EXPÉRIENCES THÉRAPEUTIQUES DE FOUQUIER
allons le voir, maintenant, précipiter en quelque sorte les événements et déterminer l’apparition du phénomène de la contracture.
Vous ii’ètes pas assurément sans avoir entendu parler des travaux de Fouquier, professeur de cette Faculté, sur Viisogc de la noix vomique dans le iraifenvent de la paralysie. C’est ainsi qu’est intitulé le Second mémoire publié sur ce sujet par notre auteur, vers 1820. Le premier datait de 1811 (i). Ce travail est très intéressant à consulter. On y trouve l’oiigine de toutes les connaissunces acquises aujourd’hui sur le sujet qui nous occupe. Il comprend quinze ou seize observations relatives :ies unes à la paraplégie par compression ou par myélite, les autres à l’hémiplégie 'vulgaire de cause cérébrale.
Eclairé par les expériences de Magendie, Fouquier s’était proposé ])Our but de produire chez ces paralytiques, un télanos artificiel, et il pensait trouver là un moyen curatif. Parmi les remarques que fait l’auteur à laiSuite des observations qu’il relate, je relèverai la suivante ;
« Fait remarquable, dit Fouquier, la noix vomique peut déterminer la contraction des muscles paralysés, sans atteindre les parties saines. Prise à dose convenable, elle n’agit que sur les parties malades. Il semble que celles-ci ressentent d’autant plus vivement l’effet du médicament, qu’elles sont plus complètement privées de mouvement. . . . Voilà, ajoute-t-il, des faits qu’il nous serait impossible de rapporter aux lois de la physiologie. »
Sans doute, à l’époque où ce travail était publié, ces faits méritaient bien d’être jugés incompatibles avec toutes les données de la physiologie pathologique. Mais, aujourd’hui que l’action de la strychnine sur les centres nerveux a été
(l) Ce deuxième travail est inséré dans le tome V des Mémoires de l’ancienne Sodété de la FacuUé de médecine; il a été réimprimé dans le tome II de ia Bibl. de the'rap. publié par Bayle, en 1830. Page 141.