‹ Lecons sur les localisations dans les maladies du cerveauChapitre 160 sur 200 · GUÉRISON EXCEPTIONNELLE DE LA CONTRACTURE · texte numérisé non relu

GUÉRISON EXCEPTIONNELLE DE LA CONTRACTURE

ment. Mais il arrive souvent que les muscles finissent par souffrir et s’amaigrissent. Dès lors le spasme musculaire cesse d’exister ; il n’y a plus à proprement parler contracture. Cependant les attitudes trop longtemps gardées peuvent persister encore, car les parties ligamenteuses s’étant raccourcies, les surfaces articulaires s’accommodent à leur situation nouvelle, et les mouvements volontaires, s’ils devaient reparaître, resteraient forcément à tout jamais limités.

Cette terminaison. Messieurs, est-elle la seule possible? La contracture ne disparaît-elle jamais avant l’époque où survient l’atrophie des muscles et la rétraction ligamenteuse? Quelques auteurs le pensent. En tout cas, il est très certain qu’il survient quelquefois dans la contracture un amendement notable et que, par ce fait, des mouvements volontaires peuvent être accomplis à nouveau. C’est là ce qu’on peut appeler des cas de guérison, guérison à la vérité très relative. Ils sont malheureusement rares. J’en ai observé plusieurs, sans doute quelques modifications sont alors survenues dansles parties lésées, permettant non seulement la disparition des contractures, mais encore, dans une certaine mesure, le retour de la motilité.

La lésion persiste-t-elle dans la moelle épinière, et, en pareil cas, y a-t-il suppléance ? Comment, en outre, celle-ci s’exerce-t-elle ? Ou bien s’est-il passé quelque chose d’analogue à la réparation des éléments nerveux au sein du faisceau pyramidal induré? C’est là une question incontestablement fort intéressante, mais bien obscure encore et dont je vous dirai un mot à propos des contractures permanentes de cause spinale où le même phénomène se produit.

QUATORZIÈME LEÇON

Hémiplégie spasmodique de l’enfance. — Mouvements associés. — Indépendance des arcs diastaltiques pour les réflexes tendineux et cutanés.

Sommaire. — L’hémjplégie spasmodique de l’eafance a les mêmes caractères que l’hémiplégie des apoplectiques. — Causes anatomiques de cette hémiplégie. — Atrophie des membres, du thorax, du bassin.

Intermittences de la contracture hémiplégique. — Influence des mouvements volontaires sur l’intensité de la contracture. — Sjncinésies. — Rôle des mouvements associés dans les variations de la contracture, — Pronostic de la contracture.

Raison physiologique de ce phénomène. — A la suite de la lésion cérébrale il faut distinguer deux périodes dans le développement de la lésion spinale secondaire. — L’exaltation des réflexes ne résulte pas seulement de la suppression de l’influence modératrice cérébrale.

La lésion des cornes antérieures dans l’hémiplégie permanente est une lésion irritative. — Elle agit comme la strychnine. — Exagération du tonus musculaire. — Indépendance des arcs diastaltiques réflexes. — Ataxie locomotrice ; hystérie avec hémianesthésie ; hémiplégie de cause encéphalique. — L’hypothèse de la lésion irritative dynamique explique mieux que les autres théories les symptômes spasmodiques de la sclérose descendante. '

Messieurs,

En vous présentant, à la fin de la dernière leçon, une description abrégée des diverses attitudes qu’affectent les membres paralysés chez les hémiplégiques atteints de con-

HEMIPLEGIE IM-'ANTII.E.

tracture permanente, je vous faisais remarquer que les variétés assez nombreuses en apparence qu’offrent ces attitudes, peuvent être ramenées à un petit nombre de types toujours les mêmes : type de flexion avec pronation pour le membre supérieur, type d’extension ou d’équinisme avec varus pour le membre inférieur. Telle est la règde, tel est le genre de déformations qu’on observe dans les cas vulgaires. Les autres attitudes, que vous pourrez reconnaître représentent des anomalies, des exceptions.

1“ La loi que nous venons d’énoncer à propos de l’hémiplégie permanente des adultes se retrouve dans l’hémiplégie durable des jeunes enfants. Vous n’ignorez sans doute pas que, chez les jeunes enfants, de un à sept ans par exemple, des lésions en foyer de nature diverse, — lorsqu’elles intéressent le faisceau pyramidal dans son trajet intra-cérébral — sont suivies d’hémiplégie plus ou moins prononcée, laquelle persiste à un certain degré pendant toute la vie. La lésion cause de l’hémiplégie est, ainsi que l’a fait voir M. Cotard, alors mon interne, de nature très variée (1). Tantôt il s’agit d’un ramollissement partiel se présentant sous la forme d’une plaque jaune ou d’un foyer d’inflammation celluleuse ; tantôt la lésion cérébrale est consécutive à l’hémorrhagie méningée ; tantôt — et ce dernier cas est assurément le plus fréquent — elle consiste en une sclérose partielle ou généralisée de l’un des hémisphères cérébraux. Les lésions en question sont généralement corticales, c’està-dire qu’elles occupent le manteau et non les masses centrales. En outre, l’hémisphère cérébral affecté présente dans l’ensemble une atrophie plus ou moins prononcée, d’oü la dénomination à' atrophie partielle du cerveau sous laquelle sont généralement connus les cas que je signale à votre attention. Les dégénérations secondaires descendantes

(l) Sur r atrophie partielle du cerveau, 1808.

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