SYSTÈME NEURO-MUSCULAIRE
Chacun sait aussi qu’en 1862, M. Rouget a été plus loin ; il a fait voir que, sous le sarcolemme, c’est-à-dire dans la substance même du faisceau primitif, le monticule de Doyère est formé par un amas de substance granuleuse dans lequel se termine le tube nerveux, réduit au cylindre axile. Les travaux de Krause, de Kühne et enfin ceux de Ranvier ont confirmé ces données d’une façon générale, en les complétant par une foule de détails importants. Mais le grand fait découvert par Rouget, c’est justement cette connexité étroite du nerf centrifuge et de la substance des muscles.
Ainsi, Messieurs, vous le voyez, il existe d’un côté entre l’élément ganglionnaire et le cylindre axile, qui n’est en somme qu’un prolongement de cet élément, un rapport de continuité immédiat, comme il en existe un d’autre part entre l’extrémité terminale de ce prolongement et la substance de l’élément musculaire.
R y a donc, ainsi que je l’annonçais, anatomiquement parlant, une solidarité intime entre la cellule motrice, le nerf moteur et la fibre musculaire; en réalité, on peut les considérer comme trois éléments consécutifs d’un même système; et dire même, sans forcer les clioses, que la cellule spinale plonge directement dans la substance de la cellule musculaire par l’intermédiaire de son prolongement axile.
Mais il importe de les remarquer, Messieur, dans cette association, l’un des éléments est, pour ainsi parler, dominateur; les autres sont subordonnés. L’iiRégrité des muscles comme celle des nerfs dépend de celle des éléments ganglionnaires. Il est démontré en effet que la lésion de l’élément ganglionnaire retentit nécessairement sur le muscle par la voie du nerf; que la lésion du nerf retentit sur le muscle, qui par conséquent occupe le dernier rang dans l’association ; car il n’est nullement démontré d’un autre coté, quant à présent du moins, qu’une lésion des muscles ou des