‹ Lecons sur les localisations dans les maladies du cerveauChapitre 6 sur 200 · COUPE VERTICALE ET TRANSVERSALE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

COUPE VERTICALE ET TRANSVERSALE DU CERVEAU

caudé du corps strié et la couche optique reposent audessus et en dedans de l’éventail pédonculaire. Au-dessous de ce môme éventail, plus volumineux que les deux autres se trouve un troisième noyau, ayant à peu près la forme d’une lentille plane-convexe, d’où le nom de noyau lenticulaire (Burdach) (1). Comme il occupe d'avant en arrière la même étendue que les deux autres, sur les coupes transversales (frontales des Allemands, perpendiculaires à la grande scissure inter-hémisphérique), on le rencontrera toujours en même temps qu’eux sur la surface des sections.

L’étude des coupes transversales, pratiquées méthodiquement, d’avant en arrière, progressivement, suivant certains points de repère pris à la hase des hémisphères, est indispensable à bien connaître pour l’anatomiste, auquel elle indique les rapports des noyaux entre eux et avec le pédoncule, et, pour le clinicien qui doit déterminer avec précision les parties lésées.

Je vous décrirai l’aspect de ces coupes frontales, à mesure que les besoins de la description l’exigeront. Aujourd’hui, il vous suffira d’en connaître une des plus postérieures, celle qui est pratiquée immédiatement en avant des pédoncules cérébraux.

Vous reconnaissez ici (en PP) la partie aplatie des pédoncules, la capsule interne. En dedans se trouve la section de la couche optique (O) et de la queue du corps strié (G). En dehors de la capsule interne, vous rencontrez le noyau lenti(;ulaire du corps strié (L) avec ses trois segments. Ces noyaux gris sont, peut-être, autant de centres doués de propriétés, de fonctions distinctes, mais, ne l’oubliez pas, le fait n’est pas jusqu’ici péremptoirement démontré. Plus en dehors encore, vous découvrez succes-

(l) Dans la nomenclature, usitée chez nous, on l’appelle noyau extraventriculaire du corps strié.

8 NÉCESSITÉ d’une TOPOGRAPHIE EXACTE.

sivement la capsule externe (K), l’avant-mur (M), une petite bande blanche innommée, et, enfin, l’écorce grise de l’insula de Reil (D).

Je n’ai pas l’intention d’entrer actuellement dans aucun détail de structure; je désire insister seulement, Messieurs, sur ces dénominations, toutes minutieuses qu’elles puissent paraître, et si, depuis longtemps, je me suis efforcé de les introduire dans la nomenclature française, c’est que je les considère comme de la plus haute utilité, quand on veut, lors de l’autopsie, déterminer la localisation exacte des lésions. Qui oserait affirmer que telle ou telle région, qui n’a pas d’appellation dans la nomenclature usitée chez nous, n’a pas une importance physiologique de premier ordre? D’ailleurs, comment désigner cette région sur le protocole d’autopsie si elle n’est pas dénommée? Les désignations que je viens de donner fournissent autant de points de repère, et sont partant d’une utilité incontestable. Est-ce qu’une bonne carte stratégique est jamais trop complète? C’est ainsi que, précisant l’endroit occupé par un foyer hémorrhagique, — la capsule externe ou interne, les noyaux de la substance grise, le pied de la couronne rayonnante, etc., — vous parviendrez à constater, s’il y a lieu, des différences symptomatiques en rapport avec des différences relatives au pronostic. Un exemple, emprunté à l’histoire de l’hémorrhagie cérébrale, vous prouvera sur le champ que ce n’est point là un travail superflu. Si un foyer hémorrhagique n’a intéressé que la capsule externe, le malade guérira, suivant toute vraisemblance, sans qu’il y ait persistance de l’hémiplégie, malgré l’étendue de la lésion et sans infirmité ; s’il occupe, au contraire, la capsule interne, dans le cas où le malade survit, il persiste toujours une paralysie avec contracture indélébile.

L’importance d’une étude exacte et minutieuse de la configuration des circonscriptions du cerveau et, en même

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