LÉSION IRRITATIVE DES CORNES ANTÉRIEURES
(intérieure dont la conséquence est une atrophie musculaire survenant dans les membres paralysés.
2“ Mais ces cas, vous le savez, loin d’être exceptionnels, ne constituent pas cependant la règle. Ordinairement, les choses ne vont pas jusque là. Il faut supposer, — et c’est ici que je vous demande une première concession, — que, sous l’influence de l’irritation dont les tubes nerveux en voie de destruction sont le sèige, les éléments cellulaires (cellules ganglionnaires) s’affectent à leur tour. Or, cette lésion, communiquée aux cellules motrices, serait purement dynamique ; elle ne correspondrait à aucune modiflcation anatomique appréciable ; cette lésion, si vous le voulez, nousia qualifierons éé ^nrrilaiion o^ elle est analogue à celle que détermine la strychnine, mais plus durable. Les propriétés des éléments ganglionnaires, sous l’influence de cette modiflcation, non seulement ne s’éteignent pas, mais encore s’exaltent ; et, ainsi, l’irritation se propagerait en rayonnant à une certaine distance par la voie du réticulum nerveux, jusqu’aux autres éléments ganglionnaires de la même région et en particulier aux cellules æsthésodiques. Une exagération du pouvoir réflexe, dans tous ses modes, dans les parties correspondantes de l’axe gris, serait naturellement la conséquence de cette surexcitabilité des éléments ganglionnaires et nous fournirait la clef de certains phénomènes tels que l’exaltation des réflexes cutanés et tendineux. Sans forcer les choses, on pourrait admettre même que la lésion irritative dont il est ici question provoque également une exaltation de ce mode de l’activité réflexe spinale qui, à l’état normal, entretient la contraction musculaire permanente connue en physiologie sous le nom de tonus.
ARCS DIASTALTIQUES DISTINCTS.
II n’est pas inutile de vous faire remarquer, Messieurs, — car c’est là un fait d’un grand intérêt pratique — que les deux modes d’activité réflexe spinale dont il s'agit, sont vraisemblablement représentés dans la substance grise par deux systèmes diastaltiques distincts. L’observation clinique démontre, en effet, que si ces deux modes d’activité réflexe sont souvent affectés simultanément, ils peuvent être néanmoins fréquemment aussi affectés séparément. Voici quelques exemples tendant à prouver qu’il en est réellement ainsi.
1" Dans l’ataxie locomotrice, les réflexes cutanés persistent le plus souvent et sont même quelquefois manifestement exaltés. Cependant, les réflexes tendineux disparaissent de très bonne heure. Il en est de même du tonus musculaire. Les muscles, en conséquence, sont flasques et cette diminution du tonus contribue incontestablement pour une bonne part à donner à la démarche et aux mouvements des membres, lesquels conservent d’ailleurs pendant longtemps une grande énergie, leur caractère saccadé, brusque, non mesuré. La situation pourrait être représentée, en pareil cas, par le schéma suivant. (Voy. Fig. 86.) L’arc diastaltique des réflexes cutanés n’est pas affecté; l’arc diastaltique des réflexes tendineux et du tonus l’est au contraire profondément et dès l’origine. C’est un des grands caractères de l’affection.
.J’ai observé précisément, il y a peu de jours, un exemple bien remarquable de cette indépendance des arcs réflexes.
AKGS DIASTALTIQUES DISTINCTS.
Un pharmacien de la province, M. X. . est venu me consulter pour des accidents céphaliques de tahes (migraines, vertiges, etc.) qui l’ohsèdent déjà depuis plusieurs années. L’incoordination motrice ne s'est déclarée cependant que depuis huit ou dix mois environ; Lieu entendu, les réflexes tendineux sont abolis dans les menbres inférieurs et il est absolument impossible de provoquer la moindre réaction
Fig. 86. — Arcs diaslaltiques tendineux et cutané dans l'ataxie locomotrice. — A, cellule motrice de la moelle épinière. — E,E, cellules esthésodiques. — M, le muscle. — P, la peau. — R, Segment postérieur ou centripète de l’arc diastaltique. P,A,M, arc diastaltique cutané conservé intact dans l’ataxie. — K, racine antérieure ou nerf moteur. — T, segment postérieur ou centripète de l’arc diastaltique. — M;A,M, arc diastaltique musculaire ou tendineux affecté dans l’ataxie.
du triceps crural, quelque intense que soit la percussion du tendon rotulien. Mais il existe sur la face antérieure de la cuisse une plaque d’hyperesthésie dont l’excitation détermine une violente contraction réflexe des muscles fléchisseurs de la jambe ; ainsi, lorsque le malade frappe un peu
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fort, avec la paume de la main, la région hyperesthésiée, la jambe se rétracte convulsivement en arrière, mais au bout de deux ou trois secondes seulement. La nature réflexe de cette contraction est bien évidente, attendu que tout effort de volonté est impuissant à l’empêcher. Voilà donc un ataxique chez lequel l’arc diastaltique tendineux est interrompu.
Fig. 87. — Arcs diastaltiques tendineux et cutané dans l'hystérie. — A, cellule motrice de la moelle épinière. — ■ E,E, cellules esthésodiques. — M, le muscle. — P, la peau. — R, segment postérieur ou centripète de l’arc diastaltique. — K, racine antérieure ou nerf moteur. — P, A, M, arc diastaltique cutané affecté dans l’hystérie avec hémianesthésie et hémiparésie. — T, segment postérieur ou centripète de l’arc diastaltique. — M,A,M, arc diastaltique musculaire ou tendineux dont les propriétés sont conservées ou même exagérées dans l’hystérie.
tandis que les voies conductrices des impressions sensitives cutanées sont manifestement intactes.
2“ Je puis citer au moins un cas dans lequel les réflexes tendineux sont exaltés, tandis que les réflexes cutanés sont Charcot 22