SILLON CRUCIAL
tare n’appartient pas seulement à l’iiomme. On la retrouve chez le singe, comme l’a montré encore M. Betz. Là aussi c’est dans les circonvolutions médianes et dans le lobule paracentral que l’on observe les plus grandes cellules pyramidales. Le même auteur a également fait voir que ces cellules se rencontrent chez le chien dans les régions désignées depuis les travaux de ïlitzig et Terrier sous le nom de centres moteurs, c’est-à-dire dans la substance grise des circonvolutions qui avoisinent le sulciis crucialis.
Les observations de M. Betz ont été tout récemment confirmées, non seulement en ce qui concerne l’homme et le singe, mais aussi le chat et le mouton, par M. Bevan Lewees [Brain, 1878).
Ceci me conduit à relever. Messieurs, que les circonvolutions centrales, médianes, rolandiq,ues,B\ vous voulez les appeler ainsi, sont celles dans lesquelles l’expérimentation pour ce qui a trait au singe, l’observation anatomo-clinique pour ce qui a trait à l’homme, a permis de localiser les régions dites psycho-motrices ou plus simplement motrices ; et je saisis l’occasion de vous faire remarquer en passant, que cette dénomination de centres moteurs n’implique dans mon esprit aucune idée physiologique absolument arrêtée, et que par là j’entends seulement désigner, par opposition aux autres, celles des régions de l’écorce du cerveau dont la lésion occasionne des troubles moteurs dans certaines parties déterminées du côté opposé du corps.
Ici se termine notre digression (1). Peut-être avez-vous pensé. Messieurs, que les considérations qui viennent de vous être présentées sont étrangères à notre objectif qui est, en somme, l’histoire pathogénique des dégénérations secondaires de cause cérébrale. Il n’en est rien cependant. En effet, cette partie de l’écorce grise dont j’ai voulu faire ressortir les principaux caractères morphologiques, histo-
(l) Voir pour plus de détails les Leçons sur les localisations dans les maladies du certeau (2° hçon)^
FAISCKAD PYRAMIDAL lNTKA-i£NGÉPHALtQUE . 231
logiques et physiologiques, appartient à la région dont nous nous sommes proposé de déterminer les limites.
Faites partir de la couche profonde de toute cette zone grise, des fibres nerveuses se dirigeant vers la portion de la capsule interne que nous appel lions précédemment pyra^ mitlale, et vous obtiendrez ainsi une vue schémat i i ne s’éloigne pas beaucoup de In ■'''’^iitéooncrète. Géom i
— A, coupe horizontale du noyau caudé ; B, du noyau lenticulaire ; C, de la couchfc optique; D, lobule paracentral ; E, circonvolution frontale ascendante ; F , pariétale ascendante; G, sillon de Kolando ; H, segment antérieur de la' capsule; K, région pyramidale de la capsule interne dans le segment postérieur; L, portion sensitive de la capsule correspondant au tiers postérieur du segment postérieur.
quement notre région peut être rei)résentée ainsi qu’il suit : c’est une pyramide à quatre faces. Le sommet tronqué regarde en bas (c’est la région pyramidale de la capsule interne). La base de la pyramide est convexe, elle regarde en haut et en dehors. Elle n’est autre que l’écorce grise des circonvolutions médianes ou ascendantes. La face antérieure est représentée par une coupe frontale passant d’un côté par l’extrémité postérieure du pied des trois circonvolutions frontales, et de l’autre par l’extrémité antérieure de la couche optique (c’est à peu près la coupe præ-
232 LÉSIONS DESTRUCTIVES DES CENTRES MOTEURS, rolandique ou pédiculo-frontale de Pitres). La coupe frontale post-rolandique ou pédiculo-frontale, passant d’un côté par le pied des circonvolutions pariétales et d’un autre coté par la ligne fictive qui sépare les deux tiers antérieurs du segment postérieur de la capsule de son tiers postérieur, représente la face postérieure de la pyramide en question. Il est facile de comprendre, sans qu’il soit nécessaire d’y insister davantage, comment les deux autres faces, l’interne et l’externe, pourraient être obtenues.
Voilà une représentation géométrique sans doute assez grossière ; c’est bien cependant à peu près dans ces limites que se trouve renfermée la région qu’on pourrait appeler rolandique, du manteau, et qui représente dans le grand cerveau , comme un petit cerveau à part doué de propriétés physiologiques spéciales ; c’est également dans l’écorce de ce segment cérébral qu’il faut chercher le point de départ des dégénérations secondaires. En effet, en tant qu’il s’agit de lésions en foyer dites périphériques, c’est-àdire siégeant en dehors des masses opto-striées, ces lésions ne déterminent la production des dégénérations secondaires du faisceau pyramidal que lorsqu’elles intéressent la région centrale ou rolandique du manteau de l’hémisphère. En dehors de cette région, les lésions destructives en foyer, quelle que soit leur étendue, ne produisent pas la dégénération descendante du faisceau pyramidal.
Telle est, en résumé, Messieurs, la formule qui, relativement à la question qui nous occupe, exprime en quelque sorte l’état de nos connaissances actuelles. Je n’entrerai pas dans le détail des faits sur lesquels elle repose, renvoyant aux