OBLITÉRATION TOTALE DE LA SYLVIENNE
Nous venons de recueillir chemin faisant des faits intéressants au plus haut degré, pour la théorie des localisations cérébrales pathologiques. Ces faits, nous allons maintenant les serrer de plus près, en commençant par ceux qui concernent les masses ganglionnaires centrales.
A. — a) Le système tout entier des artères centrales, émanant de la sylvienne, peut être oblitéré on conséquence de la thrombose ou de l’embolie du tronc artériel principal. Alors, le ramollissement porte sur la masse des noyaux gris tout entière ou peu s’en faut, — les districts répondant à la distribution des artères cérébrales antérieures et des artères optiques posié^'ieures étant seuls épargnés. C’est là une localisation très-sommaire, en général d’une gravité extrême, et qui résume, si l’on peut ainsi dire, cliniquement, toute la pathologie des centres ganglionnaires. Le syndrome qui se rattache à ce ramollissement total des corps opto-striés, — ainsi a-t-on désigné quelquefois l’ensemble des masses centrales — n’est autre que V hémiplégie cérébrale vulgaire, avec accompagnement de Vhémianesihésie cérébrale.
b) L’analyse peut pénétrer dans cet ensemble complexe. Il ne faudrait pas croire, toutefois, que nous soyons en mesure aujourd’hui de reconnaître à des symptômes particuliers les destructions de la couche optique, celles du nojmu caudé, celles du noyau lenticulaire et, à plus forte raison, celle de ses divers segments.
c] Mais il est possible, cependant, qu’il survienne, en
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raison même du mode de distribution artérielle que nous avons fait connaître, telle localisation anatomique, susceptible de se décéler par des symptômes spéciaux, et permettant, par conséquent, un diagnostic régional. Cette condition se réalise quand le ramollissement affecte toute ou presque toute l’étendue soit du territoire des artères lenticulo-striées, soit du territoire des artères lenticulooptiques. Nous verrons, en effet, que les symptômes sont différents dans les deux cas : présents dans le second cas, les symptômes de l’hémianesthésie cérébrale font défaut dans l’autre.
B, — Ce qui vient d'être dit relativement au ramollissement ischémique, est applicable à Vhémorrhagie intra-encéphalique. Celle-ci est, vous le savez, fréquente, prédominante dans ces régions ; les artères striées sont, en effet, très-sujettes à la'forme spéciale de sclérose artérielle qui produit les anévrysmes miliaires. On extrait communément, d’un foyer hémorrhagique récent, une artère striée ou optique dont les prolongements portent de petits anévrjsmes (1).
Le plus souvent, contrairement à l’opinion généralement répandue, l’épanchement de sang, — ainsi que M. Gendrin l’avait depuis longtemps bien reconnu (2) — se fait tout d’abord, en pareil cas, non dans l’épaisseur même du corps strié, mais en dehors de lui, et, pour préciser davantage, au contact de la surface externe du noyau lenticulaire, entre cette surface et la capsule externe qui se trouve comme décollée. Ainsi se produisent ces foyers aplatis qui, sur des coupes transversales, apparaissent comme des lacunes étroites, linéaires, dirigées à peu près verticalement, parallèlement au noyau
(1) Voir la Planche V ries Archives de physiologie, 1868.
(2) A. -N. Gendrin. — Traité philosophique de médecine pratique, t. I, 1838. Voir page 443, n“® 789, 796 ;p. 46S, n“* 808, 809, 810, et p. 478, n“ 830.