CHAPITRE V
HERNIES OBTURATRICES.
On désigne sous le nom de hernie obturatrice^ ou bien encore de hernie sous-pubienne, le déplacement des viscères abdominaux à travers le canal qui livre passage aux vaisseaux et nerfs obturateurs.
Cette affection paraît avoir été décrite, pour la première fois d'une manière complète, par Garangeot [Mémoires de l'Académie de c/ururr/ie^ t. I", p. 099,
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Paris, 1787). M. Vinson, sous l'impulsion de M. Rayer, a, en \Sl\l\, soutenu sur ce sujet une thèse remarquable {De la hernie sous- pub ienne^ Paris, 1844). Nous emprunterons à ce travail les quelques indications que nous allons donner ici.
L'atrophie du tissu cellulaire qui enveloppe les vaisseaux et le nerf obturateurs, paraît jouer, selon M. Vinson, un rôle important dans la formation du sac herniaire. Cet amaigrissement, qui s'observe chez les vieillards, explique comment chez eux, sous l'influence des efforts répétés de toux, de miction, le péritoine s'engage ('ans le canal sous-pubien, et forme une sorte d'infundibulum, qu'on peut observer sans que nécessairement il renferme des viscères abdominaux. Cet infundibulum, qui forme le sac herniaire, présente des dimensions fort variables. Quelquefois il permet à peine l'introduction du petit doigt, tandis que chez un m.alade cité par Garengeot il avait 10 à 15 centimètres de longueur, et présentait une largeur notable.
Le collet du sac est en rapport, en haut et en dehors, avec la gouttière sous-pubienne revêtue de son périoste, en bas avec l'arcade fibreuse, commune au fascia pelvis et à la membrane obturatrice. Le collet du sac présente des rapports variables avec les vaisseaux obturateurs. M. Vinson a noté dans quinze cas la situation de l'artère obturatrice; dans six l'artère était située en dehors du collet, dans six en dedans; trois fois l'artère élait en arrière du sac. Cette dernière indication est bien vague.
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Le sac, après avoir franchi le canal sous-pnbien, vient se placer le plus souvent derrière le muscle obturateur externe : il franchit parfois ce muscle et vient occuper sa face antérieure. Parfois les muscles de la réoion sont écartés , et la hernie vient faire saillie sous la peau.
Les parties contenues appartiennent presque constamment à l'intestin grêle ; Fépiploon accompagne quelquefois ce dernier. La vessie a été également rencontrée dans la tumeur.
On observe cette hernie surtout chez les vieillards, et nous avons , d'après M. Vinson , donné plus haut la raison de sa fréquence relative à cet âge. Quant aux causes occasionnelles, on a lieu de croire qu'elles sont les mêmes que pour les autres hernies. On l'observe fréquemment avec d'autres hernies.
Les symptômes de la hernie obturatrice non étranglée sont bien vagues ; dans quelques cas seulement, alors qu'elle a repoussé et écarté les m.uscles de la partie supérieure de la cuisse, elle peut former à l'aine une tumeur située plus profondément, plus en dedans et plus en bas que la hernie crurale.
Cette hernie peut devenir le siège d'un étranglement qui entraîne à sa suite tous les accidents habituels de ce genre de lésion.
Lorsqu'il existera une tumeur nettement appréciable, on devra tenter la réduction. Celle-ci se fait assez facilement, mais on a à lutter contre la reproduction rapide de la hernie, et la grande mobilité de la cuisse sur le bassin et du bassin sur la cuisse empêche
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les bandages de remplir complètement leur office. L'opération delà hernie obturatrice étranglée n'a été faite d'une façon complète qu'une seule fois, par M. le docteur Obré [Revue médico-chirurgicale:, '185'2, t. XII, p. 300). C'est là une opération jusqu'à un certain point douteuse, à cause de la profondeur des parties sur lesquelles on est obligé d'agir ; néanmoins, en présence de la mort à peu près certaine à laquelle est voué le malade dans le cas d'étranglement de ce genre, on ne pourrait critiquer un chirurgien qui tenterait cette opération.