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TRÉPIDATION SPINALE

phénomènes qui, s’ils ne permettent pas d’affirmer à coup sûr l’existence de la dégénération, en rendent au moins la présence très vraisemblable. Seulement, l’apparition de ces phénomènes doit être provoquée par l’observateur. Ce sont des signes qu’il faut apprendre à mettre en évidence ; ils ne se révèlent que par la mise en œuvre de certaines pratiques. Aujourd’hui, je me bornerai à vous rappeler que l’un d’eux, le plus anciennement introduit dans la sémiotique neuro-pathologique, est connu en France sous le nom de trépidation provoquée, d’épilepsie spinale provoquée. Les auteurs allemands l’appellent le phén'omène du pied [Fusspliœnomen) ou, encore, le clonus du pied.

Mais c’est là un signe qui appartient à la clinique française. Dès 1863, ainsi qu’en témoignent des observations qui datent de cette époque, il étaitjournellement mis à profit dans les services de la Salpêtrière, par M. Vulpian, par moimême et par nos élèves. Depuis lors, nous n’avons jamais cessé d’étudier ce phénomène dans ses relations avec les différentes affections des centres nerveux et d’en chercher la signification. Ainsi, j’ai montré depuis longtemps qu’il fait habituellement défaut dans l’impuissance motrice liée au tabes ataxique, à la paralysie spinale de l’enfance et encore dans d’autres états du même genre, tandis qu’il ne manque jamais dans les paralysies de cause cérébrale ou spinale dans lesquelles la contracture existe ou tend à s’établir (1).

Voici, au demeurant, en quoi consiste ce phénomène. Quand on soulève le membre inférieur paralysé d’un hémiplégique, en plaçant une main sous le jarret de façon que la jambe du malade soit abandonnée à elle-même, ballante, si, à l’aide de l’autre main, on relève brusquement la pointe du pied, immédiatement on provoque une série de secousses dont l’ensemble constitue une sorte de mouvement

(l) Dubois. — Thèse de Paris, 1SC8.

PHÉNOMÈNE DU PIED

rliythraé, de tremblement à oscillations plus ou moins régulières ou persistantes.

La trépidation spinale offre d’autant plus d’intérêt dans la règle, qu’il n’en existe pas trace à l’état normal. Ainsi M. Berger (1), sur 1400 sujets sains en apparence (des soldats pour la plupart), qu’il a observés à cet effet, ne l’a rencontrée que trois fois. Je répéterai encore à dessein que dans le domaine pathologique, ce n’est pas un phénomène banal, puisque dans certaines affections spinales il fait défaut, tandis que dans d’autres il est de règle qu’il soit présent. C’est, en somme, un des caractères du groupe des paralysies spasmodiques ; et les hémiplégies centrales avec dégénération secondaire des faisceaux pyramidaux appartiennent à cette catégorie.

Quand la contracture tardive s’est produite, il est à peu près constant. Mais il la précède souvent de plusieurs semaines. Chez une malade actuellement couchée dans l’inflrmerie de la Salpêtrière, il a commencé à se manifester huit jours après l'attaque, et quinze jours plus tard la rigidité du membre inférieur inaugurait peu à peu la série des accidents spasmodiques. Chez une autre malade, il n’a paru qu’un mois après l’attaque et la raideur musculaire a commencé à paraître dans le cours du deuxième mois. M. Déjerine a fait voir récemment que ce symptôme se révèle parfois dans les deux membres inférieurs, et nous verrons qu’il en est quelquefois de même de la contracture.

Chez les hémiplégiques qui jouissent encore de quelques mouvements, cette même trépidation; qui s’étend dans certains cas au membre tout entier, peut aussi se manifester à l’occasion d’un mouvement volontaire.

Il s’agit là d’un phénomène réflexe; je me propose d’ailleurs de le démontrer plus au long dans la suite. Qu’il suffise, pour le moment, de vous faire remarquer que son

(l) Arch. d. Heilk., 1879, n° 4.

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