THÉORIE DE L’ENCÉPHALITE
pement de la contracture s’explique à peu près de la môme façon.
6) Si l’on suppose que, par la voie des commissures, l’irritation ganglionnaire s’est répandue d’une corne grise à l’autre, on comprendra comment les mouvements volontaires qui ébranlent la substance grise de la corne gauche, par exemple, retentissent sur la corne droite, et déterminent là, soit un mouvement homologue involontaire, soit une aggravation de la contracture. On comprendra aussi pourquoi l’exaltation des réflexes et même la contracture permanente pourront, à un moment donné, se produire sur le côté sain.
C’est là. Messieurs, où nous nous étions arrêtés. Il nous restait encore à vous montrer que notre théorie est supérieure à toutes celles qui ont été proposées.
I® L’ancienne hypothèse de l’encéphalite développée autour du foyer n’est pas soutenable. Il n’y a pas d’autre encéphalite autour des foyers d’apoplexie que le travail de végétation conjonctive qui aboutit à la formation de ce que l’on appelle les cicatrices ; et, d’un autre côté, jamais les foyers ne déterminent la contracture permanente que lorsque, en raison de leur localisation, ils sont placés de façon à interrompre le cours des libres du faisceau pyramidal — circonstance dans laquelle la dégénération secondaire est enjeu.
D’ailleurs, nous pouvons citer au moins un exemple d’une lésion intéressant systématiquement les faisceaux pyrami-
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(Jaux, primitivement et indépendamment de l’intervention de toute lésion cérébrale en foyer, de toute encéphalite.
Il s’agit d’une affection que j’ai plusieurs fois déjà étudiée avecvous, etdont je veux seulement détacher aujourd’hui un épisode. J’ai proposé d’appeler sclérose latérale amyotrophique cette maladie dans laquelle les deux systèmes de faisceaux pyramidaux sont affectés dans la moelle et le bulbe. Seulement, par en haut, la lésion ne peut pas être suivie ordinairement au-delà du pédoncule cérébral; elle semble donc se développer de bas en haut(l). L’altération retentit sur la substance grise des cornes antérieures de la moelle et sur les parties grises analogues du bulbe rachidien ; et elle se fait suivant deux modes. Dans certaines régions, c’est une lésion destructive des éléments cellulaires. La conséquence est alors une atrophie des muscles où se rendent les nerfs émanant des régions ainsi lésées de la substance grise. Dans d’autres parties, c’est une simple lésion fonctionnelle, irritative, des éléments ganglionnaires. Il en résulte que, dans ces parties, outre la paralysie plus ou moins prononcée, il y a une exagération notable des réflexes tendineux, et môme à un certain moment, une contracture parfois considérable des membres. La contracture et, à son défaut, l’exagération des réflexes musculaires et tendineux distinguent cliniquement, d’après mes observations, cette forme d’atrophie musculaire spinale de celle dans laquelle les éléments cellulaires sont détruits sans participation des faisceaux blancs. Je n'insiste pas plus longuement; il me suffit de relever que la théorie proposée trouve ici une éclatante confirmation.
2“ Une autre explication pathogénique de la contracture
(l) Quelques faits récemmeut observés établissent cependant la possibilité des lésions intra- encéphaliques du faisceau pyramidal. Voy. Charcot, Conférence de la Salpêtrière, in Progrès Médical, 1880, n“ 3.