EXPÉRIENCES DE MM. FRANCK ET PITRES
c’est là un point que je ne fais qu’indiquer pour le moment. Nous trouverons, sans doute, l’occasion d’y revenir dans la suite (1).
(l) Dans une note récente communiquée à la Société de biologie, MM . Franck et Pitres ont établi que la dégénération du faisceau pyramidal chez le chien peut affecter les mêmes caractères anatomiques que chez l’homme. Jusqu’à un certain point les fibres du faisceau pyramidal sembleraient donc se réunir en un groupe assez compacte. Voici d’ailleurs les conclusions des recherches de MM. Franck et Pitres :
• Chez le chien, une lésion corticale siégeant dans la zone motrice peut être suivie de dégénération secondaire de la moelle épinière.
• Cette dégénération, semhlahle anatomiquement à celle qui se produit chez l'homme dans les mêmes circonstances, en diffère au point de vue de la symptomatologie en ce qu’elle ne s’accompagne pas de contracture musculaire . • Progrès médical, 1880, p. 147.
Voy. également : Tripier. — De V anesthésie produite par les lésions des circonvolutions cérébrales, in Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, numéro du 10 janvier 1880.
DIXIEME LEÇON
Détermination du trajet des faisceaux blancs de la moelle épinière par l’étude des dégénérations secondaires. — Analyse expérimentale des fonctions des faisceaux pyramidaux.
SoiiMAinE. — Tous les faisceaux blancs de la moelle sont capables de dégénération systématique. — Faisceaux à fibres longues. — Faisceaux à fibres courtes. — Schéma.
Cordons postérieurs. — Faisceaux intrinsèques. — Faisceaux de Burdach et faisceaux de Goll. — Faisceaux extrinsèques. — Faisceau cérébelleux direct.
Cordons antéro-latér'aux. — Faisceaux intrinsèques. — Faisceaux extrinsèques. — ■ Faisceau pyramidal.
Résultats fournis par l’expérimentation. — Les faisceaux anléro-latéraux sont-ils excitables ? — L’excitabilité du faisceau pyramidal est manifeste chez l’homme dans tout le trajet cérébro-spinal de ce faisceau. — Expériences de Vulpian, Schiff. — Hémisections spinales. — Vivisections de Woroschiloff. — Inlluence du faisceau pyramidal sur l’activité réflexe de la moelle épinière. — Les faisceaux pyramidaux sont les conducteurs des incitations volontaires.
Messieurs,
Vous n’avez sans doute pas oublié la proposition que j’émettais au début même de nos études sur les dégénérations secondaires. Ces lésions, vous disais-je, offrent de l’intérêt, non pas seulement au point de vue de la pure anatomie pathologique ; elles sont, pendant la vie, l’occasion de troubles fonctionnels particuliers qui se surajoutent à la symptomatologie des lésions primitives qui leur Charcot 18
274 DÉGÉNÉRATIONS EXPÉRIMENTALES.
ont donné naissance, et, quelquefois même, la dominent ; à ce titre, elles méritent de fixer toute l'attention des cliniciens. Le moment est venu de justifier notre assertion, et de vous montrer le côté pratique des études délicates et compliquées que nous avons jusqu’ici poursuivies.
C’est donc l’aspect clinique des dégénérations secondaires que nous allons maintenant considérer. Mais, avant d’en venir là, il est deux points encore sur lesquels je voudrais, en manière de préparation, arrêter un instant votre esprit.
Pour comprendre la nature et l’origine des troubles fonctionnels qui se rattachent aux lésions dégénératives descendantes des divers faisceaux de la moelle épinière, nous devons, sans doute, invoquer surtout les notions anatomo-pathologiques que nous avons laborieusement recueillies sur tous les points qui concernent ces lésions.
Mais, pour mener à bonne fin notre entreprise, cela ne suffirait encore pas :
1° 11 nous faut, en effet, être fixés sur quelques points relatifs à la structure de la moelle épinière, à l’arrangement des fibres nerveuses et des éléments cellulaires qui la composent, à leurs relations mutuelles, etc. Il est vrai que, chemin faisant, nous avons recueilli un certain nombre de documents qui concernent tout spécialement ce sujet; mais, il importe maintenant, je crois, d’envisager la question non plus partiellement, mais dans une vue d’ensemble.
2° D’un autre côté, nous devons faire appel aux notions fournies par l’expérimentation sur la physiologie des faisceaux spinaux. Il est vrai que les méthodes anatomo-cliniques sont seules appelées à prononcer, en dernier ressort, sur la physiologie des diverses parties du système nerveux, en ce qui concerne l’homme ; il est également vrai que l’expérimentation sur les animaux fournit, dans l’es-