DEVELOPPEMENT DU FAISCEAU PYRAMIDAL
posent prennent leur origine dans Técorce grise des circonvolutions rolandiques; que, de plus, procédant de ce point de départ, elles descendent jusqu'à la moelle sans avoir présenté d'autres relations que des relations de contiguïté avec les différentes parties de l'encéphale et du bulbe qu'elles traversent. Or, on peut supposer, — bien que ce fait ne soit pas démontré — que dans l'écorce grise, ces fibres nerveuses sont en relations plus ou moins directes avec les grandes cellules pyramidales de la région. Mais en bas, dans la moelle épinière, où et comment se terminent ces fibres ?
Nous avons reconnu que dans la moelle le faisceau pyramidal s'amoindrit progressivement à mesure qu'il descend vers le filum terminale. Ce fait démontre suffisamment que les fibres nerveuses qui le constituent s'épuisent peu à peu dans le parcours descendant de ce faisceau à travers les diverses régions spinales. D'un autre côté, certaines observations d'anatomie normale montrent dans les différents étages de la moelle des fibres dirigées d'arrière en avant et de dehors en dedans qui semblent établir une connexion entre les faisceaux pyramidaux et les cornes antérieures de substance grise.
Relativement au mode de terminaison de ces fibres nerveuses qui semblent être une émanation directe des fibres constituantes du faisceau pyramidal, plusieurs hypothèses se présentent : ou bien les fibres pyramidales passent directement dans les racines antérieures ; ou elles se terminent dans la corne grise sans aller au-delà ; enfin, il est possible que quelques-unes d'entre elles se prolongent dans la commissure et gagnent le côté opposé de la moelle.
Contre la première hypothèse, on peut faire valoir les faits suivants : l'anatomie de la moelle du nouveau-né montre (d'après M. Flechsig dont nous pouvons confirmer sur ce point les assertions), que tandis que le développe-
TBBIOHAISON SU FAISCBAU PXBAUIDAL. S37
ment des faisceaux pyramidaux est encore à peine esquissé.
plg. tf. — Schéma indiquant fetusmblg de foppar j^Htii I« oUulat àt Vicorc» orû» di ' ■km! lu fibramuicutairti. — A, (.ouuiei koukii un motriMi. — B, CrUDdni tut». — C, Cyliodrco ■»■ kc
«ublUncïjriM oli t'épuiiooi ■ucccisKaœcot les fibroi D«r
ni, — F,F,F, Bictnei uléri«ur«i reprcienuci ichéœiiiqucoisnL p.
■ixUfls qui proi'leiuwQt dw cellalai utérieimi ei qui ae ItrmlnâûL auu obh ddi»
celui des cellules des cornes antérieures et des racines antérieures est déjà très avancé. Il n'y a donc pas continuité
>ell« ipiDiin. — :, MUcuiam de la » du eofdon lue-
tm CELIA7LB WSmiCE IMBS COHXfiS aLUTJRITWFS.
eâtre les flinres des faisceaiix pyromidiur ^ot ifiB lâiBiesfâQs racines antérieures.
Ce fait trouve «n quelque sorte son pendant dans Thistoire des dëgéoératiozifi descendantes. En effet, alors même que la lésion d'un des Ikisceaux pyramidaux est des plus prononcées, il est de règle que les racines antérieures émanant de la corne grise flu côté correspondant ne présentent aucune modification de structure, aucune diminution de volume appréciaMe.
La substance grise de la corne antérieure elle-même, au voisinage du faisceau pyramidal dégénéré, ne laisse voir également, dans les ooaditions ordinaires bien entendu, aucune trace d'altération ; aussi les grandes cellules nerveuses sont parfaitement intactes et la corne elle-même n'offre aucune diminulioa dans son volume.
Mais, Messieurs, oda ne prouverait point qu'il n'existe aucune connexité-ei^ti'erextréBiité terminale des fibres pyramidales et les oeUiâes motrices multipdaires ; il est même très vraiâeniUâd)le — c'est r<)p2Û<ai émise par la majorité des aaaiti^QrB — que celie €onnesdté existe. La deuxième hypofbèse que je formulais tout à Theare serait donc conforme à la vérité ; cependant, il feut le reconnaître, la disposition ^natomique snivant laquelle s'établit ce rapport est matée jusqu'ici inconnue.
Quoi qu'il en soit, s'il en e^ ainsi, la cefflnle nerveuse motrice, dans le cas de dégénératitm descendante, devra être considérée comme l'obstacle qui arrête dans la substance grise le travail de dégénération et l'empêche de se propager aux tubes nerveux des i!acines antérieures ^î xmi très certainement ^ la pl^ysiologie le démontre — 4es relations médiates avec les fibres des faisceaux pyi^ooiidaux. Cette l^ypothèse, comme vous ^ez ea juger, trouve un appui dans certains faits pathologiques appartenant à rhistoire des dëgé^érattons desoe&dantes^ &it& mer lesquels je tous demaniteia p«:tmissioa d'arrêter >iai instant v^gftm^tteniioii.
Oh a «depuis longtemps remarqué que, «daas la règle, les muscles des membres du oôté paralysé «cbez les %ngeku ttr teints d'hémiplégie permanente de cause «érâyrale, ne fUPé* smtent d'mftres altérations atropbiques que oelles qai, très tardivemeut, résultent de Viuertie fMotloniielile 4 iaqudifi ces smsGles sont condamnés. Mats, à cet ëgard, ii exiate encore tout un chapitre d'exceptôons, et il peut arrivée que, contrairement à la règle, les musdes des n^embres fhippés d*bémiplégie subissent, à un moment 4onné, une atrophie plus ou moins rapide, en môme temps qu'ils offrent des modifications plus ou moins profondes dans leurs réactions électriques. J'avais été amené à penser que cette Tinomalie devait se rattacher à quelque particularité anato* mo-pathologiqiie €ft, dans un cas^ J'ai constaté, en effet, ce qui «uit (1) :
Ili5*agissait d'une femme atteinte d'hémiplégie gauche à la suite d'une hémorrhagie en foyer de l'hémisphère droit. Les membres du côté paralysé, qui, de très bonne heure, avaient été pris de contracture, commencèrent à diminuer de volume deux mois après l'attaque. L'atrophie musculaire était uniformément répandue sur toutes les parties des membres ïraraiysés, et elle «'accompagnaât d'une diminution très notable de la oontractilité éiectrique. Cette atrophie musculaire progressa très rapidement, la malade vint à succomber, et, à l'autopsie, nous reconnûmes, sur des coupes durcies de la moelle épinière, qu'en outre de la sclérose fascîculée, il existait dans la corne antérierure du côté correspondant une altération dont le point le plus saillant était précisément l'atrophie et même la disparition complète d'un certain nombre de cellules motrices.
M. Hallopeau, dans le iservice de M. Vulpîan, a observé quelques faits du môme genre ; M. Leyden en a vu égale-
(l) Voy. Levons sur les maladies du système nerveux, t. ï, p. 55 et t. II, p. 245.
340 TROUBI.ES TROPHIQUES DBS HÂUIPLâCtlQDSS.
ment au moias un, bien qu'il n'ait pas, je le crois dumoîns, relevé le rapport entre l'altération des cellules nervenseset l'atrophie des muscles.'
Tout récemment, M. Pitres (1), à propos d'un fait du genre de ceux qui nous occupent, observé dans mon service, il y a quatre ans, est entré dans des détails anatomopathologiques très importants. Il s'agit, dans ce cas, d'un foyer ocreux, vestige d'une ancienne hémorrhagie cérébrale. Le foyer, du volume d'une grosse amande, avait to-
talement divisé le tiers moyen de la capsule interne du côté droit. Pendant la vie, l'atrophie musculaire, qui avait attiré l'attention, occupait le membre supérieur gauche à peu près dans sa totalité. Au contraire, les muscles du membre inférieur paralysé ne présentaient pas d'atrophie notable.
Eclairé par les faits antérieurs, j'avais cru pouvoir annoncer que cette atrophie musculaire insolite, survenant dans le cours de l'hémiplégie cérébrale avec contracture
(0 ArA. dt plymlojii normalt a palkilogism, IBTS, p. 641.
ATROPHIE MUSGULAIRB DÈS HÉMIPLéeiQUES. 241
secondaire, trouverait son explication dans une destruction partielle des cellules de la corne antérieure gauche, au niyeau de la région cervico-brachiale. L'examen microscopique fait avec le plus grand soin par M. Pitres est venu pleinement confirmer mes prévisions.
La sclérose descendante existait du côté gauche dans toute la hauteur de la moelle ; mais, en outre, dans un point limité du renflement cervico-brachial, entre la septième et la neuvième paires rachidiennes, dans une hauteur de 2 à 3 centimètres, on constatait dans la corne de la région antérieure une disparition complète de la plupart des groupes cellulaires qui se voient normalement dans cette région (groupes postérieur et antéro-externe). De plus, les racines antérieures, dans les régions correspondantes du renflement cervico-brachial, étaient beaucoup plus grises que dans les points symétriques du côté droit.
Les faits de ce genre forment un groupe assez homogène pour qu'il soit évident qu'il ne s'agit pas là d'une coïncidence fortuite.
Un des enseignements qu'ils fournissent est que l'extrémité terminale des fibres pyramidales, comme nous le disions tout à l'heure, est en relation d'une façon quelconque avec les cellules nerveuses des cornes antérieures. Dans la règle, lorsqu'il existe une dégénération secondaire du cordon latéral, la cellule résiste, en raison de son autonomie, à Tenvahissement du processus morbide et prot.ège, si l'on peut ainsi dire, la racine antérieure correspondante. Mais, dans certains cas exceptionnels, et peut-être cependant moins rares qu'on ne le croit d'habitude, sous l'influence de conditions inconnues, la cellule est atteinte à son tour, elle s'atrophie, et consécutivement les racines correspondantes subissent la désintégration dégénérative. La conséquence dernière de cet envahissement du système des nerfs centrifuges est l'atrophie et la dégénération des muscles auxquels les racines malades étaient destinées, suivant un
CUARGOT. 16
24t ATRO^filB UTSSCBhkXKm JXBS BiliIPIjtelOU8&.
raécanisnie que nous devrons étudia en dëktil daunne occasion prociha2ne(l).
Il importe pour la théorie de rensarfuer que dans le cas de M. Pitres, comme dans oeax qpé Font précédé» la digénération descendante du faisœau pyramidal ne prdsoitait aucune anomalie dans sa disposition au toisînage de la corne altérée. L'îlot de d^énération était, comme toi^oon, séparé de la substance griae par un trKtos blane ; en d*aih très termes, on ne trouvait nulle part d'extension directe de la lésion du faisceau latéral à la corne antérieure oo^ respondante.
Cette observation vient donc à l'appui de Tidée queli propagation se fait non par rintermédiaire du tissu oonjonctif, mais bien suivant le trajet et par la voie des fibres nerveuses qui, partant du faisceau pyramidal, gs^eat les cornes antérieures de substance grise. L'anatomie iadiqee que cette relation s'établit à l'aide de petits faisceaux de âbres nerveuses, qui, de distance en distance, se détachent du faisceau pyramidal. Une étude attentive permettra peutêtre, dans les cas de dégénération descendante (à ces fibres sont altérées, de les distinguer au milieu des fibres restàos saines de la région des processus réticulaires^ Ci^ constatation, d'ailleurs fort difficile, n'a pas encore été faite.
Messieurs^ nous venons d'entrer dans des détails qui vous paraîtront peut-être bien minutieux. Mais assurément vous n'aurez pas à les regretter, car nous venons, passes-moi l'expression, de mettre la main sur une donnée de premier ordre et. que nous aurons à utiliser bientôt pour l*interprétation physiologique des amyolaropbies relevant d'une caose spinale.
\j) Depuis ((ne cette leçon & été faite (21 avril t879), de nouveaux us d'atrophie museulaire consécutive è des dégépératioDA Beeoodsirea d« eto» encéphalique, ont été observés dans le service de M. Charcot. L*étude eomplète de ces observations a été publiée récemment dans la Benue mntwelle de médecin* et de cAimrytt» niuaéro d'adâd te«i. B. B.
SEPTIÈME LEÇON
Dégénératfoiis sdcondaires de cause spinale. — Dégénérations ascendantes du faisceau cérébelleux et descendantes du faJlsceau p3rramidal.
SoiciCÀiRX. — Dégéaérations secondaires de cause spînale. — Leur fréquence. — Le cas yalgoire par excellence est celai de la rompressioa de la nuKlla dant le mal de Po(t. ~- Pachjméningîte caséo-lubercHlease. -*-
Lésion transverse totale. — Il faut que cette lésion soit destructiye pour qa*S i^en suîye une dégénération.
Diviaioa des dégénérations consécutives à la lésion transversa totale. — Dégénérations descendantes. — Dégénérations ascendantes. — Celles-ci portent sur les faisceaux latéraux et sur les faisceaux postérieurs. — Faisceau eéréheîUtix de Flechsig.
Dégénérations dans le cas de lésion trans verse partielle. — Elles n'ont lieu que quand la lésion destructive porte sur les faisceaux blancs. — Cas de l'hémiparaplégie spinale avec anesthésie croisée.
Lésion unilatérale de la moelle épiiiière déterminant, à la lonsrue, une altération dégénérative des deux cordons latéraux. — Ce fait constitue une exception des plus rares. — Observations de MuUer. — Déductions anatomiques qu'il est permis de tirer de cette observation. — Double entrecroisement de certaines fibres du faisceau pyramidal.
Messieurs,
Jusqu'à présent, nous nous sommes exclusivement occupés du faisceau pyramidal, et nous n'avons envisagé cet appareil qu'au point de vue de Tanatomie normale et de ranalomîe pathologique. La symptomatologie ne présente pas un intérêt moindre et nous nous y arrêterons également. Mais, auparavant, je crois utile de vous tracer un exposé d'ensemble des dégénérations médullaires de cause
244 PACHTMÉNINQITE CASÉO-TUBERCULEUSB.
spinale, tout en conservant pour principal objectif le faisceau pyramidal dont Thistoire doit nous occuper particulièrement cette année. Cette voie, un peu détournée en apparence, doit cependant nous ramener aux symptômes, et vous serez alors plus aptes à apprécier leur valeur dans la séméiologie des affections spinales.
Nous allons donc nous occuper, Messieurs, de ces lésions systématiques dont je vous ai déjà entretenus, lésions fasciculées, tant ascendantes que descendantes, qui se produisent dans certaines régions de la moelle comme conséquence de la formation d'une lésion destructive en foyer.
Ces dégénérations secondaires de cause spinale sont très vulgaires, car, en raison des dimensions relativement étroites de la moelle épinière, il ne peut guère s'établir une lésion destructive de ce cordon nerveux, sans que la dégénération secondaire, à un degré ou sous une forme quelconque, en soit la conséquence.
Considérant d'abord la lésion en foyer, cause de tous les accidents, nous envisagerons un cas fort simple, et en môme temps, dans l'espèce, fort vulgaire. Il s'agira, si vous le voulez, de la compression lente de la moelle épinière, telle qu'on l'observe si communément dans le mal de Pott. On connaît très bien, depuis les recherches de Michaud, le mécanisme ordinaire de ce genre de compression ( 1 ) . L'agent de la compression, en pareil cas, est la dure-mère épaissie. Sur la face externe, au contact des dépôts caséo-tuberculeux issus du corps des vertèbres et ayant amené la des-
(l) Sur la méningite et la myéUte dam U mal vertébral^ 1871.
LÉSION TBANSVERSB TOTALE. 245
truction du ligament vertébral postérieur, il s'est produit une inflammation également caséo-tuberculeuse [pachyméningite externe caséo-tuberculeuse). Par le fait de cet épaississement de la dure-mère, la moelle se trouve refoulée et par conséquent comprimée, dans une étendue qui varie selon la hauteur de la néoformation caséeuse, généralement sur une longueur de deux ou trois centimètres. Quelquefois elle est, sur ce point seulement, repoussée d'avant en arrière; d'autres fois, elle est comme enserrée de toutes parts, en quelque sorte étranglée (1).
Mais il ne s'agit pas là d'un phénomène purement mécanique. En effet, il se produit bientôt dans Torgane, au lieu •
comprimé, une réaction d'ordre inflammatoire; en d'autres termes, une myélite partielle est la conséquence à peu près obligatoire de la compression spinale. Quoi qu'il en soit, il se développe en cet endroit une lésion destructive qui, dans la région lésée, porte indistinctement sur la substance grise et sur tous les faisceaux blancs tant antérieurs que postérieurs : c'e?t ce qu'on peut appeler une lésion transverse totale.
Il est bien entendu que cette môme altération se produira, en dehors du mal de Pott, avec les mômes caractères et les mêmes effets pour ce qui concerne les dégénérations secondaires, quelle que soit la cause de la compression. Ainsi, les tumeurs cancéreuses, sarcomateuses, les psammomes nés primitivement en dehors de la moelle épinière, pourront, en prenant de l'accroissement, déterminer la myélite trans verse par compression, avec toutes ses conséquences.
Et d'ailleurs. Messieurs, la compression proprement dite n'est pas un fait nécessaire. Les tumeurs intra-spinales, gUAmes, syphilomes, tubercules solitaires, les myélites sy-
(l) Voy. Leçon» iw les maladies du système nerveux faites à la SalpêirUre, t. Il, p. 84.
246 DéGÉNÉBATTOISS CONSÀIUTIVES .
philrtique, traumatiqae ou autres, seront suivies des mêmes effets que la myélite par compression, pourvu que soit remplie la condition expresse de la destruction des éléments nerveux.
Ainsi, dès rinstant que la lésion totale et transverse z^{ comme un processus des^tructeur, quel que soit le point de départ de ce processus, le résultat sera toujours le môme. Les seules variétés sont en rapport avec le siège : ainsi, les dégénérations présentent certaines particularités , suivant que la lésion initiale occupe telle ou telle région de la moelle épinière ; il en est de même dans les cas où la lésion transverse est partielle, c'est-à-dire quand elle ne porte que sur une partie de l'étendue transversale de l'organe. Mais, ainsi que vous le reconnaîtrez, la loi générale qui préside au développement des dégénérations secondaires de cause spinale ne se trouve point par là sensiblement modifiée.
Pour plus de simplicité, nous envisagerons d'abord le cas d'une lésion transverse totale ; et nous supposerons que celle-ci siège dans la région dorsale supérieure.
n y a à considérer, vous le savez, les lésions dégénératives descendantes, c'est-à-dire irradiées au-dessous de la lésion, et les ascendantes qui irradient au-dessus.
!• Dégénérations secondaires descendantes, a) Immédiatement au-dessous du foyer, dans l'étendue de un ou deux centimètres au plus, toute l'aire des faisceaux antérolatéraux est altérée ; seuls les faisceaux postérieurs restent indemnes.
b) Plas bas, voici œ qae Ton observe : deux bandelettes de sdérose dans les faisceaux antén>4atéraux représentent la lésion dégénératire ; ces deux bandelettes ne sont autre chose que les cordons de Tûrck.
Dans la portion latérale proprement dite des faisceaux antéro-latéraux, la dégénératicm n'occupe que les deux faisceaux pyramidaux croisés. Mais les cordons de Tûrck disparaissent rapidement, à moins d'anomalie, et les faisceaux pyramidaux seuls conservent les caractères de la dégénération descendante. Ici, de même que dans les dégénérations de cause cérébrale, à moins de complications, la substance.grise et les racines antérieures restent indemnes.
i^DégénératUms ascendantes. — Lesdégénêrations ascendantes portent sur deux points : a) les faisceaux latéraux ; b) les faisceaux postérieurs.
a) La lésion des faisceaux antéro-latéraux n'a rien de commun avec la lésion descendante. Les faisceaux pyramidaux sont ici absolument indemnes. Us ne sont pas capables de dégénération par en haut, de même que les faisceaux postérieurs ne sont pas capables de dégénération par en bas.
La lésion se présente sur la coupe, sous la forme d'une bandelette mince qui commence au niveau de l'extrémité postérieure de la corne grise postérieure correspondante, et s'étend en avant, jusqu'au voisinage d'une ligne transverse qui passerait par l'extrémité antérieure des cornes antérieures et quelquefois même au-delà.
Cest une bandelette très mince qui , par son bord externe, reste partout en contact avec la pie-mère. Cette lésion, déjà connue de Tiirck, peut être suivie jusque dans les régions les plus supérieures de la moelle. On la retrouve dans les corps restiformes et jusqu'au niveau du cervelet.
Le faisceau qui subit cette dégénération ascendante ne semble pas être également développé chez tous les sujets.
S&8 D^iNÉRATIONS ASCBNDANTBS.
Les âbres qui Le composent paraissent prendre leur origine dans les régions les plus supérieures de la moelle dorsale. En conséquence, leur dégénération ne se produirait pas si la lésion en foyer siégeait dans les parties inférieures de la moelle dorsale ou au-dessous. Le faisceau en question, qne H. Flechsig désigne sous le nom de faisceau cérébelleux direct, augmente sensiblement d'épaisseur de bas en haut. M. Flecbsig suppose que ses flbres naissent de la colonne Tésiculaire de Glarke ; mais ses coimexions anatomiqoes
sont, quant à présent, fort obscures. Je n'ai rien de plus à TOUS dire sur ce faisceau dont la lésion ascendante, qœ l'on sache, ne se traduit par aucun symptôme particulier.
b) La lésion ascendante des faisceaux postérieurs ofl^ pins d'intérêt.
Â. Immédiatement au-dessus du foyer, dans l'étendue de deux ou trois centimètres au plus, le faisceau postérieur est lésé dans toute son étendue.
B. Hais, plus haut, la lésion semble s'efQler et n'occupe bientôt plus que la partie médiane, qui, dans les régions supérieures de la moelle épinière (renflement cervico-bra-
LÉSION TRANSVERSE PARTIELLE. 249
chial), correspond au faisceau de Goll. (Voy. fig. 6S, GC.) La dégénération peut, d'ailleurs, comme le faisceau luimême, être suivie par en haut dans les pyramides postérieures du bulbe, jusqu'au niveau du quatrième ventricule, tandis que la lésion du reste du faisceau ne remonte pas au-dessus du foyer d'origine à une distance dépassant deux ou trois origines nerveuses.
D'ailleurs, Messieurs, j'entrerai plus tard dans quelques développements relativement à cette altération des faisceaux postérieurs, que nous rencontrons pour la première fois, et que nous devrons éftidier avec plus de détails encore, à une époque où nous aurons à revenir sur Tataxie locomotrice.
Actuellement, il me reste à indiquer brièvement quelques modifications que présente le type qui vient d'être décrit, lorsque la lésion, au lieu d'être transverse totale, est transverse partielle.
A. !• D'abord il importe de faire ressortir que les dégénérations, tant ascendantes que descendantes, n'ont lieu que quand la lésion destructive porte sur les faisceaux blancs. Ainsi, les altérations môme profondes de la moelle épinière, quand elles sont limitées à la substance grise, ainsi que cela se voit, soit sous une forme aiguë comme dans la paralysie infantile, soit sous une forme chronique comme dans Tamyotrophie spinale protopathique, ne sont jamais suivies de dégénérations descendantes, à moins de propagation accidentelle aux faisceaux blancs.
2^ Dans les faisceaux blancs, au contraire, la lésion con-
S50 ' HEI1IPA.BAJM.AJIC SPItfAU.
sécntive est en quelque sorte (diligatoire ; si la Msî(M primiliTO est du domaine du cordon ant«^>latéral et à ^e respecte le taisceaa pyramidid, cette dégénëration senpeu ^ndue, car l'altëratiOD ne porte en pareil cas que am des flbres commissurales très coartes. N(His Terrons tout à l'heure ce qui advient, lorsque la lésion &t foyer intéresse uniquement les flbres des faisceaux postérieurs.
B. A. présent, il nous Eaut un instant considérer une ooabinaison qui se rencontre asses fréquammeat dans la pratique, Â savoir une lésion transvers^ et unilatérale de la moelle épinière. D est rare que la lésion soit matiiàiutiquement unilatérale, c'est-à- dire qu'elle ne déborde pas un
Fin. 6i. — 1, Coupe lisDB'srsalg ds U moelle «ploièn n ntma <ts l> qwMtue <«rttbn doruls. Toute li moitié droite de la meelle al toute l'étendue de> oriaa
belleatV — 3,Aadnnl, U d^teération a'acerft pKii qwe la dem votètat ie
■ntÉni-<n«r>I|. — ï. Nu bu, â )■ lwutB« ik U I* M e> •snibn donele. U Jé- (énérUiMdu Cfiicciulitéril droit eit ic£oiB}>itcéa d'une dégénéntioD du fliicuii pTramidiJ giucb».
peu l'axe antéro-postérieur; mais, au Iteu de rester dans les généralités, prenons un exemple concret.
11 s'agit d'une lésion syphilitique de la moelle qui se traduit par les symptômes de l'hémipara^égie spinale (d'un cdté, paralysie et hyperesthésie ; de l'autre oôté, absenoede paralysie motrice, mais anesthësie) fl). L'autopsie démoatre
(l) Voj. Lfon AT kt ■M'adiw dit tfUim* mirMm. T. U. p. 11*.
DOUBLIB BXTR8CBOISEKKKT SES FIBRES PYRAMIDALES. ^H
que la lésion destructive intéressait la totalité du faisceau antéro-latérai gauche et la totalité des feisceauxpostérieurs. Au-dessus de ce foyer, circonscrit nettemefat dans les régions que nous venons d*indiquer, on constate une dégénération secondaire des deux faisceaux^ de Goli ; et au-dessous on distingue, dans Taire du cordon antéro-latérai, le triangle de d<^nération du faisceau pyramidal gauche. C'est ainsi, remarquez-le bien, que les choses se passent en général pour ce qui concerne le faisceau pyramidal.
Mais, voici une eiLception à la règle, qu'il n'est pas inutile de considérer, parce qu'elle vous rendra compte peut-être de quelques S3rmptômes dont T explication serait autrement assez difficile. J'ai vu parfois les deux faisceaux latéraux affectés par une lésion unilatérale. L'altération, il est vrai, n*était pas symétrique et égale ; celle du côté primitivement atteint était plus développée que l'autre. Cette disposition s'est trouvée réalisée de la façon la plus remarquable dans un cas de section traumatique de la moelle épinière, observé par W. Mùller.
Il s'agit d'un homme de vingt-un ans, qui reçut un coup de couteau au niveau de la quatrième vertèbre dorsale. La moelle épinière, à ce niveau, fut interrompue dans le trajet de tout le cordon antéro-latérai droit et des cordons postérieurs.(Voy. fig. 64.) Cet homme présenta les symptômes suivants : à gauche anesthésie et conservation des mouvements ; à droite, hyperesthésie et paralysie du membre inférieur. La mort^ut lieu au bout de quarante-trois jours, et, à l'autopsie, on constata que la dégénération descendante occupait, non seulement le cordon antéro-latérai droit dans sa totalité, mais aussi le faisceau pyramidal gauche.
J'ai observé des faits du même genre ; M. Hallopeau en a signalé également dans certains cas de dégénération secondaire de cause cérébrale. Cette propagation d'une altération primitivement unilatérale au côté opposé peut s'expliquer, Messieurs, par l'hypothèse que je présentais