INFLUENCE MODÉRATRICE DU CERVEAU
considérés comme de grandes commissures, établissant des relations fonctionnelles entre le cerveau et la moelle épinière. Celle-ci vit, en quelque sorte, isolément tant que ces faisceaux ne sont pas encore développés, et jusqu’à cette époque les mouvements du nouveau-né sont entièrement d’ordre réflexe. Les mouvements réflexes sont mis au contraire sur le deuxième plan quand le développement des faisceaux pyramidaux est accompli, et ce sont dès lors les mouvements volontaires qui prédominent.
L'influence modératrice du cerveau sur les actes réflexes est d’ailleurs mise dans tout son jour quand on observe ce qui se passe après une section de la moelle. Mais il est facile de montrer que c’est surtout par les faisceaux antérolatéraux que cette influence s’exerce. En effet, la section peut être telle que la sensibilité soit conservée ; de plus, un seul côté de la moelle peut être affecté. Les faisceaux antéro-latéraiîx sont donc bien les conducteurs des incitations volontaires.
Cependant, la physiologie expérimentale n’a pas encore décidé si c’est par la voie des faisceaux antérieurs ou des faisceaux pyramidaux que cette influence s’exerce. Mais, nous verrons que les faits pathologiques résolvent la question que l’expérience physiologique laisse indécise.
Telles sont les notions préliminaires que j’ai cru devoir vous présenter relativement au fonctionnement des divers faisceaux spinaux, tel qu'il se révèle dans les recherches expérimentales. Nous pouvons maintenant aborder avec fruit la clinique des dégénérations secondaires.
ONZIEME LEÇON
Séméiologie générale des dégénérations secondaires du faisceau pyramidal.
Sommaire. — Description de la maladie spinale secondaire. — Attitude du malade au lendemain de l’attaque apoplectique. — Pronostic à for muler dès le début. — Ce pronostic est basé sur le diagnostic anatomique du siège de la lésion.
Détermination exacte du territoire xasculaire aux dépens duquel s’est produite l’hémorrhagie cérébrale. — Le foyer est circonscrit ou il a des chances d’agrandir. — L’intégrité du faisceau pyramidal est la condition sine qua non de la guérison.
Symptômes précurseurs de la contracture secondaire. — Epilepsie spinale, clonus du pied. — Statistique. — Propagation de l’épilepsie spinale au côté sain. — Phénomène de la main. — Réllexes tendineux.
Messieurs,
Je me propose d’envisager aujourd’hui les dégénérations secondaires par le côté clinique. Autrement dit, je vais essayer de vous présenter un tableau des désordres fonctionnels qui se rattachent à ces lésions et qui servent, pendant la vie, à en révéler l’existence.
Après cela, mettant à contribution les données de l’ordre expérimental que je vous ai brièvement exposées dans la dernière leçon, nous tenterons de parvenir à l’interprétation physiologique de ces symptômes.