INDÉPENDANCE DE LA CONTRACTURE ET DE LA SCLÉROSE
permanente est la suivante : on suppose qu’elle résulte de l’irritation de tubes nerveux n’appartenant pas au faisceau pyramidal, mais se mêlant à ses fibres. Ces tubes nerveux n’étant pas séparés de leurs centres trophiques, ne dégénéreraient pas, mais resteraient simplement irrités au sein des parties sclérosées. Je ferai remarquer que les tubes de ce genre sont rares au milieu du faisceau pyramidal ; que quelquefois on ne trouve pas un seul tube sain au milieu des parties sclérosées, et que, d’ailleurs, en supposant que ces tubes appartinssent au système des fibres commissurales courtes, ils ne pourraient jouer un rôle dans la production de la contracture, que par le fait de la participation de la substance grise.
Veuillez considérer. Messieurs, que dans la théorie proposée, et c’est par là que je terminerai, la cause immédiate de la contracture est dans la substance grise et non dans te faisceau latéral lui-même. Il s’agit donc là d’une lésion consécutive, deutéropathique, aléatoire en quelque sorte, dont le degré pourra varier, suivant les sujets, suivant les âges, et dont l’existence même n’est pas dans l’espèce un fait absolument nécessaire.
C’est là une remarque importante, car elle fait comprendre que la contracture permanente, bien qu’elle se rattache à la sclérose pyramidale primitive ou consécutive par un lien assez étroit, n’en est pas, cependant, un symptôme nécessaire, pathognomonique. Ainsi, quoique sclérose et contracture s’observent, en général, simultanément, on peut voir la sclérose sans contracture et la contracture sans sclérose comme, par exemple, dans le cas de l’hysté-
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rie. On conçoit, en effet, que l’irritation ganglionnaire qui provoque la contracture s’établisse primitivement, ou en conséquence de lésions autres que celle des faisceaux latéraux. Le fait ne me paraît pas avoir été démontré, mais je le considère comme très possible. En somme. Messieurs, je le répète à dessein, la situation peut être résumée en un mot : La contracture permanente n’est pas une fonction du faisceau pyramidal.
Il n’en est pas moins certain que partout où dans la pathologie spinale la sclérose des faisceaux pyramidaux existe à un titre quelconque, la contracture permanente figure parmi les symptômes habituels.
1° Prenons le cas des dégénérations consécutives descendantes de cause spinale et supposons qu’il s’agisse d’un mal de Pott avec compression de la moelle épinière. Considérons exclusivement les troubles moteurs et admettons qu’ils ouvrent la scène. Cela, d’ailleurs, n’est pas rare. Ici il n’y a pas un début brusque, soudain, nettement déterminé comme dans l’apoplexie; les phénomènes paralytiques se développent le plus souvent avec lenteur, progressivement.
Quoi qu’il en soit, à un moment donné, s’accuse une certaine faiblesse parétique, puis à la longue une paralysie véritable, résultat évident de l’interruption des conducteurs des incitations motrices dans les cordons antéro-latéraux et plus particulièrement dans les faisceaux pyramidaux. Notez bien, Messieurs, ce fait que la paralysie en question n’a rien d’une paralysie avec contracture.
ÉVOLUT.ON HABITUELLE DE LA MYÉLITE TRANSVERSE. 349
Mais au tout de quelques jours ou de quelques semaines la scène change ; a) Des secousses, des crampes se font sentir, accompagnées d’une rigidité temporaire, rappelant les phénomènes correspondants observés chez les hémiplégiques. — b) D’ailleurs, auparavant, les réflexes tendineux (phénomène du genou, etc.), étaient assurément beaucoup plus prononcés que dans le cas de lésion encéphalique unilatérale. — c) Il en est de même des autres modes de l’activité réflexe. C’est en effet dans le cas de compression spinale que les mouvements réflexes sont le plus intenses ; ils sont alors parfois comparables à ceux qu’on observe chez les grenouilles strychnisées ; l’acte d’uriner, d’aller à la garderobe, l’introduction d’un cathéter déterminent des secousses énergiques, des mouvements convulsifs involontaires dans les membres paralysés. — cl) Enfin, tôt ou tard la contracture se manifeste et il est bien rare qu’elle fasse complètement défaut, à moins qu’il ne s’agisse d’une localisation particulière, par exemple lorsque la compression s’exerce sur la partie la plus inférieure du renflement lombaire. Dans la règle, c’est une contracture en extension qui se produit ; et cependant il n’est pas rare de voir les membres inférieurs se ramasser sur le bassin en flexion forcée; il semble même que cette attitude soit plus commune dans les myélites par compression que dans les myélites transverses spontanées.
Il n’est pas non plus inutile de relever que tous ces phénomènes occupent un seul membre quand la compression est unilatérale, et ce membre est naturellement celui qui répond au côté où siège la lésion. Mais, en général, les symptômes spasmodiques tels que la trépidation épileptoïde et la contracture sont beaucoup moins accentués que quand il s’agit d’une lésion transverse totale.
2° Que devient cette contracture? Tantôt les sujets s’affaiblissent, des eschares se forment, la fièvre hectique