‹ Lecons sur les localisations dans les maladies du cerveauChapitre 105 sur 200 · LOCALISATION DU FOYER CÉRÉBRAL · texte numérisé non relu

LOCALISATION DU FOYER CÉRÉBRAL

les diverses régions spinales, ses rapports se inocliflent conformément aux enseignements qui nous ont été fournis par l’anatomie de développement. [Fig. SS.)

La démonstration que j’ai voulu vous présenter est donc complète ; et la lésion dégénérative descendante, dans le cas qui nous occiq)e, est, ainsi que je l’avais annoncé, littéralement cantonnée dans le système des faisceaux pyramidaux.

Après avoir déterminé la topographie des lésions dites dégénérations secondaires, il nous faut actuellement nous aimêter sur un des points les plus importants de leur histoire.

Quel est le caractère commun à toutes les lésions destructives en foyer, qui, s’étant développées dans la profondeur de l’hémisphère, donnent lieu après un certain temps aux dégénérations descendantes? Quel est au contraire le caractère des lésions du même genre qui ne produisent pas de dégénérations ? Je le répète, il s’agit là surtout d’une question de siège ou, autrement dit, de localisation, et c’est là justement ce qu’il importe de démontrer.

L’hémisphère cérébral, — je vous le faisais remarquer dans la dernière séance — peut être considéré d’une façon très générale comme composé de deux parties jusqu’à un certain point anatomiquement, fonctionnellement et pathologiquement distinctes; ce sont, d’un côté, les masses ganglionnaires centrales, et d’un autre côté ce qu’on appelle quelquefois le manteau, à savoir la substance blanche semiovalaire et l’écorce de substance grise qui les recouvre.

1° Arrêtons-nous en premier lieu aux masses grises cen-

LOCALISATION CAPSULAIRE.

traies. Une analyse très sommaire de la région y fait reconnaître (sur une coupe transversale par exemple) le tractas blanc à direction antéro-postérieure qu’on appelle la capsule interne ; en dehors de ce tractus, le noyau lenticulaire ; en dedans la couche optique et le noyau caudé.

Il n’est pas rare, tant s’en faut, Messieurs, de voir des lésions en foyer destructives étroitement localisées dans l’un ou dans l’autre de ces noyaux. Cela est très vulgaire, particulièrement pour ce qui concerne le noyau lenticulaire et surtout la partie externe de ce noyau. C’est là que siègent le plus communément, vous le savez, les foyers ocreux, derniers vestiges des hémorrhagies intra-encéphaliques. Les foyers plus ou moins volumineux limités à la couche optique, ceux qui se circonscrivent dans la tête du noyau lenticulaire ne sont pas non plus fort rares. Or, Messieurs, et c’est là un point mis en lumière déjà par Ludwig Turck, l’initiateur dans l’étude méthodique des dégénérations secondaires, ces dégénérations ne se produisent jamais lorsque la lésion, restant limitée dans le noyau de substance grise, quel qu’il soit, ne s’étend pas à la capsule interne de manière à en altérer profondément les fibres.

La lésion de la capsule interne est donc, en ce qui concerne les foyers des masses centrales, la condition sine qua non de la production des dégénérations secondaires.

2“ Mais, Messieurs, toutes les lésions destructives de la capsule ne donnent pas lieu à ces dégénérations. Quelque.sunes il est vrai, pourvu qu’elles aient une certaine étendue qu’on peut évaluer au minimum à un demi-centimètre de diamètre, les déterminent à coup sûr ; mais d’autres bien plus étendues ne les [produisent jamais. Quelle est la raison de ces différences? Tout, vous allez le reconnaître, dépend uniquement du siège que la lésion occupe dans le tractus blanc.

Le problème consiste donc à délimiter les régions capsu-

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laires où la lésion destructive est suivie de dégénération, par opposition à celles où cette même lésion ne produit pas les mômes résultats.

Il y a quatre ans j’ai formulé à ce sujet la proposition suivante : « Les dégénérations secondaires se produisent quand la lésion porte sur les 2/3 antérieurs de la capsule interne ; elles ne se produisent pas quand la lésion porte sur le tiers postérieur de la capsule (1). » Cette proposition a été critiquée par M.Fleclisig qui s’est livré sur ce sujet à des études approfondies. La révision des faits à laquelle j’ai dû me livrer à l’occasion de ces critiques m’a conduit à reconnaître qu’elles sont fondées sur plusieurs points. J’ai dû, en conséquence, corriger ma formule et je dirai dans un instant en quoi consiste la modiflcation que je propose.

Vous vous souvenez que l’étude topographique que nous avons faite nous a conduits à reconnaître dans la capsule interne l’existence de deux segments, l’un antérieur, l’autre postérieur, ces deux segments s’unissant l’un à l’autre au niveau de la région que M. Flechsig propose d’appeler le de la capsule. Or, Messieurs, j’ai reconnu que les lésions limitées au segment antérieur déterminent une dégénération secondaire, mais que cette dégénération n’affecte pas le faisceau pyramidal proprement dit ; elle se traduit à l’œil nu par la présence d’une bandelette grise qui occupe le segment interne du pied du pécondule et n’intéresse pas le segment moyen. Il existe donc, suivant toute vraisemblance, en dedans du faisceau des fibres pyramidales qui .■s’entrecroisent au niveau de la décussation bulbaire, un faisceau de fibres centrifuges provenant du segment antérieur de la capsule interne. Il est aussi très probable que ces fibres s’arrêtent en bas dans un point quelconque de la protubérance, car lorsque ce faisceau est dégénéré, on ne peut le suivre dans la pyramide correspondante ; à plus

(l) Voy. Première Partie, huitième leçon, p. 100.

LOCALISATION CAPSULA IRE .

forte raison ne descend-il pas dans la moelle épinière. Si j’ai méconnu l’existence isolée de ce faisceau, c’est que les lésions capsulaires que J’avais examinées n’intéressaient pas seulement le segment antérieur, mais aussi le segment médian, le genou de la capsule; et dans ce cas, la lésion complexe de la capsule s’étendait par en bas dans le bulbe et la moelle épinière (1).

La région de la capsule qui nous intéresse quant à pi-ésent, et dont nous voulons déterminer autant que possible les limites, doit être cherchée dans le segment postérieur ou lenticulo-optique de la capsule. Si vous divisez d’avant en arrière ce segment antérieur en trois parties à peu près égales, — on ne saurait en pareille matière prétendre à la précision mathématique — la région de la capsule qui répond aux deux tiers antérieurs est justement celle dans laquelle, d'après les observations de M. Flechsig et mes observations récentes, une lésion destructive même peu étendue ne saurait exister sans qu’il s’en suive une dégénération descendante du faisceau pyramidal correspondant. On pourrait l’appeler région injramidale de la capsule, puisque les libres nerveuses qui la traversent semblentôtre une émanation directe des faisceaux pyramidaux.

Pour ce qui est du dernier tiers du segment postérieur de la capsule, j’indiquerai en passant (car c’est un point sur lequel j’aurai à revenir), que cette région paraît contenir seulement des fibres centripètes, et qui, en tout cas, ne semblent pas susceptibles de subir la dégénération descendante. Toujours est-il que les lésions en foyer qui se produisent en ce point se traduisent cliniquement par un ensemble symptomatique bien connu aujourd’hui sons le nom d’hémianesthésie cérébrale (2), Cet ensemble sympto-

(!) Voy. in Progrès medical, septembre 1879. Faits pour servir à l'histoire des dege'nfratio?ts 2>édonCHlaires.

(^2) Voy. p. 107.

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