‹ Leçons sur les hémorrhoïdesChapitre 6 sur 15 · Y. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

Y. — TRAITEMENT

1° Pour les hémorrhoïdes flasques, molles et indolentes^ il n'y a absolument rien à faire.

2" Pour celles qui sont lég'èrement turgescentes, sans douleur, avec un peu de tuméfaction, rien à faire encore que quelques applications froides.

3° Quand les hémorrhoïdes externes sont passées à cet état de turg'escence qu'on peut attribuer à l'inflammation aig-uë, le repos, l'application de

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ling^es mouiJlés d'eau IVoide, les calaplasnies do fécule froids, les bains de siég'C frais ou Lièdes^ les sangvsiies, lorsque le sujet est fort, sont les moyens qu'il convient d'employer; on y ajoale des laxatifs donnés tous les jours pour faciliter les? g-arde-robes, à moins que les évacuations, môme avec les laxatifs, n'aug-mentent trop la douleur et n'amènent une contraction spasmodique de l'anus, auquel cas il faut se contenter d'un purg-itif tous les quatre ou cinq jours. On a conseillé encore diverses pommades, telles que le cold-cream, le beurre de cacao, le mélang-e d'axong^e et d'extrait de ratanhia dans la proportion de 4 g-rammes pour 30. Tous ces moyens amènent un certain soulag'cment, sans doute à cause de la réfrig'ération momentanée de la rég-ion malade.

Lorsque l'inflammation est excessivement douloureuse, soit à cause de l'excès de distension des hémori-boïdes, soit parce que le sujet est prédisposé à la douleur par un état particulier de son système nerveux, ne peut-on pas essayer de calmer la souffrance et de bâter la terminaison de la crise inflammatc>ire par une ou deux ponctions sur cl lacune des hémorrboïdes? Je n'y verrais pas d'inconvénients, attendu que cette petite opération est sansdang'er; quand on la pratique, en effet, l'instrument entame bien le tissu cellulaire, ninis il n'intéresse pas g-ravement les veines qui sont ou

«jO leçons sur les hémorrhoïdes.

placées trop profondément pour être atteintes, ou assez oblitérées cléjù par les caillots sang-uins pour qu'on n'ait pas à craindre l'infection purulente. Le malade n'est donc pas exposé, comme cela a lieu quand on opère des hémorrhoïdes internes, aux accidents de la phlébite suppurée.

Je n'ai cependant pas jusqu'à présent fait cette petite opération, bien qu'elle soit indiquée dans plusieurs auteurs et préconisée dans l'ouvrag'e récent de M. Curling'; c'est parce que les malades auxquels j'ai eu affaire ne souffrant pas démesurément, il n'y avait pas lieu d'essayer ce moyen, et parce qu'il m'a semblé, d'autre part, que la résolution ne devait pas être beaucoup plus rapide après la ponction que sans elle.

Ne pourrait-on pas, pour les cas de ce g-enre, exciser les hémorrhoïdes avec les ciseaux? S'il n'y en avait qu'une, je n'y verrais pas encore gTand inconvénient, attendu que cette excision porterait sur la peau et le tissu cellulaire, très-peu sur les veines béantes, pour les raisons que j'indiquais tout àl'heure ; cependant, comme il est certain qu'à part une récidive possible mais douteuse de la crise inflammatoire, le malade ne conservera ultérieurement aucun inconvénient du séjour de la tumeur, je trouve plus sag-e d'abandonner l'hémorrhoïde à elle-même que de l'enlever ; à plus forte raison, devrait-on s'abstenir si, les hémorrhoïdes

DES HKMORRHOÏDES EXTERNES. 'j?

(Hant multiples, on était exposé par leur ablation aux suites possibles d'une plaie un peu étendue.

■4° Si l'on se trouvait en présence d'une turg'es^ cence avec rupture spontanée, comme j'en ai sig'nalé deux cas à la pag^e 43, le mieux serait encore de s'en tenir aux réfrig-érants et au repos. Si la rupture se cicatrisait, et que le travail de résorption poursuivît son cours, il n'y aurait rien de plus à faire. Si par hasard la suppuration arrivait, l'incision cruciale ou l'excision des parois de la poche devrait être pratiquée.

5" Que si l'hémorrhoïde externe était indurée, si elle occasionnait des souffrances ou seulement de la g-êne, par suite d'un érythème habituel ou récidivant, si surtout elle était le siég-e d'une érosion douloureuse pendant et après la défécation, il y aurait lieu de pratiquer l'ablation, et on la ferait avec d'autant plus de sécurité que, dans cette variété d'hémorrhoïdes, les veines ont tout à fait disparu, et la phlébite n'est nullement à craindre.

J'ai fait deux fois cette opération, la dernière fois en particulier sur une femme enceinte qui avait une hémorrhoïde indurée des plus douloureuses. La petite plaie s'est cicatrisée très-rapidement, et les malades ont bientôt retrouvé la santé.

L'exécution est des plus simples. Le patient étant couclié sur le dos, les jambes fléchies sur les cuisses et les cuisses sur le bassin, comme pour

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ropéralion de la Laillo, ou bien étant couché sur le côté comme pour celle de la fistule h l'anus, on saisitchacune des liémorrhoïdes, le plus près possible de sa base, avec une pince à g-riffes, on l'attire doucement afin de la tendre, et, avec des ciseaux courbes, on l'excise juste au niveau de l'implantation. Pour le pansement, on met un peu de charpie mouillée d'eau froide que le malade renouvelle deux ou trois fois dans la journée.

fi" Si, enfin, on avait affaire à une de ces petites hémorrhoïdes muqueuses qui ressemblent sous certains rapports aux hémorrhoïdes internes, s'il y avait saig-nement, douleur surtout, je proposerais de la traiter comme je traite les hémorrhoïdes internes , c'est-à-dire par la cautérisation avec un pinceau trempé dans l'acide azotique monohvdraté, ou, à défaut de ce dernier, dans du nitrate acide de mercure. Cette cautérisation, qui a pour effet de détruire la surface excoriée et avec elle la source des hémorrhag-ies, est suivie d'une o'uérison prompte et facile. En pareil cas , on doit s'abstenir d'excision, car l'hémorrhoïde étant plus vasculaire que celluleuse, il pourrait survenir une hémorrhagie ou nne phlébite, accidents à l'abri desquels on est mis par la cautérisation.

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