‹ Lecons sur les localisations dans les maladies du cerveauChapitre 21 sur 200 · ÉCORCE GRISE DU CERVELET · texte numérisé non relu

ÉCORCE GRISE DU CERVELET

du. On pourrait, avec M. Meynert, le désigner sous le nom de Ujpe de stratification en cinç[ couches des éléments cellidaires nerveux ou réputés tels.

Je vais vous rappeler, très-sommairement, quels sont les traits les plus caractéristiques de cette structure. A cet etiet, il est nécessaire de reporter votre attention sur la figure 5 qui représente une coupe de la troisième circonvolution frontale, coupe prise au fond d’un sillon de séparation.

Pour établir un contraste, je crois utile de vous tracer la description d’une coupe de l’écorce grise du cervelet empruntée comme la précédente à M. Meynert. Dans l’écorce grise du cervelet, vous remarquez successivement : 1“ une couche épaisse, pauvre en éléments cellulaires et qui reçoit les prolongements protoplasmiques des cellules nerveuses situées dans une couche sous-jacente ; — 2“ plus bas, une couche où l’on retrouve, suivant M. Meynert, des cellules fusiformes et- des fibres médullaires parallèles à la ligne limitante; — 3* au-dessous, les cellules de Purkinje qui occupent la limite supérieure d’une couche granuleuse très-accentuée ; plus bas enfin, la substance médullaire (ij.

Si maintenant vous jetez un coup d’œil sur la figure qui représente les cinq couches de l’écdrce grise du cerveau proprement dit, vous voyez par là que la substance grise corticale n’est point faite exactement sur le môme modèle, dans les diverses circonscriptions de l’encéphale. J’aurai tout-à-l’heure à faire ressortir des différences très-prononcées encore, sinon aussi tranchées, suivant la région des hémisphères qu’on examine ; mais je dois revenir auparavant sur le type à cinq couches.

B. Le mode d’arrangement, ainsi désigné, se retrouve dans toute l’étendue des régions de l’hémisphère, situées en avant du sillon de Rolande, et un peu en arrière de lui dans

(l) Voir aussi : Houle. — Nervenlehre, etc. iig. ICI, 163 A, 103 B.

une partie des lobes pariétaux, mal délimités encore du coté du lobe occipital. Nous verrons dans un instant que ce type se montre très-notablement moditié dans les parties postérieures de l’encéphale comprenant : 1° tout le lobe sphénoïdal; 2" le lobe occipital, et 3“ enfin les parties de l’écorce grise de la face interne qui sont circonscrites par l’extrémité postérieure du lobe et par un sillon qui délimite en arrière une région parfaitement distincte que nous allons décrire tout à l’heure sous le nom de lobe carré .

fl) Mais je crois nécessaire pour plus de clarté, de revenir sur un point que j’ai relevé déjà : c’est que, dans les régions des hémisphères où règne sans partage le type à cinq couches, il existe, je le répète, tout un département où la structure de l’écorce se distingue par un détail intéressant. Il s’agit de la présence constante dans ce département de cellules pyramidales comparativement énormes et que, pour ce fait, on a qualifiées de cellules giganiesques. Tout en conservant la forme pyramidale propre aux éléments cellulaires nerveux de la région, ces cellules, vous le savez, se différencient non-seulement par leurs dimensions, mais encore par la netteté du prolongement nerveux et par le développement des prolongements de protoplasma. Ces derniers traits permettent de les rapprocher des cellules nerveuses motrices des cornes antérieures de la moelle épinière .

Les régions où se rencontre cette importante particularité sont à proprement parler les régions centrales de la surface externe de l’hémisphère, à savoir : la circonvolution frontale ascendante, la circonvolution pariétale ascendante, surtout dans leur partie supérieure ; enfin un petit lobule situé à la face interne de l’hémisphère, lobule jusqu’à ces derniers temps resté innommé et que M. Betz a proposé de désigner sous le nom de lobule paracentral(L P).

Je vous rappellerai que l’existence de ces grandes cellu-

Charcot 3

les dans l’écorce grise et leur localisation dans les régions indiquées ci-dessus ont été pour la première fois reconnues par M. Betz et M. Mierzejewski. Les résultats, obtenus

Ftg. G. — Face interne de X hémisphère cérébral, dessinée d’après nature.— Sm, Scis- .«iire calloso-marginale; — Spo, Scissure pariéto-occipitale ; — Sc, Scissure calearine; — St, Sillon transversal du lobule paracentral; — Sr, Extrémité supérieure de la scissure de Rolande. — LP, Lobule paracentral; LQ, Lobe carré ou avantcoin ; LC, Lobule cunéiforme ou coin ; 1.0, Lobe occipital; CR, Circonvolution de l’Hippocampe; CA, Circonvolution de la corne d’Ammon ; CC, Circonvolution du corps calleux; CF, Face interne de la Irc circonvolution frontale. — 1, Corps calleux; — 2, Cavité du ventricule latéral ; — 3, Couche optique ; — 4, Partie antérieure et externe du pédoncule cérébral ; — 5, Corps goudronné (1).

par ces auteurs, ont été confirmés récemment par M. J. Batty Tuke dans des leçons professées à Edimbourg (2) . J’ai pu, à mon tour, en reconnaître l’exactitude.

Je me suis efforcé de faire ressortir devant vous que ces régions, remarquables par une particularité de structure, sont justement celles où, chez le singe, d’après les expériences de M. Ferrier (3), siégeraient les centres psjmho-

(1) Consultez, sur la topographie de la face médiane du cerveau, la planche viiide V Atlas de Foville et la fig. 4 de l’ouvrage d’Ecker.

(2) Bdinburgh Med. Journ., nov. 1874, p. 394.

(3) West Riding Asylum, t. IV, p. 49 et 50. — Pror.eedings of the royal Society., n® 151, 1874. — British med. Journ., déc,, 19, 1874.

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