CONTRACTURES DES ANTAGONISTES
déformations ne se font pas au hasard et qu’elles reconnaissent une loi.
Cependant, il importe avant tout de considérer de près la contracture elle-même et de bien déterminer les caractères qu’elle affecte chez les hémiplégiques, attendu que nous retrouverons ce même phénomène avec toutes les particularités que nous allons décrire, dans un grand nombre» d’affections spinales, autres que 'celle qui nous occupe' en- ce', moment; et c’est là, vous allez le voir. Messieurs, un phénomèneiétrange, paradoxal eU' quelque sorte; bien difficile à interpréter en tout cas avec les données de la physiologie» actuelle.
Veuillez remarquer que ces membres immobiles placési dans une position déterminée, désormais presque définitive;, sont dans un état tel que l’observateur qui veut' les '.mouvoir éprouve une résistance plus ou moins prononcée, parfois presque invincible, quel que soit le sens dans lequel on opère le déplacement. Ainsi, pour ne parler que du coude, il est, avons-nous dit, dans la demi-flexion. Eh bien !<il est, aussi difficile d’exagérer la flexion de cette jointure que d’en déterminer l’extension. Il y a résistance presque égaie' dans les'deux sens, et l’on acquiert ainsi la conviction que’ les muscles antagonistes sont contracturés à peuiprès au môme degré.
Les-attitudes vicieuses représentent donc la résultante de l’action opposée-des antagonistes. Si le biceps est tendu à la façon d’une corde, le triceps est également dur et rigide, et si l’on est parvenu à vaincre un instant la résistance, soit dans une direction, soit dans l’autre; le membre-abandonné à lui-même reprendra presque aussitôt son» attitude primitive.
B. lo Ce fait suffit déjà' pour montrer que le phénomène, en question est tout autre 'que celui qui* produit les'déformations propres à certaines paralysies et qu’om désigne»
ACTIVITÉ DES MUSCLES GONTRA-CTÜRÉS. 319l
quelquefois sous le nom de> contractures paralytiques, contractures adaptation \Jddi\\y) . Les déviations qui se
voient dans la paralysie spinale infantile^ au moins dans ses premiers temps et lorsque le phénomène n’a pas encore été-troublé par diverses circonstances qui peuvent survenir ultérieurement, offre le type le' mieux caractérisé^ de ces contractures dites paralytiques. Supposons qu’il s’agisse d’une paralysie atrophique des muscles qui, normalement, opèrent la flexion dorsale du pied. La tonicité musculaire, d’une façon incessante, et les premiers efforts- du malade, d’une- façon intermittente; s’exerceront exclusivement; sur les muscles gastrocnémiens dont l’activité se' traduit par la flexion plantaire; et, de la prédominance d’action de ces muscles résultera; à la longue; Uattitude-du pied-bot équin. Mais il est toujours facile, quand le cas n’est pas trop ancien, de rétablir momentanément l’attitude normale, sans résistance de la part des muscles paralysés, lesquels sont à la foisiprivés de tonicité et de mouvements volontaires.
2“ Il serait également facile de distinguer la contracture permanente des hémiplégiques des contractures dites myopathiques, c’est-à-dire de celles qui tiennent à une lésion du tissu musculaire lui-même, comme la cirrhose par exemple, ainsi que cela se voit dans certaines paralysiesfaciales. Dans la contracture tardive, au contraire, tout au moins lorsqu’elle n’est pas très ancienne, il n’y a pas — l’autopsie l’a maintes fois démontré — d’altération du tissu des muscles; et lorsque celle-ci s’est produite, après un laps.de temps généralement assez long, elle consiste en une simple émaciation. Pendant la vie, l’excitationi faradique révèle d’ailleurs dans ces muscles contracturés une excitabilité normale, quelquefois même un peu exaltée.
En somme. Messieurs, la contracture des hémiplégiques n’est pas une rigidité passive. Elle répond au contraire à un état d’activité musculaire. C’est, on n’en saurait douter,