agirait pour diminuer sa force d’impulsion ou le nombre de ses battements. C’est une question qu’il faudrait vider expérimentalement après avoir cherché, par les tâtonnements nécessaires dans ces sortes de recherches, à se faire une idée un peu précise des doses et des conditions d’administration dans lesquelles cette substance peut être employée pour produire une simple perturbation, morbide ou thérapeutique. 11 faudrait aussi, avant tout, examiner si l’action du sulfocyanure n’est pas une action locale sur les muscles ; car nous avons déjà dit que la substance ingérée dans l’estomac n’a pas d’une manière appréciable produit les mêmes effets.

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