FAISCEAU PYRAMIDAL CHEZ LE CHIEN
souvent les traces; mais, après quatorze jours, le résultat est absolument certain. — Au bout de quatre ou cinq semaines, le plus haut degré de l’altération est atteint. Je ferai remarquer, à ce propos, que, chez l'homme, c’est au bout d’un ou deux mois seulement que les premières traces de la dégénération secondaire ont pu être reconnues. Mais il faut considérer. Messieurs, qu’en raison des circonstances, les observations sont beaucoup moins nombreuses et moins multipliées qu’elles ne l’ont été chez les animaux, dans le travail de M. Schietferdecker.
Fig. 7i. — A, Coupe de la moelle au-dessous de la lésion. — B, Coupe de la moelle audessus de la lésion. — On voit en A la diffusion de la sclérose descendante dans le cordon antéro-latéral, sauf à la partie antérieure où la dégénération est bien circonscrite aux faisceaux de Türck, En B, dégénération des cordons de Goll et du ■ faisceau cérébelleux direct.
1° Pour ce qui est delà distribution des dégénérations, tant ascendantes que descendantes, elles sont, d’après M. Schiefferdecker, à peu de chose près, ce qu’elles sont chez l’homme ; il y a cependant, chez le chien, quelques particularités que je vous demande la permission d’indiquer en deux mots. 1° S’il s’agit d’une dégénération ascendante, les lésions rappellent exactement ce que l’on voit chez l’homme en pareil cas, à savoir, dégénération ascendante des faisceaux de Goll et de la partie postéro-latérale des faisceaux latéraux qui correspond aux faisceaux cérébelleux directs.
2° Mais, ce sont surtout les dégénérations descendantes qui,
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comparées à ce qu’on voit chez l’homme, présentent quelques particularités. On peut dire, en effet, que les fibres pyramidales ne forment pas généralement, comme chez l’homme, des faisceaux compactes (les fibres des faisceaux pyramidaux directs font cependant exception); et, dans le reste des cordons antéro-latéraux, des fibres capables de dégénérer sont disséminées un peu partout. Cependant, elles se rassemblent de manière à former un groupe un peu plus compacte dans la région pyramidale du cordon latéral ; et, sur ce point, les fibres dégénèrent dans un long trajet, tandis que, partout ailleurs, elles dégénèrent seulement dans un court trajet. En somme, miitatis midandis, ces dégénérations secondaires de cause spinale, soit ascendantes soit descendantes, sont absolument comparables à celles qui se voient chez l’homme.
Ce qui vient d’être dit des dégénérations secondaires de cause spinale, nous pouvons le répéter des dégénérations secondaires de cause cérébrale, également déterminées artificiellement chez le chien.
Il faut d’abord, puisqu’il s’agit du chien, vous rappeler ce que nous avons déjà dit des circonvolutions motrices de cet animal. Quelles sont les parties homologues des régions rolandiques de l’homme? C’est là. Messieurs, un point sur lequel l’anatomie comparée ne semble pas, quant à présent, s’être définitivement prononcée. Quoi qu’il en soit, l’expérimentation a reconnu, à la surface du cerveau du chien, des régions excitables et motrices qui, fonction- I nellement, ont la même signification que les circonvolutions rolandiques. Ces régions motrices du chien sont, en
GTRUS SIGMOÏDE.
quelque sorte, groupées autour du sillon crucial et elles occupent, pour la plupart, une circonvolution désignée sous le nom de gxjrus sigmoïde.
Jusqu’ici, vous le savez. Messieurs, les lésions pratiquées dans le but de déterminer les dégénérations secondaires, chez le chien, n’ont guère porté que sur l’écorce et la partie attenante du manteau. Mais, il est on ne peut plus vraisemblable, que les résultats seraient co^nformes si les lésions intéressaient les régions correspondantes de la capsule interne.
Bref, quand on enlève le gyrus sigmoïde sur un hémisphère, les dégénérations secondaires se produisent chez le chien, absolument comme s’il s’agissait chez l’homme d’une lésion portant sur un point des régions motrices. A cet égard, il me suffira de vous citer quelques observations expérimentales: 1“ une observation de Gudden dans laquelle une lésion de la capsule interne, chez un jeune chien, était accompagnée de dégénération dans la pyramide et dans la moelle ; 2'’ une observation de M. Vulpian qui signale, cinq mois après l’ablation du gyrus sigmoïde, une atrophie de la pyramide correspondante avec une dégénération secondaire ; 3° enfin, les observations de MM. Franck et Pitres (1), qui font mention de résultats absolument identiques. D’ailleurs, Messieurs, il n’est pas excessivement rare devoir certaines lésions se développer spontanément chez le chien sur cette même région sigmoïde, et, plusieurs fois, en pareil cas, on a remarqué l’existence de dégénérations secondaires. Ainsi, vous trouverez des observations de ce genre dans la thèse récente de M. Issartier, observations relevées par MM. Déjerine, Carville et Duret.
MM. Franck et Pitres, à qui l’on doit de si importantes recherches relativement à toutes les questions que nous agitons en ce moment, ont été encore plus loin. lisse sont éver-
(l) Voy. thèse inaugurale d’Issartier, 1878.