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SIGNIFICATION PHYSIOLOGIQUE DE LA CONTRACTURE

aholis. Ce cas est celui de l’hystérie avec hémianesthésie et hémiparésie. Les réflexes tendineux du côté correspondant à l’hémianesthésie (phénomène du genou, trépidation spinale) se montrent très prononcés ; quant à la sensibilité cutanée, elle est nulle ; toutes les excitations, mêmes les plus violentes, restent sans résultat ; elles ne sont suivies d’aucun mouvement réflexe. (Voy. Fig. 81 .)

3® Au contraire, dans le cas de l’hémiplégie durable liée à une lésion organique en foyer, que nous considérons particulièrement, les deux systèmes diastaltiques sont affectés, mais inégalement. Les réflexes cutanés ne sont que modérément exaltés ; les réflexes tendineux et le tonus surtout, qui est un phénomène connexe, le sont à un très haut degré.

Quoiqu’il en soit, Messieurs, étant admise rh3’^pothèse de l’irritation des éléments ganglionnaires de la substance grise centrale, au contact des extrémités des fibres nerveuses du faisceau pyramidal, on peut se rendre compte de divers phénomènes relevés chemin faisant, dans le cours de notre étude descriptive.

1° La strychnine agira particulièrement sur les membres paralysés ; son action, bien que s’étendant à toute la moelle, se montrera, toutes choses égales d’ailleurs, plus intense dans les parties de l’axe gris préalablement excitées.

2® L’influence irritative des traumatismes portant sur les membres affectés sera transmise à l’axe central soit par les

nerfs centripètes cutanés, soit par les nerfs centripètes musculaires.

3" Enfin, dans la catégorie des mouvements associés, nous sommes en mesure d’interpréter aisément l’aggravation de la contracture sous l’influence des mouvements volontaires imprimés au membre sain. Il suffit d’admettre ici que l'irritation s’étend par une sorte de diffusion aux éléments ganglionnaires de la substance grise du côté non paralysé. Cette même diffusion de l’irritation pourrait aussi expliquer les cas d’hémiplégie sur lequels M. Déjerine a appelé l’attention, et dans lesquels la trépidation ou môme la contracture se montrent sur le coté resté sain.

L'intensité de l’irritation hypothétique des éléments ganglionnaires d’où dérive la surexcitation réflexe se montrera d’ailleurs variable suivant les cas et suivant les sujets, ainsi que l’étendue des régions sur lesquelles elle se propagera. Ceci fait comprendre que la contracture permanente liée à la sclérose consécutive du faisceau pyramidal est, dans l’espèce, un symptôme contingent et non pas un symptôme nécessaire, pathognomonique. Dans la règle, il est toujours présent ; mais il peut fort bien arriver qu’il fasse défaut alors môme que la sclérose latérale existe, et inversement qu’il se manifeste quand la sclérose latérale n’existe pas (1). ha. contracture i^ermanente, en d’autres termes, n'est pas, si Von peut ainsi clire^ une fonction de la sclérose du faisceau pyramidal. Voilà une donnée dont il est très important de se pénétrer pour la saine interprétation d’un grand nombre de faits de la pathologie spinale, et que nous aurons d’ailleurs très prochainement l’occasion de mettre à profit.

Messieurs, il me resterait à montrer que la théorie que

(l) Dans le cas de contraction hystérique, par exemple.

je viens d’émettre, tout imparfaite qu’elle soit, est supérieure cependant à celles qui ont été proposées pour résoudre la question en litige.

La théorie de l’encéphalite a vécu. Il n’y a pas, en effet, d’encéphalite dans le casd’hémorrhâgie cérébrale en foyer, à moins qu'on ne veuille donner ce nom au travail de végétation conjonctive qui se fait à la limite de l’épanchement sanguin. Or, les foyers d’hémorrhagie ne produisent la contracture que quand ils sont localisés de telle façon qu’ils détruisent la continuité du faisceau pyramidal; d’ailleurs, nous verrons la sclérose primitive des faisceaux pyramidaux donner naissance à la contracture, alors qu’il n’existe aucune lésion encéphalique.

On a admis aussi que la contracture résulte de l’irritation des tubes médullaires restés inaltérés au sein des parties sclérosées. Ces tubes étant fort rares et quelquefois même faisant complètement défaut, alors que la contracture existe, je ne vois pas bien comment l’irritation de ces tubes pourrait iiroduire la contracture. Il faut donc, ici encore, invoquer l’affection des éléments ganglionnaires de la substance grise.

QUINZIÈME LEÇON

Rôle physiologique du faisceau pyramidal dans la contracture permanente ; hémiplégie, myélite par compression, tabes dorsal spasmodique.

SoMMAiKE. — Relations des extrémités périphériques du faisceau pyramidal avec les cellules des cornes antérieures. — Lésions de ces cellules. — Elles sont de nature irritative. — Phénomènes cliniques : actes réllexes. — Théories relatives à la pathogénie de la contracture.

Théorie de l’encéphalite. — Théorie de l’irritation des tubes nerveux mélangés à ceux du faisceau pyramidal.

La cause immédiate de la contracture est dans la substance grise ellemême. — Preuves fournies par la pathologie spinale proprement dite. — Myélites transverses. — Paraplégie spasmodique. — Tabes dorsal spasmodique.

Messieurs,

A de certains indices qui ne sauraient guère échapper à un professeur depuis longtemps aux prises avec les difficultés de l’enseignement, j’ai cru reconnaître que la théorie proposée pour rendre compte physiologiquement de la contracture permanente des hémiplégiques n’a pas été saisie dans tous ses détails, par quelques-uns de mes auditeurs. Je vous demande, en conséquence, la permission de revenir en quelques mots sur mon exposé. Ce n’est pas, tant s’en faut, que j’attache une importance exagérée à

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