‹ Leçons sur les hernies abdominales faites à la Faculté de médecine de ParisChapitre 33 sur 42 · HERNIES A TRAVERS UNE PLAIE RÉCENTE · texte numérisé non relu

HERNIES A TRAVERS UNE PLAIE RÉCENTE

avec toutes ses conséquences. Quelquefois le malade guérit, après avoir porté pendant un certain temps une fistule stercorale ou même un anus contre nature.

Lorsqu'on est appelé auprès d'un malade avec issue et plaie de l'intestin, il faut pratiquer la suture (suture en piqué de Gély, de Nantes), puis réduire, en ayant soin de ne pas repousser trop loin Tanse intestinale. On ferme ensuite la plaie extérieure avec une suture enchevillée.

ù° L'intestin se présente avec une certaine portion d'épiploon, L'épiploon peut être sur le côté de l'intestin et ne pas le masquer, ou bien il peut coiffer l'intestin. Dans ce dernier cas, si sur l'épiploon il existe une plaie, il est probable qu'il y a aussi une plaie de l'intestin. Il faut alors agrandir, sans aucune crainte, la plaie de l'épiploon pour examiner l'intestin, puis réduire ce dernier immédiatement s'il n'est pas blessé, et, après avoir fait la suture, s'il présente une plaie. Mais que faire de l'épiploon? Nous examinerons cette question un peu plus loin.

4° L'épiploon seul fait hernie à travers la plaie. Comment reconnaître que c'est l'épiploon, et qu'il n'y a que lui? Au début, on pourra constater la couleur jaunâtre de celte partie, et la présence de petits amas graisseux. Si la hernie n'est pas tout à fait récente, l'épiploon est rouge, mais il a un aspect qui n'est pas celui de l'intestin. En outre, l'intestin présente une consistance tendue, résistante, élastique; l'épiploon, au contraire, donne la sensation d'enipâtement. Mais comment savoir qu'il n'y a pas d'intestin der-

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rière l'épiploon? C'est encore aux signes fournis par le toucher qu'il faut recourir. Si derrière l'épiploon se trouvait une anse intestinale, il y aurait une certaine résistance, une certaine élasticité.

Que va devenir la maladie abandonnée à elle-même?

Ici nous sommes plus embarrassés, par le dire des auteurs, que nous ne l'étions pour la hernie intestinale. Les auteurs présentent, à ce sujet, des développements un peu variables, un peu bizarres.

Depuis A. Paré, on a répété volontiers cette assertion que : « quand l'épiploon restait à l'extérieur, il y avait danger pour le malade, à cause des accidents de gangrène de l'épiploon, puis, plus tard, par suite des adhérences de l'épiploon aux parois abdominales. »

Ainsi, d'après les auteurs, l'épiplocèle pourrait guérir, mais en donnant lieu à des douleurs consécutives.

Est- ce ainsi que se passent réellement les choses? Il ne le parait pas, d'après les faits récents. Depuis 1850 il y a eu, à ce sujet, un certain nombre d'observations pubUées par M. Larrey (Mémoires de l'Académie de médecine, t. XI) ; par M. Robert [Bulletins de la Société de chirurgie, t. F', p. G19 et suiv., avril 1850); par M. Jobert, de Lamballe {Gazette des hôpitaux, 1857, p. 322). L'observation de ces faits a, comme nous l'avons dit page 238 et suivantes, démontré à ces chirurgiens « que lorsque la maladie est abandonnée à elle-même, et que l'épiploon n'est pas réduit, la règle c'est la guérison, et la guéiison sans tiraillements consécutifs. »

Dès le premier jour, l'épiploon se congestionne, de-

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