IMPORTANCE DE L’ANATOMIE COMPARÉE
le siège des lésions encéphaliques. En l’absence de ces précautions, on ne peut obtenir des notions exemptes de critique. Au reste;, cette étude ne présente pas, tant s’en faut, les difficultés qu’on est porté tout d’abord à supposer. Si des renseignements plus complets n’ont pas, jusqu’ici, pénétré dans les livres classiques, ils abondent ailleurs. Sans parler des ouvrages fondamentaux de Leuret et Gratiolet, de Bisclioff, d’Arnold, de Turner, etc., qu’il est indispensable de toujours consulter, je vous recommande Tusage du petit manuel d’Ecker (1), recueil de bonnes planches topographiques où vous trouverez, avec la synonymie, une nomenclature réduite à des termes fort simples. Ces planches, d’après mon conseil, ont été utilisées par M. H. Duret dans son important mémoire sur la circulation de l’encéphale. Enfin, nous possédons en France sur la matière un excellent travail. C’est une thèse de M. Gromier, faite sous l’inspiration de M. Broca. Elle est intitulée : Etude sur les circonvolutions cérébrales chez V homme et chez le singe (1874).
L’anatomie comparée, de son côté, est d’un secours puissant pour l’étude des circonvolutions. Entre le singe et l'homme, par exemple, la ressemblance est frappante (2) en ce qui concerne les plis et les sillons fondamentaux, et telle disposition, qui parait en quelque sorte inintelligible chez l’homme, s’explique sans peine en raison de sa plus grande simplicité quand on examine le cerveau du singe. Aussi, voudrais-je essayer de vous présenter un aperçu très-sommaire des circonvolutions envisagées chez le singe, avant
(1) Die Hirnwindunfjen des Menschea nach eigenen 'Ontersuchmgen insiesondere ilbee die Bentwicklung derselben beim Fôtus und mit Rückscht àuf das Bedürfniss der Ante. Brunswick, 1869. — Il existe de ce travail une traduction anglaise.
(2) Lire à ce sujet dans la dernière édition de l’ouvrage de Darwin « The Descent of Man » (London, 1874) une intéressante note (p. 199) du professeur Huxley : Note on the Resemblances and Différences in the Structure and the Développement of the Brain in Man and Apes.
CIRCONVOLUTIONS CÉRÉliRALES DU SINOE. 11
de VOUS entretenir des circonvolutions du cerveau humain. Cette étude vous offrira d’autant plus d’intérêt que l’expérimentation a déjà désigné, sur quelques-unes des circon-
Fig. 2. — Face externe du cerveau du singe magot fpithecus InuuusJ, (D’après Broca
et Gromier.)
Sillons: sr, sillon de Rolande; — s c f, sillon courbe frontal; — s s\ scissure de Sylvius; — $ p scissure perpendiculaire externe (sillon pariéto-occipiial externe) ; — s P , scissure parallèle.
Plis: V f a, pli frootil ascendant; 1, 2, 3, première, deuxième, troisième plis frontaux; — le chiffre 3 qui manque devrait être au-dessous de la ligne ponctuée qui va de D au chiffre 2; — P P pli pariétal ascendant; — I pp ", lobule du pli pariétal asceniant; — pmi, pli marginal inférieur ; — j? c, pli courbe ; — / o, lobe occipital; — / or, lobe orbitaire.
Situation des centres pour les mouvements volontaires sur le cerveau du singe, d'après les descriptions de terrier: A, centres pour les mouvements volontaires du membre antérieur ; — B, centres pour le membre postérieur ; — C, mouvements de rotation de la tète et du cou; — D, mouvemeuis des muscl'^s de la face; — E, mouvements de la langue, des mâchoires, etc.; — F, certains mouvements des yeux, vision; — G, centre en rapport avec les mouvements des oreilles et l’audition.
volutions du singe, la réalité de ces points dits psycho-moteurs dont il y a lieu de rechercher en se fondant, non plus sur l’expérimentation, mais sur la clinique et sur l’anatomie pathologique, l’existence dans les points correspondants du cerveau de l’homme.
Voici la représentation d’un cerveau de singe, vu latéralement (Fig. 2) d’après une figure empruntée à l’ouvrage