BRUIT MUSCULAIRE
traduit encore, comme l’a montré Cl. Bernard, par une modification chimique du sang qui a traversé ce muscle. Ainsi, la quantité d’oxygène contenue dans le sang artériel qui pénètre dans un muscle étant représentée par 7, 31 0/0, la quantité contenue dans le sang veineux à la sortie du muscle en contraction n’est représentée que par 4, 28 0/0. truand, le nerf moteur étant coupé, la tonicité du muscle est abolie, la quantité d’oxygène du sang veineux devient donc presque égale à celle du sang artériel. Mais, dans le muscle à l’état de repos ou, en d’autres termes, dans l’état de simple tonicité, le nerf étant intact, elle n’est plus que de 5 0/0. Cela montre bien que la consommation d’oxygène dans la tonicité représente presque le tiers de la quantit(‘ totale contenue dans le, sang des vaisseaux afiférents.
Je vous rappellerai que, pour expliquer ce fait paradoxal en apparence d’une contraction permanente, indéfinie du muscle, M. Onimus a proposé d’admettre qu’il s’agissait là de contractions atteignant successivement et non simultanément les divers faisceaux des muscles; de telle sorte que les uns se reposeraient tandis que les autres entreraient en contraction.
Cette hypothèse de M. Onimus a été sanctionnée du reste par des expériences que MM. Boudet de Paris et Brissaud ont faites récemment dans mon service, à la Salpêtrière, sur le bruit musculaire. A l’aide d’un appareil d’auscultation microphonique doué d’une délicatesse exquise, l’analyse des bruits musculaires dans l’état normal et dans l’état pathologique a pu être poussée aussi loin que possible, et voici, en deux mots, les résultats que cette nouvelle méthode d’investigation a fournis au point de vue spécial que nous envisageons. Tandis que le muscle qui se contracte normalement produit un bruit de roulement régulier, sonore, {bruU rolatoiré], constant dans le chitTre de ses vibrations, le muscle contracturé ne produit qu’un bruit sourd, irrégulier, saccadé, avec des interruptions et des reprises; en
Charcot 81