‹ Leçons sur les hernies abdominales faites à la Faculté de médecine de ParisChapitre 34 sur 42 · HERNIES A TRAVERS UNE PLAIE RÉGENTE, ETC · texte numérisé non relu

HERNIES A TRAVERS UNE PLAIE RÉGENTE, ETC

vient plus rouge, son aspect jaunâtre disparaît. Il augmente de volume, il s'étrangle, il devient irréductible; l'inflammation et l'étranglement peuvent même aller jusqu'à la gangrène. Dans ce cas, après l'élimination de la partie mortifiée, la plaie extérieure guérit. La portion intérieure de l'épiploon est probablement restée adhérente à la paroi abdominale.

D'autres fois , l'épiploon s'enflamme et suppure ; puis, après le huitième, neuvième, dixième jour, il s'aflaisse, il diminue, et alors il s'opère un retrait progressif dans le ventre de cette portion viscérale.

D'après toutes ces notions, que faut-il faire en présence d'une épiplocèle? Les anciens, jusqu'à l'Académie de chirurgie, étaient d'avis de réduire l'épiploon, mais ils avaient remarqué que cette réduction était suivie d'accidents assez graves et assez nombreux.

Plus tard, on proposa de faire la réduction, après avoir fait la ligature de l'épiploon.

Pipelet démontra à l'Académie de chirurgie que cette réduction de l'épiploon, après ligature préalable, ne mettait pas du tout à l'abri des accidents, ou môme augmentait les chances de suppuration de l'épiploon.

Boyer s'est trouvé fort embarrassé pour écrire son chapitre sur la sortie de l'épiploon.

Si l'on ne réduit pas, dit- il, on a des adhérences consécutives.

Si l'on réduit après ligature, les conséquences sont graves.

Si l'on réduit sans ligature, les conséquences sont graves encore ; et Boyer tîi)it |)ar dire : « on se conduira

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suivant les circonstances, » c'est-à-dire qu'il laisse ses lecteurs clans la plus grande incertitude.

Aujourd'hui, la conduite à tenir n'est plus embarrassante.

Si l'on a une épiplocèle toute récente, peu volumineuse, on peut faire la réduction sans inconvénient, parce que l'épiploon n'est pas encore enflammé, c'est une épiplocèle et non une épiploïte.

Mais, après six, huit, dix heures, il existe déjà de la congestion et de l'inflammation de l'épiploon. Eh bien, toutes les fois qu'il y a un commencement d'épiploïte, ou même qu'il peut y avoir doute à ce sujet, après six ou sept heures à dater de l'accident, il faut laisser^ Vépiploon dans la plaie et ne pas s'en inquiéter.

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